Réensauvager la ferme

Réensauvager la ferme Informations de contact, plan et itinéraire, formulaire de contact, heures d'ouverture, services, évaluations, photos, vidéos et annonces de Réensauvager la ferme, Organisation à but non lucratif, ferme du grand laval, Montélier.

laboratoire d’invention et d’expérimentation sur la ferme du Grand Laval, espace d’exploration et de suivi de la faune, de la flore, de la fonge des microbiotes qui s’y installent et des dynamiques interdépendantes qu’elles assurent

L'édition 2026 de notre week-end d'exploration du vivant sur la ferme du grand laval aura lieu du 5 au 7 juin ! Nous som...
17/03/2026

L'édition 2026 de notre week-end d'exploration du vivant sur la ferme du grand laval aura lieu du 5 au 7 juin ! Nous sommes dans la Drôme, à 10 mn de la gare Valence TGV.

Il est à destination des naturalistes et des paysan-nes, et des personnes qui travaillent dans ces domaines (écologues, agronomes, etc..).

Pour les (futurs ou actuels) paysan-nes, c'est l'occasion de venir échanger avec plein de naturalistes et d'autres paysan-nes, de débattre (car la pièce de théâtre est suivie d'un débat), et aussi de se former : cette année, nous proposerons des ateliers de formation sur les libellules, pour que celles et ceux d'entre vous qui ont une ou plusieurs mares sur la ferme puissiez apprendre à suivre vous même la colonisation de celle-ci par les différentes espèces !

Les naturalistes sont invités à venir nous aider à poursuivre l'exploration des formes de vie qui fréquentent la ferme. Le week-end de juillet 2025 avait permis de trouver plus de 150 nouvelles espèces ! (et encore, je n'ai pas encore reçu toutes les identifications !).

Cette année, les traditionnelles conférences du samedi sont remplacées par une pièce de théâtre de Frédéric Dubonnet, en partenariat avec Valence Romans Agglo : la Ferme du bois Fleury !

Comme chaque année, c'est en camping sur place et les repas sont fournis avec une participation à prix libre et conscient.

En attendant, inscrivez-vous si vous pensez venir, c'est indispensable pour la logistique : https://forms.gle/BmdqbHdMudhh6AKPA

Il n'y a pas de mail retour de confirmation pour les inscriptions ; nous renverrons simplement un mail une dizaine de jours avant l'événement aux personnes inscrites pour donner les détails techniques !

Pour en savoir plus sur le projet Réensauvager la ferme, vous pouvez visiter notre site : Pour en savoir plus, vous pouvez visiter notre site : https://reensauvagerlaferme.fr/

Toujours plus de libellules sur la La Ferme du Grand Laval !À l’époque où la vallée du Rhône était une vaste plaine allu...
09/02/2026

Toujours plus de libellules sur la La Ferme du Grand Laval !

À l’époque où la vallée du Rhône était une vaste plaine alluviale parcourue de rivières, marais, zones humides, les libellules abondaient. Les drainages qui ont permis aux humains d’étendre leurs infrastructures et l’agriculture ont profondément modifié les écosystèmes de la vallée, et l’eau s’est retrouvée canalisée dans quelques cours d’eau et, surtout, dans le Rhône rectifié.

Mais dès qu’on laisse l’eau regagner du terrain, de nombreuses espèces qui y sont associées reviennent. Les libellules font partie des organismes à forte capacité de dispersion, et pour la plupart, recoloniser les espaces qui correspondent à leur niche écologique pose moins de problèmes que pour de nombreux organismes peu mobiles. Avec désormais 20 mares, un marais, un étang, une prairie inondée, un ruisseau réouvert et un ru, la ferme est devenue hyper attractive pour ce groupe.

Et comme elles sont très visibles et faciles à étudier, nous les avons choisies comme groupe témoin du retour de la fonctionnalité liée aux zones humides sur la ferme. Leurs larves aquatiques sont carnivores et les adultes sont essentiellement insectivores et d’importants prédateurs d’insectes volant. Les libellules jouent donc probablement un rôle clé dans les équilibres des communautés d’insectes de la ferme.

