01/09/2026
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Notre dernier courrier à l'ensemble des élus du territoire concerné par le projet E-CHO.
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Chers élus du territoire,
Le temps avance et se rapproche toujours plus le temps des décisions finales. Ces décisions ne sont pas celles de l’administration. Elles sont les nôtres, citoyens du territoire, elles sont les vôtres, élus de proximité et premiers maillons démocratiques de la république. Elles sont désormais celles des assemblées départementales et régionales, celles des élus et partis qui prétendent demain gouverner la France et n’ont toujours rien dit pour la plupart sur un débat de société fondamental et sur la décision d’un Président qui maltraite depuis 3 ans la démocratie et transforme un projet écocide en Projet d’Intérêt National Majeur, laissant l’administration prendre en otage la poignée de communes rurales riveraines du projet. Car chacun de vous a compris que ce projet n’est qu’un moyen de justifier par le « greenwashing » le plus grossier la croissance d’un trafic aérien qui contribue et contribuera toujours plus au dérèglement climatique que nous subissons de plein fouet. Nous avons su défendre le courage de ceux qui ont pris position, nous saurons désigner les coupables et la lâcheté de ceux qui, élus par une population, n’auront même pas daigné entendre et relayer sa volonté.
Ce mercredi 26 août, nous avons pu valider avec Madame Joëlle Gras, Sous-Préfète des Pyrénées Atlantiques en charge des implantations industrielles, la légitimité des motions recensées par nos soins et l'interprétation qu'en donne notre carte. Il est entendu que ces motions publiques, enregistrées en préfecture, ont valeur d'avis et d'engagement politique, qu'elles donnent une indication claire de l'opposition du territoire et que leur diversité décrit les contours d'un véritable débat de société. Eh oui, Madame Gras, si le pays basque fait partie de la France, alors la motion d'opposition de la CAPB engage l'opinion de l'ensemble de son territoire et de sa population tant que nous sommes en démocratie, soit un peu moins de la moitié des citoyens du 64 !...
Concernant la demande faite aux communes riveraines sur un rayon de 3 km autour du lieu d'implantation (bassin de Lacq), elle est une formalité administrative obligatoire dans le cadre de l'instruction du dossier. Les communes peuvent y répondre par délibération ou ont l'entière liberté de s'abstenir, sans qu'elles soient réputées favorables au projet d'autorité. Ces avis seront rendus publics lors de l’enquête publique si elle a lieu.
Pour l'heure, la préfecture est toujours en attente des réponses de certains organismes et notamment de l'avis final du Conseil National pour la Protection de la Nature, ce qui justifierait le nouveau re**rd dans l'ouverture de l'enquête publique. Sur la question de l'annulation du dernier comité de soutien et de la dernière réunion publique, aucune réponse claire n'a été formulée.
Bien que sa fonction l'oblige à la neutralité dans l'instruction du dossier, Madame Gras a tenu à partager avec nous sa vision des choses et notamment le fait que le trafic aérien va fatalement augmenter puisqu’ "on ne peut pas empêcher les gens de prendre l'avion". Cette réflexion, digne du café du commerce, sonne comme un aveu et condamne de fait le projet. Car l'augmentation du trafic interdit toute prétendue décarbonation. Selon Madame Gras, le territoire est donc invité à détricoter tous les efforts de protection et décisions prises par les collectivités, les professionnels et les propriétaires vers une forêt diversifiée et durable, à installer un conflit d'usage avec les filières traditionnelles, bref à surexploiter sa forêt, puits de carbone et dernier bastion de diversité, coeur de la ruralité, afin de légitimer l'augmentation du trafic aérien. Monsieur le Préfet, c'est précisément ce que ne laisseront faire ni les élus ruraux, ni les collectivités territoriales, ni les professionnels, ni les propriétaires, ni les chasseurs, ni les pêcheurs, ni les agriculteurs, ni les amoureux de la nature, ni les écologistes, ni la population du sud-ouest qui s'exprime par tous les moyens légaux à son service et par la quantité et la qualité des motions votées. On ne peut pas empêcher les gens de prendre l'avion, certes. Mais peut-on envisager que ce débat fondamental, dans les conditions dramatiques de l'été que nous vivons, ouvre les perspectives d'une vraie prise de conscience et que "les gens", ceux que prétendument "l'on ne peut empêcher" et que vous traitez par le mépris (qui sont ces gens, vous, Madame la Sous-Préfète ?), prennent ensemble les décisions de modérer leur consommation d'avion et se comportent subitement en citoyens responsables soucieux de l'avenir et du bien commun ? Nous pensons que oui, à la suite de tous ceux qui ont exprimé leur refus définitif de tolérer un tel projet sur notre territoire. Ils sont des dizaines de milliers.
Monsieur le préfet, nous entendons votre serment d'obéissance à l'État, mais vous n'avez que le pouvoir d'instruire à votre guise ce dossier en obéissant aux ordres d'un Président qui pratique la politique de la terre brûlée avant son départ. L'obéissance aux dogmes établis, qui partout dans le monde conduit à la destruction du climat et de la vie dans des proportions que nous refusions d'imaginer, ce n'est pas l'intelligence. Quelles que soient vos décisions et vos agitations médiatiques, ce projet ne verra pas le jour sans le consentement de l'ensemble de la population du Sud-Ouest. La politique, la démocratie, celle que pratiquent au quotidien les élus du territoire en responsabilité avec le souci constant de la préservation du bien commun, est le seul rempart contre le cynisme et le dogmatisme de ceux qui ont déjà renoncé. La démocratie, celle sur laquelle vous crachez du haut de votre autorité. Car chacun a compris, même à la campagne, que la déclaration de ce projet en Projet d’Intérêt National Majeur n’existe que parce qu’il rencontre une opposition déterminée jusqu’au sein même des communes directement intéressées par l’emploi.
Chers élus du territoire, nous continuerons donc de porter votre parole, d'informer le public de vos décisions, et de défendre vos points de vue. Vous pouvez compter sur notre totale indépendance vis-à-vis des politiques partisanes, au service de la seule expression de vos avis et de vos décisions. Continuez de débattre, de délibérer, envoyez-nous vos motions. L'expression démocratique de vos avis est fondamentale. C'est aussi l'honneur et la dignité du territoire qui sont en jeu.
Bien respectueusement,
Nosautes, Gu, Nous,
Citoyennes et Citoyens d'Aquitaine
La forêt est notre bien commun.
* Crédit photo : Guillaume Fauveau