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Un petit aperçu de notre action symbolique contre la venue d'un représentant du fascisme dans notre ville.Siamo tutti an...
28/05/2026

Un petit aperçu de notre action symbolique contre la venue d'un représentant du fascisme dans notre ville.
Siamo tutti antifascisti. ✊🏿

21/05/2026
21/05/2026

Petit retour de notre résidence de trois jours en Haute-Loire, sous la plume de l’Eveil du Jour, merci beaucoup😊☀️
Je ferai cependant une petite correction : il ne pleuvait pas, il neigeait❄️☃️❄️☃️ Ah, la Haute-Loire!!!

21/05/2026
NPA-A12: Pour information.Les premiers arraisonnements de la FlottilleGLOBAL SUMUDont commencé ce lundi 18 mai matinLe c...
18/05/2026

NPA-A12: Pour information.

Les premiers arraisonnements de la Flottille
GLOBAL SUMUD
ont commencé ce lundi 18 mai matin

Le collectif Palestine Sud Aveyron appelle à se rassembler
demain mardi 19 mai place de la Capelle
À partir de 17H

Le NPA-ANTICAPITALISTE fait son rentrée au conseil municipal de Toulouse.
03/05/2026

Le NPA-ANTICAPITALISTE fait son rentrée au conseil municipal de Toulouse.

Le NPA d’Olivier Besancenot et Philippe Poutou, qui avait décidé de s’allier avec François Piquemal (LFI) pour les municipales, compte une élue au Capitole. Une première pour la formation et pour la militante...

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23/04/2026

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23 avril 1941 : en France, le régime de Vichy unifie et réorganise la police, par une loi qui crée la Police nationale.

À la suite de l'armistice du 22 juin 1940, la France métropolitaine est divisée en deux zones, la zone occupée et la zone dite « libre ». L'ensemble du territoire est sous l'autorité du gouvernement de Vichy dirigé par le maréchal Pétain.

Le 14 août 1941, un décret signé par Pétain enjoint à tous les fonctionnaires de lui prêter serment de fidélité. Une cérémonie officielle a lieu pour la police le 20 janvier 1942, au cours de laquelle 3 000 délégués de la garde de Paris, de la Police nationale et de la préfecture de police se réunissent dans la grande salle du Palais de Chaillot, sous la présidence de Pierre Pucheu, ministre de l'Intérieur. Après que la Musique des gardiens de la paix a joué la Marseillaise, le serment est prêté en ces termes : « Je jure fidélité à la personne du chef de l'État en tout ce qu'il commande dans l'intérêt du service, de l'ordre public et pour le bien de la patrie. ». Ce à quoi répondent tous les policiers présents en levant le bras et en disant « Je le jure »

La collaboration de la police française, dans la zone occupée, a été décisive pour la mise en œuvre de la « Solution finale » n**ie. En effet, l'Allemagne hitlérienne ayant besoin d'hommes sur le front de l'Est, en particulier après l'invasion de l'Union Soviétique en juin 1941, elle s'est servie de la police française pour faire régner l'ordre et réprimer les « terroristes » : communistes, gaullistes, francs-maçons, anarchistes et autres résistants. En outre, elle s'est elle-même chargée du recensement des Juifs, de leur arrestation et de leur rassemblement dans les camps de concentration (Drancy, etc.), réquisitionnant pour cela, à Paris les bus, et sur l'ensemble du territoire français des trains de la SNCF. Soucieuse d'éviter une rébellion massive de la population française, la Gestapo pensait, avec raison, que de tels risques seraient minimisés si, au lieu de se charger elle-même des rafles, la police française le faisait.

La collaboration policière est d'abord marquée par la période Bousquet, secrétaire général de la police française de mai 1942 au 31 décembre 1943. Nommé deux jours après le retour de Pierre Laval au pouvoir, Bousquet réorganise les forces de l'ordre françaises qu'il unifie sous son commandement, créant la Police nationale puis les Groupes mobiles de réserve (GMR), ancêtres des CRS.