Le protocole de suivi est simple mais chronophage : il consiste en 9 comptages d’une demi-journée, entre le 15 mai et le 15 septembre, lors desquels l’ensemble des zones humides, rivières, mares sont parcourues par un spécialiste. Seule la zone historique est considérée ici (17 ha repris en 2006). Cette année, Maxime a fait 7 des comptages, et l’odonatologue Camille Le Merrer a fait les deux autres.

Notre pari fonctionne. Depuis le début des suivis en 2022, l’abondance d’odonates continue sa progression, au rythme moyen assez exceptionnel de +52% par an. En 2025, alors qu’aucune nouvelle mare n’a été créée, la progression s’est poursuivie, ce qui est un résultat assez logique puisque les populations attirées par les nouveaux espaces l’année précédente ont pu se reproduire en nombre en 2024 et leurs émergences ont été importantes en 2025 pour les espèces dont le cycle larvaire est d’un an.

Le comptage record avait été établi en 2024, le 6 juin, avec 1024 individus dénombrés sur la ferme, toutes espèces de libellules confondues. En 2025, le comptage record a atteint 1301 individus le 23 juin. Le mois de juin est de manière générale la période avec la plus grande abondance et la plus grande diversité de libellules sur la ferme. Il est néanmoins indispensable d’étaler les comptages sur toute la saison, car des espèces sont très précoces et d’autres plus t**dives.

Ce qu’on peut constater en comparant l’accroissement des surfaces de zones humides et l’accroissement de la somme des effectifs moyens de demoiselles et de libellules est que ces dernières progressent entre deux et trois fois plus vite que les habitats favorables. Alors que la surface de zones humides a été quasiment triplée entre 2021 et 2025, les effectifs moyens d’odonates ont été multipliés par un facteur compris entre 5 et 6 !

Il est très vraisemblable que les populations n’ont pas encore atteint leur abondance maximale. La diversité des zones humides, le linéaire de berges, la colonisation par les plantes aquatiques sont autant de facteurs favorables aux odonates. A ceci s’ajoute le fait que la colonisation par ces espèces dont le stade larvaire compte a minima, sauf pour une espèce, un an en phase aquatique. Les effets de la création d’une zone favorable à la reproduction se font sentir immédiatement avec l’arrivée d’adultes colonisateurs, puis les années suivantes avec les émergences d’adultes issus de reproduction locale auxquels s’ajoutent d’autres adultes des environs, attirés par ces milieux. On peut raisonnablement penser que l’accroissement des populations atteindra une forme de plateau dans les années à venir, voire diminuera, du fait du départ des espèces pionnières. A moins que d’autres créations de zones humides n’aient lieu auquel cas ce plateau théorique se verra encore relevé !

La courbe suivante montre l’évolution de deux indicateurs d’abondance :

-la somme des 9 comptages toutes espèces confondues

-la somme des maxima obtenus pour chaque espèce lors des 9 comptages

Abondance en odonates sur la ferme du Grand Laval
Si l’augmentation est globale pour la majorité des espèces, plusieurs d’entre elles montrent un décrochement important en 2025 et expliquent cette forte augmentation.

L’Agrion jouvencelle (Coenagrion puella) est l’espèce qui a le plus progressé. Cette espèce précoce obtient ses maxima lors des premiers comptages. Alors qu’en 2024, nous étions déjà arrivés à un record de 160 individus le 10 juin, pas moins de 370 ont été comptabilisés le 14 mai 2025 et le seuil de 200 a été dépassé lors de quatre comptages. Cette espèce est commune partout en France dans les eaux stagnantes et faiblement courantes (mares, étangs, portions calmes des cours d’eau).

Le Caloptéryx hémorroïdal (Calopteryx haemorrhoidalis) a également poursuivi son augmentation cette année, profitant d’une année chaude et de la rivière réouverte, le long de laquelle il est abondant. Alors que le plus gros comptage de 2024 atteignait 250 individus le 20 juillet, ils étaient 380 le 10 juillet 2025 ! Une croissance spectaculaire. Cette espèce thermophile est très présente dans la vallée du Rhône, alors qu’elle devient rapidement rare dans le Vercors et le Massif central voisins. Au contraire, les deux autres espèces de Caloptéryx de la ferme, qui sont des espèces de milieux plus frais, sont très discrets. Le Caloptéryx vierge (Calopteryx virgo) sembledécliner, il n’a jamais dépassé 3 individus en 2025 (et 4 en 2024), alors qu’on pouvait en compter encore jusqu’à 30 en 2023 et 35 en 2022. Des variations d’effectifs inter-annuelles sont possibles et un suivi dans le temps permettra de suivre avec précision l’évolution des populations de cette espèce des eaux-vives. Le Caloptéryx éclatant (Calopteryx splendens) n’a jamais dépassé 10 individus lors d’un comptage et semble stable.

