03/04/2026
Épisode 11 - Proposer pire pour aller mieux
Proposer pire pour aller mieux, c’est un mécanisme assez courant dans nos pratiques équestres. C’est par exemple ce qui se cache derrière la phrase “rend le bon comportement facile, le mauvais difficile”. Quand on nous dit ça, on nous demande en fait d’agir sur le mauvais en le rendant inconfortable pour le cheval. Donc ce qu’on devrait dire, finalement, c’est plutôt “rend le mauvais comportement encore plus difficile que le bon”. Là, on décrirait réellement la méthode. Et on verrait bien mieux ce qu’elle cache.
Dans ma situation, ce mécanisme est apparu de façon assez évidente, parce qu’après avoir remis Echo à sa place, je ne lui ai plus rien demandé. Il a soufflé un moment, puis il a repris ses comportements initiaux. Dans d’autres contextes, ce mécanisme peut être beaucoup plus sournois parce que les rares pauses où le cheval peut enfin souffler sont en fait les seules pauses dans la séance. Ensuite on repart, et on demande à notre cheval de se concentrer sur nous, de faire attention à nos demandes uniquement, au point qu’il n’a finalement plus le temps de s’inquiéter de ce qui le préoccupait à la base : l’anxiété de séparation, l’hypervigilance due à un environnement hyper-stimulant, les multiples déclencheurs autour de lui, plus rien n’a d’importance parce qu’il n’a de toute façon pas le temps de s’y attarder. Alors oui, ensuite, il est plus “connecté”. Il est plus “patient” (entendre : immobile). Il bâille, il mâchonne lorsqu'on lui en laisse l'occasion. Mais à quel prix ? Et pour combien de temps ?
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À très vite,
Clio