Il passe notamment un accord, en juillet 1942, avec le général SS Carl Oberg, Polizeiführer dont les bureaux sont situés avenue Foch à Paris. Aux yeux de Bousquet, celui-ci vise à maintenir l'« indépendance » de la police française : il argumente ainsi en faveur de la « répression à la française », ce qui ne laisse pas Oberg insensible. En effet, la population civile, et d'abord les Juifs étrangers, premières victimes de la répression, se méfient moins des autorités françaises que de la Gestapo. Mais cette indépendance reste un leurre, puisqu'elle ne fonctionne que par une collaboration accrue entre les deux polices.

Il s’occupe d’abord de la réorganisation de la police française, chose faite par une loi du 23 avril 1941 qui créé la police nationale. Celle-ci est divisée en trois sections: la Sécurité publique pour les corps de police urbains, la police judiciaire (PJ) et les Renseignements généraux (RG), unifiés sous une nouvelle direction générale chapeautée par Bousquet lui-même. Il obtient ainsi que tous les services de police soient réunis sous ses ordres, contrairement aux vœux du Commissaire général aux Questions juives Darquier de Pellepoix dont il supprime la police antijuive. Ce nouveau régime de la police est étendu à toutes les villes de plus de 10 000 habitants, tandis que le recrutement des policiers devient régional (échappant ainsi aux maires, pourtant nommés par Vichy : la police municipale de la Troisième République devient ainsi nationale, nommée par les préfets). Enfin, Bousquet obtient la création des Groupes mobiles de réserve (GMR, ancêtres des CRS), composés de 20 000 hommes. En outre, une école de la Police nationale est ouverte à Lyon. Des brigades spéciales, constituées de volontaires, sont aussi chargées des « affaires juives » et sont présentes dans chaque commissariat. « Préparée en collaboration avec la Gestapo » selon Maurice Rajsfus, cet appareil répressif, unifié sous la direction de Bousquet, sera complété plus t**d par la Milice dirigée par Darnand qui remplace Bousquet. Deux lois additionnelles, le 13 et le 20 mai 1941, étendent les pouvoirs de la police, jusqu’à l’intéresser au domaine économique. Sans compter la gendarmerie et les GRM, la police nationale compte alors plus de 120 000 hommes, et arrête en quelques mois plus de 11 000 personnes pour des motifs politiques.

Les Brigades spéciales (BS) des Renseignements généraux, qui constituent 10 % des effectifs de chaque commissariat, sont spécialisées dans la traque aux « ennemis intérieurs », aux dissidents, prisonniers évadés, Juifs et plus t**d réfractaires au STO. Ils forment des barrages filtrant dans le métro et établissent des contrôles au faciès. Pour autant, selon un policier résistant, responsable syndical après la guerre :

« Ce serait une explication simpliste que de vouloir faire porter à ces policiers plus “actifs” que les autres la responsabilité de l’intégralité des méfaits des forces de l’ordre, de 1940 à 1944. […] Il ne faut pas oublier que, de temps en temps, c’est au service général que la préfecture de police faisait appel pour arrêter des Juifs, particulièrement aux sorties des stations de métro. »

S'engageant à maintenir l'« ordre public », René Bousquet obtient par une lettre du 18 juin 1942, adressée au général SS Carl Oberg, la fin de la subordination directe de la police française à l'occupant allemand et un peu d'autonomie, en acceptant de les satisfaire de son mieux. Bousquet continua par la suite inlassablement à préconiser la « répression à la française ». Oberg a loué par la suite l'efficacité technique de René Bousquet, approuvé par Reinhard Heydrich, chef de l'Office central de sécurité du Reich, qui avait conclu au regard de son expérience « qu'une large autonomie de la police et de l'administration réaliserait les meilleurs résultats ». Cette « autonomie », néanmoins, est un leurre, en ce que si la police française se charge du recensement des Juifs (« fichier Tulard »), de la mise en place de l'étoile jaune et des rafles, elle n'en obéit pas moins aux ordres des n***s.