La troisième espèce dont l’augmentation a été spectaculaire cette année est l’Orthétrum brun (Orthetrum brunneum). Espèce pionnière, l’ouverture du ruisseau et la prairie inondée lui sont extrêmement favorables et les abondances sont exceptionnelles sur cette dernière, au point d’atteindre 122 individus le 10 juillet sur l’ensemble de la ferme. Lors des trois premières années de comptage, la population comptait au maximum 40-45 individus lors d’un comptage. Espèce voisine avec laquelle il partage souvent les habitats, l’Orthétrum bleuissant (Orthetrum coerulescens) montre lui un léger recul en 2025, avec un maximum de 64 individus le 30 juillet, quand la population avait été estimé à une centaine en juillet 2024.

Le Sympétrum strié (Sympetrum striolatum) a également fortement progressé en 2025 : les deux comptages du mois de septembre ont indiqué la présence de respectivement 96 et 110 individus, alors que les dénombrements n’avaient jamais dépassé 35 individus en 2024 et 15 en 2022 et 2023.

L’augmentation se poursuit également pour la Libellule écarlate (Crocothemis erythraea), qui dépasse tout juste le seuil des 100 individus lors de deux comptages, le 23 juin et le 10 juillet. Le précédent record, de 85, avait été dénombré en juillet 2024.

L’Agrion mignon (Coenagrion scitulum), dont l’augmentation spectaculaire avait eu lieu en 2024, voit ses effectifs se maintenir en 2025 (maximum de 320 individus le 10 juin). L’Agrion de Mercure (Coenagrion mercuriale) est assez stable par rapport à 2024 : l’effectif maximum est plus bas mais il a été présent en plus grand nombre plus longtemps dans la saison.

Par contre, la Naïade de Vander-Linden (Erythromma lindenii) n’a jamais retrouvé son effectif record de 2023, qui était lié à une végétation particulièrement favorable à l’espèce sur l’étang. Et les effectifs de la Libellule déprimée (Libellula depressa)semblent légèrement décliner, ce qui paraît logique pour cette espèce pionnière, qui colonise rapidement les milieux récemment créés et cède petit à petit la place à d’autres espèces.

Presque toutes les espèces en augmentation sont thermophiles : elles apprécient la chaleur et sont donc favorisées par le réchauffement climatique. Si ce dernier entraine de nombreuses perturbations et perturbe les écosystèmes, il bénéficie aussi à ce type d’espèces. En règle générale on compte quelques gagnants pour beaucoup de perdants. Dans le cas présent, où de nouveaux habitats hospitaliers sont créés, les gagnants sont doublement favorisés !

Pour estimer le caractère plus ou moins thermophile des espèces, on utilise en général l’indice thermique qui correspond à la température moyenne sur l’ensemble de leur aire de répartition. Pour les libellules de France, cet indice varie de 2°C pour l’Aeschne azurée, présente uniquement en Haute-Savoie au-dessus de 1780m d’altitude et 15,4 °C pour le Trithémys annelé (Trithemis annulata), espèce africaine s’installant en Aquitaine et dans la vallée du Rhône massivement depuis une quinzaine d’année, déjà observée à quelques reprises sur la ferme.

C’est notable : les agrions jouvencelle, mignon et de Mercure, le Caloptéryx hémorrhoïdal, la Libellule écarlate, l’Orthetrum brun sont toutes des espèces dont l’indice thermique, c’est-à-dire la température moyenne sur l’ensemble de leur aire de répartition, est comprise entre 11°C et 13,7°C. Le Caloptéryx hémorrhoïdal est l’espèce la plus thermophile de la ferme, dont les populations progressent exponentiellement en Aquitaine et qui remonte la vallée du Rhône. A contrario, par exemple, la Libellule déprimée et l’Agrion nain (Ischnura pumilio), en déclin sur la ferme, ont respectivement des indices thermiques de 10,3°C et 10,4°C. Il s’agit aussi d’espèces pionnières. Enfin, parce que le réchauffement n’est pas du tout le seul facteur d’influence sur les populations, on notera que le Sympétrum strié ou encore l’Agrion à larges pattes (Platycnemis pennipes), peu thermophiles, croissent fortement quand même !

