30/03/2026
✉️ Lettre ouverte à l’attention des membres du gouvernement Lecornu II
𝗖𝗢𝗡𝗦𝗘𝗤𝗨𝗘𝗡𝗖𝗘𝗦 𝗗𝗘 𝗟𝗔 𝗚𝗨𝗘𝗥𝗥𝗘 𝗘𝗡 𝗜𝗥𝗔𝗡 : 𝗟𝗘 𝗚𝗢𝗨𝗩𝗘𝗥𝗡𝗘𝗠𝗘𝗡𝗧 𝗙𝗔𝗜𝗧 𝗧𝗢𝗨𝗧 𝗦𝗢𝗡 𝗣𝗢𝗦𝗦𝗜𝗕𝗟𝗘… 𝗣𝗢𝗨𝗥 𝗘𝗩𝗜𝗧𝗘𝗥 𝗗𝗘 𝗦𝗢𝗨𝗧𝗘𝗡𝗜𝗥 𝗟𝗘𝗦 𝗔𝗚𝗥𝗜𝗖𝗨𝗟𝗧𝗘𝗨𝗥𝗦
La crise s’installe un peu plus chaque jour. Elle frappe fort, vite, et partout. Les tensions internationales à la suite de la guerre au Moyen Orient ont déclenché une nouvelle flambée des prix. Carburants, intrants… toutes les charges augmentent. Les marges disparaissent. Les trésoreries s’effondrent.
Et en face, la réponse annoncée tient en quelques centimes.
Quatre centimes par litre de GNR. Une mesure présentée comme un soutien, mais qui, dans les faits, ne couvre même pas une fraction des hausses subies ces derniers mois.
La suspension du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières sur les engrais est évoquée. À défaut, une compensation. Là encore, rien d’immédiat, rien de concret, rien de proportionné à la réalité du terrain et à la gravité des crises traversées.
Cela fait des mois que nous sollicitons le gouvernement à propos de cette taxe et que celui-ci reste incompétent.
Le contraste est saisissant. D’un côté, une crise économique majeure pour les agriculteurs. De l’autre, des annonces calibrées au minimum, qui relèvent davantage du coup de communication à visée présidentielle et des sièges confortables qui y sont associés, que du soutien réel.
C’est toute la limite de l’approche actuelle. Multiplier les effets d’annonce sans jamais changer d’échelle et aller chercher les leviers d’action là où ils se trouvent. Quand les moyens financiers sont contraints, il faut avoir le courage de revoir les priorités.
Un gouvernement qui reconnaît aujourd’hui ne plus avoir les moyens après ses erreurs budgétaires ferait bien de se tourner vers le bon sens paysan.
Dans ce contexte budgétaire, comment le gouvernement peut-il maintenir des moyens financiers pour entraver l’activité agricole par une surenchère de réglementations et de contrôles ? Il serait de bon ton de rediriger ces financements vers le soutien de l’agriculture.
Quand le gouvernement n’a plus d’idée et n’a plus de moyens, il est toujours bon de rappeler qu’il peut compter sur le bon sens paysan pour l’aider.
Ce qui est proposé aujourd’hui par le gouvernement ne répond pas à l’urgence. Cela donne le sentiment d’une politique à bas bruit face à une crise à haut risque. La réalité est simple. Sans action rapide et proportionnée, ce ne sont pas seulement des fermes qui disparaîtront, mais des filières entières, des emplois, des territoires.
À ce stade, il ne s’agit plus d’ajuster. Il faut changer de cap.
Philippe TABARIN
Président de la Chambre d’agriculture de la Vienne