Par ailleurs, Pierre Pucheu, ministre de l'Intérieur, crée une Police aux questions juives (PQJ) par un arrêté du 19 octobre 1941 (non publié au Journal officiel : seul le Commissariat général aux questions juives (CGQJ), la police nationale de Bousquet et la Gestapo est au courant). Cette police spéciale dépend du cabinet du ministre de l'Intérieur. Elle est divisée en deux sections correspondant aux deux zones nord et sud. Elle a notamment comme attribut de faire respecter les dispositions du deuxième statut des Juifs, instauré par la loi du 2 juin 1941, ainsi que de renseigner les autres polices sur les activités des Juifs. Pierre Dupont est nommé chef de la PQJ pour la zone non occupée le 17 octobre 1941, Joseph Antignac est nommé à la tête de la PQJ de Limoges, Serge Kiriloff sur Toulouse et André Boyer sur Clermont-Ferrand. Enfin, le colonel Durieux est désigné comme chef de la PQG pour l'ensemble du territoire national. En outre, elle dispose d'un service juridique dirigé par François Luciani, qui tente de légaliser la situation conflictuelle entre le droit n**i et le droit de l'« État français ». Il innove ainsi dans la sphère du droit, en écrivant le 17 janvier 1942 :

« Il peut arriver qu'il y ait conflit entre un texte français et un texte allemand, en zone occupée. Lequel des deux doit-on appliquer ? En droit, c'est la loi française malgré l'existence d'une ordonnance allemande en sens contraire. […] Les tribunaux continuent à rendre la justice au nom de l'autorité investie de la Souveraineté, les lois nouvelles sont promulguées par la même autorité et exécutées de la même manière que les anciennes »

Se référant à l'ordonnance allemande du 10 mai 1940 pour les territoires sur le point d'être occupés (Belgique, Pays-Bas et France), il ajoute :

« Les ordonnances et règlements, arrêtés pendant l'Occupation par les chefs militaires, ont force de loi : ils priment tous ceux propres aux pays. La désobéissance contre les ordonnances et les règlements arrêtés par les chefs militaires allemands ne peut être excusée par le renvoi aux lois du pays. »

Chargé des questions juridiques à la PQJ, François Luciani légitime ainsi d'une part la soumission du droit français au droit n**i ; d'autre part, en affirmant que les ordonnances militaires n**ies (qui relèvent donc du pouvoir exécutif) ont force de loi, il justifie l'état d'exception. Comme l'ont analysé les philosophes Jacques Derrida et Giorgio Agamben, cette théorisation qui donne « force de loi » à ce qui n'est pas la loi est au centre de l'état d'exception, que le juriste n**i Carl Schmitt tente par ailleurs de théoriser en s'appuyant sur le Führerprinzip.

Ce « juridisme n**i » est, selon Hannah Arendt, un aspect central du génocide juif. Cette dernière soutient en effet, dans Les Origines du totalitarisme (1951), que le préalable à l'extermination des Juifs est la dépossession de leur statut de citoyen, les réduisant ainsi à la « vie nue » d'un être humain dénué de tout droit. Arendt renverse ainsi la conception habituelle des droits de l'homme : tandis que la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 subordonne les droits du citoyen aux droits de l'homme, Arendt montre au contraire que l'homme n'est protégé qu'en tant que citoyen. Ainsi, les apatrides et les réfugiés, dénués de toute protection étatique, sont les premières victimes de la violence de l'État terroriste. Cette thèse, reprise par Agamben, reste cependant controversée.