Ce graphique indique l’évolution des populations des 12 espèces les plus abondantes sur la ferme :

Mais en tout, 34 espèces ont été observées lors des passages STELI (et une autre en dehors des passages protocolés : Anax ephippiger)

Parmi les espèces moins abondantes, il en est deux autres qui montrent une augmentation continue :

-l’Agrion délicat (Ceriagrion tellenum), qui passe d’un maximum de 1 en 2022 à 5 en 2023, 10 en 2024 et 25 en 2025.

-le Leste vert occidental (Chalcolestes viridis), une espèce t**dive, qui avait été observée en 2022 en 2023 en petit nombre (maximum de 5 individus hors protocole, au mois d’octobre), pour atteindre un effectif record de 14 en 2024 et pas moins de 31 lors du comptage du 15 septembre 2025. La date limite du 15 septembre prévue par le STELI est un peu trop précoce pour cette espèce, semble-t-il.

Autre fait marquant en 2025, la première observation du Gomphe joli (Gomphus pulchellus) sur la ferme. Nous l’avions déjà observé à proximité immédiate sur le Guimand et la Bourne, mais là, une femelle était en train de pondre assidument dans le ruisseau réouvert.

Plusieurs espèces ne sont observées qu’occasionnellement sur la ferme, et en 2025, il n’y a pas eu de disparition marquante, simplement des espèces a priori occasionnelles non r***es. Le Leste sauvage (Lestes barbarus), découvert en 2024, n’a pas été reconfirmé cette année. Il en est de même pour l’Aeschne printanière (Brachytron pratense), mais celle-ci peut être très discrète et nous rechercherons d’éventuelles exuvies en 2026.

L’agrion nain (Ischnura pumilio) est peut-être en train de disparaître : il est très favorisé par les mares pionnières et les travaux de création de mare ont pu avoir un effet bénéfique sur lui qui ne peut se maintenir dans le temps. Les apparitions et disparitions sont des cycles normaux à l’échelle d’un site, à mesure que les communautés évoluent vers leur maturité vis-à-vis des habitats qui eux aussi se stabilisent. Il faut aussi savoir les accepter !

L’année 2025 au Grand Laval : les oiseaux nicheursChaque année depuis 2022, nous cartographions précisément les oiseaux ...
29/12/2025

L’année 2025 au Grand Laval : les oiseaux nicheurs

Chaque année depuis 2022, nous cartographions précisément les oiseaux nicheurs sur la partie dite « historique » de la ferme, les 17 ha acquis en 2006, ce qui nous permet de comparer avec les relevés effectués selon le même protocole par Sébastien lors de son arrivée en 2006 et 2007(cartographie des territoires).

En plus de cela, nous complétons ce suivi sur les 25 ha des Montouses qui sont en bail depuis 6 ans, mais les résultats sont présentés à part car ils ne peuvent pas être comparés aux années 2006 et 2007. Les deux parcelles récemment acquises sont petites et insérées au milieu d’autres cultures, donc très peu d’oiseaux y nichent pour l’instant.

Sur la zone historique, si le nombre d’espèces nichant chaque année stagne, le nombre de couple continue d’augmenter.

Un gros quart de cette augmentation est dûe aux nichoirs, qui permettent d’augmenter considérablement l’offre en logements !
Ainsi, une part importante de l’augmentation des effectifs nicheurs récente est lié à la colonie de Moineaux domestiques qui progresse, car la quasi-totalité des nichoirs sont occupés ! Elle est passée de 22 couples en 2022 et 30 couples en 2023 à 55 couples en 2025 !
Comme nous n’avions pas dénombré la colonie de moineaux en 2024, nous lui avions attribué le score de 2023. Avec l’augmentation de 2025, nous avons corrigé le chiffre de 2024 en donnant une valeur intermédiaire entre 2023 et 2025 pour ne pas avoir un effet graphique erroné d’augmentation spectaculaire en 2025.

