05/05/2026
OSEZ ETRE AU DELA DE LA MEMOIRE DU PASSE
Au fil de la vie, les cellules de notre corps gardent d’anciennes blessures. C’est ce que l’on nomme la mémoire traumatique qui fige l’image du passé et brouille la pensée.
C’est une empreinte dans le corps qui n’évolue pas, qui bloque des sentiments et des émotions dont nous n’avons pas conscience, et qui amène à la répétition des réactions.
La mémoire du corps prend possession du mental et construit des scénarios qui font écho aux traumatismes vécus à travers des certitudes, des peurs et des croyances.
Il entretient des images, des paroles, qui ont été bloquées par le choc émotionnel qui par leur répétition va occulter la réalité du présent.
La blessure initiale (rejet, abandon, trahison, humiliation, injustice) crée un état de sidération, et une impuissance à prendre du recul. Le moindre événement peut prendre des proportions démesurées et engendrer une teneur totalement décalée de la réalité. Le cœur se serre, les muscles se contractent et le regard devient hagard.
Un mot, un son, un parfum, réveillent la mémoire du passé qui se substitue à la réalité. Pour se soulager, la personne, après avoir refouler ses émotions, explose jusqu’à décharger son agressivité sur l’autre, à qui elle attribue son malheur. Elle rentre dans le rôle de victime et souffrir devient une manière d’exister.
La mémoire des traumatismes s’impose d’une manière intrusive et peut s’emparer de l’être tout entier. Elle conduit à construire une cuirasse dans un contrôle permanent, pour éviter d’être à nouveau blessé.
La personne cherche inconsciemment cette mémoire qui l’emprisonne émotionnellement, la conduisant du désespoir à la colère, la coupant du monde et la rendant indifférente à ce qui l’entoure, tout en subissant intérieurement une confusion émotionnelle.
Cherchant en aveugle ce qui peut créer ce trouble, l’être peut être fasciné et s’entourer d’objets qui ravivent les images de ces mémoires. Ce n’est qu’un fragment de tout un scénario qui ne rend ni responsable, ni créateur de sa vie.
Cette emprise teinte toutes les relations... coupée de son ressenti, la personne devient hypersensible au moindre contact qui réveille sa blessure. Elle reçoit les évènements avec beaucoup plus d’acuité que les autres et préfère éviter toutes les personnes qui pourraient la blesser.
Les pertes et les séparations successives la conduisent à un sentiment de vide, elle s’isole, se juge, se culpabilise et se vit différente des autres humains. Les traumatismes prennent alors tout son sens destructeur.
Être dans le déni ou dans le refoulement des émotions protège de la souffrance des blessures et amène à créer une apparence pour plaire et répondre à l’attente des autres. Ainsi, la cuirasse s’épaissie pour éprouver d’une manière robotique jusqu’à créer un individu qui s’enferme dans le mutisme pour vivre à des années lumière de son être véritable, ignorant son âme qui se meurt.
Au fil du refoulement des blessures traumatiques, une bombe à retardement s’installe dans le corps qui se manifeste dans la relation à l’autre et au monde. Ce refoulement peut conduire à des somatisations diverses jusqu’à la manifestation de graves maladies, répétant invariablement la perception erronée du passé sur le présent.
Le désir de changer notre regard sur nos blessures, demande la patience et beaucoup de tendresse pour soi. Un accompagnement approprié est nécessaire, afin que le voile se lève pour arriver à en maitriser son intégration.
La mémoire devient alors vivante, les blessures sont entendues et reconnues. Le passé devient un terreau fertile qui permet de mettre au monde son identité, dans un élan nouveau pour tendre vers sa véritable nature et apprendre à s’aimer, à aimer et à se laisser aller à la joie d’être vivant.
On pourra alors parler de résilience, ou de la capacité à transformer les évènements. La rencontre de personnes représentant des supports affectifs, peuvent favoriser l’échange, l’accueil, dans un contexte devenu sécurisant.
Enfin apaisé, confiant, conscient et observateur du passé, le désir de vie devient plus intense.
SPIRALE
Danielle Ribe Consultante en relations humaines - Thérapeute psychocorporel
Ecrivaine 06 69 34 57 45