L'historien Maurice Rajsfus montre comment la Gestapo, sur proposition du général SS Helmut Rötkhe, craignant les réactions de la population civile en 1943 (qui marque le tournant de la guerre, Pétain voyant un « vent mauvais » se lever) notamment parce qu'elle veut que soient raflés non seulement les Juifs français, mais les Juifs de tout âge, y compris les enfants, essaie de convaincre Vichy de passer une loi de dénaturalisation qui révoquerait la citoyenneté des Juifs naturalisés après 1927 (année durant laquelle la Troisième République a passé une loi instaurant définitivement le droit du sol). Les Juifs naturalisés après 1936 avaient déjà été déchus de la nationalité française. Les n***s comptent ainsi vaincre les réticences de la population française et du gouvernement de Vichy — la police de Bousquet, elle, leur est déjà acquise. En juillet 1943, les n***s veulent en effet déporter 10 000 Juifs, et, après les nombreuses rafles de 1942 (dont la rafle du Vel d'hiv), il leur faut innover. Le préfet de police Amédée Bussières renseigne donc Röthkhe en juin 1943 sur le nombre de naturalisations entre le 10 août 1927 et juin 1940 (37 000 dans le département de la Seine, dont, selon ses estimations, « 25 % de Juifs »). Mais le plan de la Gestapo échoue. Pétain, en effet, refuse de contre-signer le texte de loi concocté par Laval, Bousquet, Darquier de Pellepoix et Gabolde, le garde des Sceaux, sans doute en raison de l'évolution de l'opinion publique française, émue par le sort fait aux Juifs français ainsi qu'aux enfants juifs. La rafle de juillet 1943, devant trouver 10 000 Juifs, est ainsi reportée.

L'historien Rajsfus note ainsi :

« Finalement, la loi sur la dénaturalisation des Juifs devenus Français après 1927 ne sera jamais promulguée. Ce qui n'empêchera pas la police et la gendarmerie française d'arrêter des Juifs, quelle que soit leur nationalité, jusqu'au mois d'août 1944. Six convois quitteront Drancy pour Auschwitz d'août à décembre 1943 et 14 convois de janvier à août 1944. Soit environ 20 000 Juifs arrêtés et déportés durant cette période, dont approximativement 10 000 Juifs français de souche. Jusqu'à la dernière minute, la police française poursuivra sa coopération avec la Gestapo. Avec ou sans loi ! »

Quoi qu'il en soit, la Police aux questions juives, constituée de truands qui n'hésitent pas à voler les Juifs arrivant à Drancy, est mal vue de la police nationale dirigée par Bousquet. Ce dernier, qui espère aussi contrôler tous les organes répressifs de Vichy, obtient finalement sa transmutation en Section d'enquête et de contrôle (SEC) par l'arrêté du 5 juillet 1942 (quelques jours à peine avant la rafle du Vel d'hiv), qui reste rattachée au CGQJ de Darquier de Pellepoix. La PQJ, qui avait débordé ses attributions pour faire la chasse aux communistes et aux gaullistes, est ainsi privée de ses pouvoirs d'arrestation ou de perquisition. Comme chez les n***s, on constate ainsi une lutte de pouvoirs entre les différents responsables de Vichy et des forces de sécurité. Constituée de collaborationnistes acharnés, la SEC réprime en allant bien au-delà de la législation de Vichy (notamment des lois sur le Statut des Juifs), arrêtant au hasard dans la rue toute personne portant l'étoile jaune et se rendant coupable de multiples provocations policières. Jusqu'aux derniers instants de la guerre, ces miliciens resteront virulents contre les Juifs et le « spectre de la révolution ».

Bousquet est finalement évincé, et remplacé par Joseph Darnand, à la tête de la Milice, qui complète le dispositif policier mis en place par Vichy.