Cette année, nous avons eu la surprise d’assister à la reproduction d’un couple mixte de Moineau friquet et de Moineau domestique dans l’un des nichoirs ! Le Moineau friquet fait partie des espèces « disparues » en tant que nicheurs sur la ferme. Cela suit une tendance globale, l’espèce s’effondrant absolument partout en France, dans une sorte de mouvement de reflux de son aire de répartition occidentale. Nous avions eu deux individus en période de reproduction en 2023 mais sans preuve de nidification. Cette année, un seul, mais qui s’est reproduit. L’hybridation n’est pas une bonne nouvelle : c’est un cas qui arrive dans des populations en train de disparaître, lorsque la difficulté de trouver un partenaire conspécifique devient très élevée.

La partie « historique » de la ferme (17 ha) a donc accueilli 212 couples de 47 espèces cette année. La zone des Montouses (25 ha en bail) a accueilli 118 couples de 29 espèces, soit une augmentation globale du nombre d’oiseaux nichant sur le site. La grande différence entre cette zone et la ferme historique est l’absence de nichoirs (à l’exception du mat d’hospitalité, encore très nouveau), qui ne permet pas d’accueillir les moineaux et mésanges en nombre. Les haies y sont moins denses car ici l’avifaune des milieux ouverts est ciblée. L’absence de maîtrise foncière limite aussi les aménagements possibles. Néanmoins, les pratiques continuent de favoriser l'augmentation de l’avifaune : elles passent par une grande diversité de cultures, des bandes non cultivées, et l’expansion des haies qui bordent la zone, en particulier par les ronciers.

Le principal événement cette année vient de l’Hypolais polyglotte et de la Fauvette grisette, deux passereaux migrateurs transsahariens typiques des haies agricoles. Pour l’Hypolais, alors qu’un seul couple ne nichait lorsque Sébastien a repris la ferme en 2006 et en 2007, il y en avait 4 en 2022, 5 en 2023, 6 en 2024 et… 13 en 2025 ! Cette augmentation a également été relevée sur les 25 ha des Montouses : 11 chanteurs y ont été comptabilisés, contre 6 les deux années précédentes ! Soit la bagatelle de 24 chanteurs sur la ferme, ce qui en fait une année vraiment exceptionnelle pour l’espèce ici. Aucune augmentation n’est pourtant décelée à partir des données issues de la base « Faune France », tant à l’échelle de toute la France que de la Drôme. Pour la Fauvette grisette, alors qu’il n’y avait que 3 chanteurs les trois années précédentes, il y en a eu sept cette année. Sur les 25 ha des Montouses, 4 chanteurs contre 3 les années précédentes.
Que s’est-il passé sur la ferme ?
D’autres espèces liées aux haies, comme le Rossignol philomèle (14 chanteurs en 2022, puis 12 chanteurs en 2023, 2024 et 2025 sur les 17 ha historiques) et la Fauvette à tête noire (16 ou 17 chanteurs au cours des quatre dernières années) montrent une stabilité étonnante. Probablement y a-t-il une question de structure des haies qui deviennent de plus en plus favorables à l’hypolais ; l’abondance de ressources alimentaires pourrait également jouer un rôle.

L’autre événement fut le retour du couple de Marouette ponctuée. Le mâle a été entendu chanter à partir du 4 avril pendant quelques jours. Il a ensuite été détecté sur les pièges photos régulièrement tout le mois. Puis le 5 mai, nous détectons pour la première fois une femelle ! Celle-ci sera r***e régulièrement jusqu’au 30 mai sur les pièges. Puis aucune observation n’a lieu en juin, et l’on croit le couple parti, mais un mâle est entendu par des ornithos participant au week-end d’exploration du vivant le 6 juillet. Il est probable que la reproduction ait échoué cette année, sinon les juvéniles auraient été détectés sur les pièges photos qui quadrillaient la zone favorable.

La création de la zone humide ne bénéficie pas qu’à la Marouette. Cette année a vu un record pour la reproduction des gallinules poule-d’eau (au moins 3 nichées, de deux ou trois couples) et, comme l’année précédente, trois couples de canards colverts se sont reproduits. Les cisticoles des joncs se maintiennent à trois couples comme l’année précédente, et la Bouscarle continue sa progression, avec 7 chanteurs sur la zone historique (aucune en 2006-2007, 3 en 2022, 5 en 2023, 6 en 2024) et 8 sur les 25 ha des Montouses. La Rousserolle effarvatte a niché pour la troisième année consécutive.

