20/05/2026
" Une fois le crime nommé, que fait-on de ce savoir ? L’État répond d’abord avec ses instruments ordinaires : compter, signaler, poursuivre, surveiller. Il transforme une revendication féministe en problème de gestion pénale.
Or les affaires récentes rappellent l’écart entre l’existence d’outils de protection et leur capacité réelle à protéger. Cet écart n’est pas seulement un dysfonctionnement. Il oblige à regarder ce que les politiques publiques privilégient : la réaction au crime davantage que les conditions sociales, judiciaires et matérielles qui permettraient de l’empêcher. "
Le mot « féminicide » a gagné la bataille du langage public. C’est une victoire politique : les meurtres de femmes par leur conjoint ou ex-conjoint ne disparaissent plus derrière les vieux euphémismes du « drame familial » ou du « crime passionnel ».
Mais cette victoire ouvre une autre question. Une fois le crime nommé, que fait-on de ce savoir ? L’État répond d’abord avec ses instruments ordinaires : compter, signaler, poursuivre, surveiller. Il transforme une revendication féministe en problème de gestion pénale.
Or les affaires récentes rappellent l’écart entre l’existence d’outils de protection et leur capacité réelle à protéger. Cet écart n’est pas seulement un dysfonctionnement. Il oblige à regarder ce que les politiques publiques privilégient : la réaction au crime davantage que les conditions sociales, judiciaires et matérielles qui permettraient de l’empêcher.
C’est ce paradoxe que nous interrogeons dans La Valise diplomatique : comment une cause peut gagner en visibilité tout en restant enfermée dans les limites de l’ordre institutionnel qui prétend la prendre en charge.
À lire sur le site du Monde diplomatique. Le lien est en commentaire.