La collaboration sous Vichy

L'entrevue de Montoire du 24 octobre 1940 entre le maréchal Pétain et Adolf Hi**er, dont le but est de manifester la bonne volonté française afin d'obtenir des concessions ne débouche sur aucun résultat concret : juste après l'entrevue, sur ordre du Gauleiter Joseph Bürckel, près de 100 000 Mosellans sont expulsés de Moselle (annexée de facto) vers le territoire de la France resté sous la responsabilité du gouvernement français. De plus, 6 500 Juifs allemands, que les n***s ne veulent pas interner dans leur propre pays, sont raflés au Palatinat et en Bade-Wurtemberg, pour être confiés au gouvernement de Vichy. Celui-ci les interne au camp de Gurs, en zone sud.

L'URSS ayant signé, le 23 août 1939, avec l'Allemagne hitlérienne, un pacte de non-agression, le Pacte germano-soviétique, au début de la Seconde Guerre mondiale, la direction du Parti communiste français (PCF), suivant la politique de Staline, adopte une ligne d'opposition à la guerre, considérée comme une « guerre interimpérialiste » allant à l'encontre des intérêts de la classe ouvrière. Le PCF est interdit par le gouvernement Daladier, le 26 septembre 1939, après son approbation de l'invasion de la Pologne par l'Armée rouge4, et donc contraint à la clandestinité. De nombreux militants communistes sont arrêtés sous l'accusation de sabotage, démoralisation de l'armée, en un mot affaiblissement des arrières. Il en est de même des élus communistes qui refusent de dénoncer le Pacte germano-soviétique.

Après la défaite de la France en juin 1940, l'occupant maintient en détention les communistes incarcérés. La chasse aux communistes est une priorité du régime de Vichy dans le cadre de la mise en œuvre de la dite « Révolution nationale ». Aussi, dès l'automne 1940, le PCF subit une vague de répression menée par la police française et facilitée par la politique de légalisation qui a prévalu pendant l'été 1940. Jusqu'en mars-avril 1941, la revendication nationale, anti-allemande, n'est pas prioritaire pour le PCF par rapport à la revendication sociale.

De janvier à juin 1941, la police spéciale enquête sur la réorganisation du Parti communiste autrichien (KPÖ) dans le sud-ouest.

Du 26 mai au 9 juin 1941 a lieu la grève des mineurs du Nord et du Pas-de-Calais dont les principaux animateurs sont Charles Debarge, M. Brulé, E. Ferrari, qui sont fusillés ou assassinés et Émilienne Mopty (décapitée). Les Allemands interviennent et font 327 arrestations.

Avec le déclenchement de l'opération Barbarossa et l'entrée en guerre de l'Union soviétique, la résistance communiste entre en action en organisant des attentats contre les occupants allemands et diverses actions. C'est alors que les n***s demandent explicitement au régime de Vichy de se charger de la répression. Les militants arrêtés par la police française sont livrés aux forces d'occupation. Les n***s utilisent les détenus communistes dans leur politique de répression en fusillant des otages « Judéo-bolcheviks ».

En octobre 1941, le ministre de l'Intérieur Pierre Pucheu crée le Service de police anti-communiste (S**C) qui devient en juin 1942 après son départ, le Service de répression des menées antinationales (SRMAN), dirigé par Charles Detmar.

En outre, dès l'armistice de juin 1940, les Allemands viennent chercher dans les camps de prisonniers de guerre les républicains espagnols, sans que l'État français ne proteste. Ces derniers sont la seule catégorie recherchée par les n***s dans les camps de prisonniers, et la plupart sont déportés dans le camp de concentration de Mauthausen. Par ailleurs, Vichy met aussi sur pied une police antimaçonnique.

Le gouvernement de Vichy mène une politique de restriction des droits des Juifs dès son installation, sans que les Allemands n’expriment la moindre demande. Dès juillet 1940, le ministre de la Justice Raphaël Alibert crée une commission de révision des 500 000 naturalisations prononcées depuis 1927, en vertu de la loi du 22 juillet 1940. Le retrait de la nationalité concerne 15 000 personnes dont 40 % de Juifs. En outre, l'abrogation du décret Crémieux prive 100 000 Juifs d'Algérie de la citoyenneté française.