Nouveauté également, deux couples d’Effraie des clochers se sont reproduits sur la ferme cette année (contre un seul habituellement), un dans le nichoir habituel du hangar de stockage, et une nouvelle dans le nichoir intégré à la maison de Seb et Elsa ! Il y a toujours deux couples de chevêches sur la ferme « historique », mais un autre couple occupe la zone de 25 ha et un nouveau couple s’est installé dans l’un des mats d’hospitalité sur les nouvelles parcelles. Ces mats ont aussi permis la hausse du nombre de couples de Faucon crécerelle (5 en tout sur la ferme, dont 3 sur la zone historique).

La huppe fasciée, qui se reproduit à peu près chaque année sur la ferme ou à proximité immédiate, s’est installée cette année dans un nichoir à sa disposition, fabriqué à partir d’une section d’arbre creux dans laquelle un trou d’entrée a été créé à sa disposition. Deux nichoirs comme cela était à disposition depuis quatre ans. Cette année, le couple a utilisé les deux, pour mettre au monde deux nichées !

Poursuivons avec les nouveautés : la Linotte mélodieuse s’est reproduite pour la première fois sur la ferme. Les fringilles, de manière générale, étaient nombreux cette année, très concentrés dans les haies bordant le colza : 6 couples de Verdiers d’Europe (précédent record de 5 couples), 3 de chardonnerets (plus habituel) et 3 de Serins cinis (record).

L’Oedicnème criard s’est reproduit dans la parcelle de pois-chiches.

Certaines espèces connaissent aussi des reflux. C’était une moins bonne année pour le Bruant proyer (11 chanteurs en tout sur la ferme contre 14 l’année précédente), la Caille des blés (2-3 chanteurs sur l’ensemble de la ferme) et la Perdrix rouge (1 seul couple sur l’ensemble de la ferme, contre un maximum de 4 en 2023). Ces deux dernières peuvent subir une certaine pression cynégétique en fin de saison qui n’aide pas la population à se maintenir ou à augmenter. Il y a eu 6 couples de Tourterelles des bois sur l’ensemble de la ferme, contre 7 en 2024. La disparition de l’Hirondelle rustique se confirme, et les nicheurs plus difficiles à localiser mais qui fréquentent la ferme n’ont pas été comptabilisés parmi les espèces nicheuses cette année : Épervier d’Europe, Chouette hulotte, Petit-duc scops et Hibou-moyen-duc. Tous ont été contactés en période de reproduction mais pas assez régulièrement pour être comptés comme nicheurs.

En 2026, une nouvelle espèce nicheuse pourrait faire son apparition. Des nichoirs à Martinets noirs sont disposés sur la maison de Seb et Elsa depuis 4 ans, et pour la première année, des oiseaux ont tourné autour régulièrement au moins de juillet. Ce comportement est typique d’oiseaux immatures en exploration pour l’année suivante. Le Râle d’eau, de plus en plus observé, pourrait lui aussi finir par y élever une famille. Et qui sait ce que 2026 nous réservera comme autres surprises !
Un post sur les oiseaux non nicheurs vus en 2026 sur la ferme suivra.

Le mois de décembre est arrivé, et le moment est propice pour nous retourner sur cette année 2025, à travers plusieurs p...
11/12/2025

Le mois de décembre est arrivé, et le moment est propice pour nous retourner sur cette année 2025, à travers plusieurs publications qui se suivront ces prochains jours et prochaines semaines.

L’association Réensauvager la ferme, c’est l’alliance et la cohabitation entre l’agriculture et la biodiversité, avec la ferme du Grand Laval comme principal exemple d’étude. Pour ce premier post, faisons un bilan de l’année agricole sur la ferme.

S’il a fait très chaud dans l’été, le printemps assez pluvieux a permis de recharger en partie les nappes et d’hydrater une partie des cultures au moment de leur croissance. Grâce aux petits débordements du Ru dans les prairies, nous avons eu une prairie inondée tout l’été sur la ferme, sur environ ½ ha. Mais la sècheresse était très visible cet été et de nombreuses mares ont été presque asséchées en août

La ferme est passée entre les orages de grêle, qui n’ont pas épargné tout le monde, y compris dans le réseau des fermes paysannes et sauvages (FPS) dont fait partie le Grand Laval. Un hectare de sarrasin a d’ailleurs été semé sur la ferme une fois le colza moissonné, pour compenser un peu les pertes de Thomas, du réseau FPS, liées à la grêle.

