08/06/2026
Communiqué du Syndeac, Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles :
"Il est devenu difficile, dans cette guerre d’usure que vit le secteur de la culture, de devoir toujours dire et redire, pour la bonne information de tout le monde, la gravité de la situation, les pertes d’emplois, la disparition de projets artistiques, qui plus est dans des moments, comme les présentations de saison, qui ne devraient être que festifs.
Pourtant, il faut faire savoir au plus grand nombre, les terribles dysfonctionnements occasionnés par la multiplication de baisses de subventions cumulées, année après année, et cette année, même, encore plus fortement que les précédentes.
Il faut dire l’impact mortifère de ces annonces par ailleurs tardives, alors que les engagements auprès des équipes artistiques étaient pris, les budgets prévisionnels construits et planifiés.
Il faut parler de cette cessation partielle d’activité , qui ne dit pas encore son nom, mais qui se traduit par moins d’œuvres, moins de représentations ou de moins bonnes conditions salariales pour les équipes artistiques et techniques. Par moins de rendez-vous culturels en dehors des théâtres, dans les communes rurales, les centres sociaux, les hôpitaux et les établissements scolaires.
Si vous n’en avez pas encore pris connaissance : lisez ce texte, faites le circuler, faites en entendre le contenu publiquement là où vous en aurez la possibilité.
Car la réalité aujourd'hui c'est :
Des lieux comme le Théâtre de Vanves ou la Coupole à Saint Loubès, qui voient l’intégralité de leurs saisons prochaines annulées à la dernière minute par décision de leurs élus !
Des compagnies et des lieux qui, en déficit de trésorerie et dans l’attente du versement de leurs subventions déjà réduites, sont contraints de faire des emprunts aux banques sans savoir s’ils pourront rembourser les intérêts !
Des équipes artistiques qui arrivent à ne payer, en fin de mois, que les charges sociales aux organismes de perception sans pouvoir payer les salaires.
Des lieux qui demandent des dérogations sur le versement des charges sociales pour gérer leur trésorerie en difficulté et ne pas être dans une situation de cessation de paiement des salaires ou dans l’obligation de mettre les équipes permanentes au chômage partiel.
Des productions qui, en raison du retrait tardif d’un ou plusieurs partenaires ayant subi des baisses plus fortes qu'imaginé, ne verront peut-être finalement le jour nulle part ailleurs, faute de moyens ou de temps de résidence suffisants. Ou qui sortiront au prix de gros sacrifices sur le salaire des artistes et des techniciens.
Des artistes et techniciens qui ne trouvent plus d’emplois et ne renouvelleront pas leur inscription aux annexes VIII et X de l’assurance chômage et basculeront au RSA.
Des emplois permanents dans les lieux qui sont supprimés, des départs en retraite non remplacés, des services civiques, des apprentis ou des stagiaires qui ne sont plus recrutés, des arrêts maladie et burn out qui se multiplient à tous les étages des lieux.
Voilà donc le mois de juin et voilà le tableau et voilà aussi pourquoi nous avons plus que jamais besoin du soutien de tous les publics, et qu’ils soient pleinement informés de la réalité que vivent les lieux et les artistes avec lesquels ils aiment partager ces moments de vie, d’art et de culture."