En zone nord, sous contrôle allemand, l'ordonnance du 18 octobre 1940 place sous séquestre les entreprises et biens appartenant aux Juifs absents ou arrêtés. L'ordonnance du 18 octobre 1940 impose aussi aux personnes souhaitant fonder un journal de fournir des preuves de leur « aryanité » depuis au moins trois générations.

Jusqu'en novembre 1942, date de l'occupation de la zone « libre » à la suite du débarquement allié en Afrique du Nord, la situation des Juifs n'est pas exactement la même en zone nord et en zone sud. Les lois anti-juives s'appliquent sur l'ensemble du territoire, mais en zone occupée s'ajoutent des décrets allemands. L'étoile jaune, qui permet d’arrêter, de brimer et d’interner tout Juif qui n'obéit pas à cette obligation, n'est portée qu'en zone nord. En revanche, Vichy interne dès 1940 nombre de Juifs étrangers dans les camps du sud, sans demande expresse des autorités allemandes. La racialisation du régime de Vichy s’accélérera tout au long de la guerre.

Par ailleurs, à la suite de l'interdiction par les Allemands des postes radios, la police française se charge dès le 26 juin 1940 d'appliquer cette mesure. De même, elle fait appliquer l'interdiction de la photographie en plein air, et à partir du 16 septembre 1940, celle des élevages de pigeons voyageurs. De plus, ils remettent les tracts anti-allemands à la Kommandantur à partir du 14 septembre, et, à la suite d'une ordonnance du 10 octobre 1940, doivent prévenir les n***s des actes de sabotage. Ils transmettent aussi, à partir du 15 octobre 1940, aux forces d'occupation tout ce qui a trait aux ressortissants allemands inculpés de quelque délit que ce soit. En outre, ils surveillent la frontière entre les deux zones, nord et sud, et veillent à la suppression quasi complète du droit d'association (à la suite d'une ordonnance du 28 août 1940) ainsi que de l'interdiction de toute réunion publique ou cortège ou manifestation

Les Juifs français
En octobre 1940, le Conseil des ministres promulgue le premier Statut des Juifs : les citoyens Juifs français sont exclus de la fonction publique, de l'armée, de l'enseignement, de la presse, de la radio et du cinéma. Les Juifs, « en surnombre », sont exclus des professions libérales. Le deuxième Statut des Juifs, de juin 1941, est encore un peu plus restrictif : il allonge la liste des professions d'où sont exclus les Juifs et établit un numerus clausus limitant la proportion de Juifs à 3 % dans l'Université et 2 % dans les professions libérales. Enfin, en juillet 1941, les Juifs doivent céder leurs droits sur les entreprises à des « Aryens ». Les Allemands avaient appliqué cette mesure en zone occupée depuis octobre 1940. Un Commissariat général aux questions juives, sous la direction de Xavier Vallat, est créé en mars 1941. Sa mission est de veiller à l'application de la législation anti-juive, élément essentiel de la répression étatique. Selon les mots d'Asher Cohen :

« Sans cette législation sanctionnée par un gouvernement français respecté parce que légitime, les déportations ultérieures étaient presque impensables, en tous cas, bien plus compliquées à exécuter… L'aryanisation semble être le domaine où une certaine efficacité fut obtenue et où les résultats furent impressionnants. Les Juifs furent effectivement écartés de la vie économique de la nation, apparemment sans grande difficulté. »