Les grandes cultures ont produit, dans l’ensemble, des rendements dans la moyenne, sans intrants. La nouvelle moissonneuse batteuse de la Cuma a considérablement réduit le temps de moisson et avec une cabine, moissonner devient agréable. Cette année, c’est le tournesol qui occupait le plus d’espace (6 ha en tout). Le rendement s’est trouvé être maximal dans l’une des nouvelles parcelles de la ferme, au sol assez humide, dont la conversion en Bio vient de s'achever. Cinq tonnes de graines ont été vendues à la LPO et le reste va être pressé pour faire de l’huile. Comme chaque année, ces cultures attirent de nombreux pigeons ramiers qui nécessitent des effarouchements. Les Tourterelles des bois en profitent aussi beaucoup, ainsi que les moineaux. Puis, après la moisson, il reste de nombreuses graines au sol, et pendant plusieurs semaines, en automne, les groupes de pinsons, linottes, chardonnerets, verdiers, s’y régalent.

Pour la deuxième année de suite, du maïs a été cultivé sur la ferme : 1 ha en 2024, 2 en 2025. Les rendements sont assez faibles car il est très peu irrigué, mais la production est suffisante pour son objectif : intégrer la ration alimentaire des poules et des brebis de la ferme. Les apports nutritifs du maïs sont très élevés, et depuis que la ferme en produit, la ration des poules est améliorée (les animaux ne sont nourris qu’avec les productions de la ferme). Sous la canopée du maïs, qui dépasse 2 m de haut, de nombreuses plantes spontanées ont poussé, si bien que cet écosystème était loin d’être inhospitalier. Lièvres, perdrix, cisticoles, tariers, fauvettes s’y baladaient souvent. Maintenant que la moisson a eu lieu en novembre, les épis restés au sol nourrissent les oiseaux hivernants. On a même vu les pics verts et épeiche s’en délecter à la recherche des chenilles de pyrales qui s’y logent.

Une autre culture assez nouvelle pour la ferme, débutée en 2024, et également pensée pour l’autonomie des rations alimentaires des animaux, est le soja. Deux hectares ont été plantés cette année, le rendement était correct. Les récoltes sont livrées à la coopérative qui les toaste, afin d’être intégrées à la ration des poules et des brebis.

Pour les céréales à farine, les rendements ont été normaux cette année par rapport aux standards de la ferme (20 à 30 quintaux l’hectare), rappelons-le sans engrais : blé (0,8 ha), orge (1 ha), triticale (2 ha). Et il y a aussi les parcelles de méteil à destination de la ration des animaux.

Le succès de l’année a été du côté des légumes secs. La production de lentille a été très bonne, et celle des haricots, excellente. Les Haricots noirs sont particulièrement gouteux. Le couple d’Oedicnème criard s’est reproduit dans la parcelle de pois-chiches : la rythme de croissance de cette culture lui convient parfaitement car c’est généralement celle qu’il choisit.

En revanche, le colza n’a pas beaucoup produit cette année encore, mais on se console car les oiseaux en ont beauuuucoup profité. En effet, c’est autour du champ de colza que l’activité des oiseaux était maximale au printemps. C’est probablement sa présence (associée à une zone en forte densité de haie) qui a favorisé la nidification plus importante que d’habitude de Fauvettes grisettes, Hypolaïs polyglotte, Verdier d’Europe, et aussi la première nidification de la Linotte mélodieuse sur la ferme.