Les Juifs étrangers
Quant aux Juifs étrangers, qui comprennent également ceux dénaturalisés à la suite de la loi du 22 juillet 1940, ils sont considérés comme n'ayant pas vraiment leur place en France. À partir du 4 octobre 1940, les préfets peuvent interner les étrangers de « race juive » dans des « camps spéciaux » ou les assigner à résidence. En février 1941, 40 000 Juifs étrangers croupissent dans une série de camps : Les Milles, Gurs, Rivesaltes… Ils sont 50 000, en zone sud, au printemps 1942. En juillet 1940, alors que la « Solution finale » n'était pas encore à l'ordre du jour, les Allemands avaient expulsé 20 000 Juifs d'Alsace et de Lorraine vers la zone non occupée. Plus t**d, à partir de 1942, lorsque des pressions commencent à s'exercer pour pouvoir mettre en œuvre la « Solution finale », le gouvernement français saura toujours se montrer conciliant pour livrer aux Allemands des Juifs étrangers. En citant une note du commissaire Savart, commandant du camp de Drancy, adressée à André Tulard, le directeur du service des étrangers et des affaires juives à la préfecture de police, l’historien Maurice Rajsfus remarque que si…

« … Laval a fait savoir qu'il n'est pas question de rafler des Juifs français de souche, et encore moins de les déporter, […] nous apprenons […] que parmi les 900 internés partis pour Auschwitz [dans le convoi Drancy-Auschwitz du 26 juin 1942], il y a 150 anciens combattants dont 14 ont participé à la Première Guerre mondiale et 114 à la campagne de France en 1939-1940. En segmentant ce groupe, on a trouvé 65 Français d'origine et 47 naturalisés après 1936. L'auteur de la note souligne que le docteur Bloch, chevalier de la Légion d'honneur, a été spécialement ajouté au convoi par le SS Theodor Dannecker. Ce qui représente une façon comme une autre, observe Rajsfus, d'indiquer à Laval et à Bousquet que leurs gesticulations en faveur des Juifs français n'émeuvent pas les n***s»

À partir de l'automne 1940, Laval commence à faire des concessions unilatérales aux Allemands, dans l'espoir d'être payé en retour d'une façon ou d'une autre.

L’amiral Darlan pousse la politique de collaboration un peu plus loin que ne l'a fait Laval en essayant de pratiquer avec Hi**er la politique du donnant-donnant. En fait, Hi**er ne sera jamais vraiment favorable à une collaboration avec les Français, et les concessions militaires et policières faites par Darlan n'obtiendront pas les contreparties politiques souhaitées.

En avril 1942, Laval revient au pouvoir et essaye de promouvoir la politique de la « Relève », c'est-à-dire, le départ en Allemagne de jeunes travailleurs français dans le cadre du STO (Service du travail obligatoire), en échange du rapatriement de prisonniers dans la proportion d'un prisonnier pour trois ouvriers. À la suite de l'instauration du STO, nombre de jeunes Français s'engagent dans la Résistance ; d'autres, voulant échapper de même à l'exil en Allemagne, entrent en masse dans la police française.

Il y avait en 1940 environ 330 000 Juifs en France métropolitaine, parmi lesquels 150 000 citoyens français et 150 000 étrangers. Sur les 150 000 Juifs français, 90 000 sont de vieille souche et parmi les 60 000 Juifs étrangers, souvent immigrés de l'Europe de l'Est, la moitié a été naturalisée dans les années trente. Entre le printemps 1942 et la Libération de 1944, 76 000 Juifs sont déportés vers les camps d'extermination, en 79 convois. 2 500 seulement reviendront. Un tiers sont des Juifs français, et deux tiers des Juifs étrangers. 14 % avaient moins de dix-huit ans et 12 % plus de soixante ans. De mars à décembre 1944, 43 000 Juifs ont été déportés en 43 convois, à destination d'Auschwitz. Les trois quarts venaient de la zone nord et le quart restant de la zone sud. En 1943, 17 000 Juifs sont déportés en 17 convois dont 14 pour Auschwitz et trois pour Sobibor. La grande majorité des 75 000 Juifs déportés vers les camps de la mort l’ont été avec la participation active de la police française, le sort des Juifs étrangers, en particulier, désintéressant complètement le régime de Vichy.

Ce sera en tout plus de 600 000 personnes, communistes, Juifs, étrangers, qui seront internées dans les camps français entre 1939 et 1945

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