La ferme est sinon riche en fourrages pour le troupeau de brebis. Outre les prairies permanentes, plusieurs hectares de cultures de sainfoin et de luzerne leur sont dédiés. Le troupeau, de 120 brebis (Shropshire et noires du Velay), n’a pas eu de problèmes majeurs et la vaccination contre la fièvre catarrhale ovine avait été anticipée malgré une ou deux contaminations fin 2024. Croisons les doigts pour la suite. Les agneaux ont été très beaux, une partie destinée à la viande, certains à la reproduction, et d’autres au renouvellement du troupeau de brebis. Un agnelage est en cours actuellement. Après 20 ans de pratique, l’alliance entre un savoir-faire paysan important, de beaux fourrages, des pâtures ombragées et l’aide précieuse de Geneviève, la maman de Sébastien, pour déplacer les parcs et nourrir les chiens, permet d’obtenir cette qualité. La zone humide a permis d’avoir de l’herbe verte t**d en saison, et les nombreux arbres sont appréciés tant par les brebis que par les vaillants chiens de protection, lorsque le soleil tape. Aucune attaque de Loup n’a été signalée dans le secteur immédiat, mais Sébastien a observé un individu en plein jour traversant la ferme à la fin juillet, et une très probable crotte a été trouvée début septembre. Deux des chiens de protection, lassés de leur tâche, se sont offerts une petite vadrouille dans la campagne cet automne, ce qui a valu à León de passer un week-end à la fourrière

Le troupeau est toujours accompagné par un âne, deux vaches et quelques chèvres roves : l’une a donnée naissance à un chevreau, dont le principal hobby était de s’échapper et suivre les promeneurs. Elle est partie poursuivre sa carrière dans une autre ferme cet automne.

Les (environ) 150 poules continuent de produire de beaux œufs de couleurs variées. Quelques dizaines de poulets sont également vendus à certaines périodes de l’année. Pour la première fois, un jeune Autour des palombes s’est intéressé aux poulaillers mobiles de la ferme, qui ne subissent sinon presque jamais de prédation. Les nombreux arbres du verger rendent la tâche difficile aux autres rapaces, et le renard et la fouine craignent les clôtures électriques. Mais surtout, ce sont les races de poules qui font la différence. En l’occurrence, aucune des poules expérimentées et au plumage terme (roux/gris/noir) n’a été prédatée : seules quelques jeunes poules blanches y sont passées. Les dindons, eux, contribuent davantage à l’ambiance sonore qu’à l’économie de la ferme, mais quelle grâce ! Nous leur avons toutefois dit au revoir cette semaine, ils partent eux aussi vivre une nouvelle vie dans le GAEC de l’arbre dans les Hautes-Alpes.

En termes de réalisation nouvelle pour la biodiversité, la prairie inondée a continué à gagner du terrain, et des zones ont été rajeunies pour favoriser la pose de limicoles, et en particulier des bécassines, qui font halte et hivernent sur la ferme. Une nouvelle grande mare a été créée grâce au partenariat avec l’Agglomération de Valence-Romans, sur l’une des nouvelles parcelles de la ferme, à Bramailles. Sur cette même parcelle, Elsa a planté quelques arbres pour débuter une haie, d’autres suivront. Quelques chênes ont également été plantés en bordure de la nouvelle parcelle du Guimand Nord.

Terminons par le verger, qui demande un effort considérable sur la ferme. Cette année, Hanna a été salariée pendant 4 mois, ce qui a procuré une aide importante et indispensable pour la récolte des fruits en particulier. Une réflexion est toutefois en cours pour alléger la charge de travail du verger, dont la période de récolte s’étend de mai à novembre, un travail répétitif et exténuant. Un rang de pêcher peu productif va être retiré l’an prochain, et plusieurs arbres vont également être progressivement coupés et non renouvelés. C’est cela, une ferme, une adaptation en permanence, et un ajustement en fonction des succès, des échecs, des fatigues, des envies et de la réalité économique. Cette année encore, la récolte d’abricots a été très mauvaise, hormis ceux qui ont poussé dans l’ancienne serre des maraîchers. Même chose pour les pêches, ce qui a généré des inquiétudes en matière de trésorerie, ces deux récoltes étant importantes pour la ferme. La récolte a été un peu en-dessous de la moyenne pour les pommes, un peu au-dessus pour les poires, mais très bonne pour les prunes et excellente pour les figues. Si de nombreux fruits ont été vendus frais, beaucoup sont transformés en compotes par T’air de famille, souvent associés aux rhubarbes également récoltées sur la ferme.

En plus de nous nourrir, le verger continue d’être l’un des hot spot de biodiversité sur la ferme. L’ensemble de cette ferme nourricière accueille également une diversité d’être vivants dont nous n’avions pas idée. Une richesse inouïe. Nous y reviendrons sur les prochains posts bilan 2025.

Adresse

Ferme Du Grand Laval
Montélier
26120

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