Avesnois Généalogie-AGMAT

Avesnois Généalogie-AGMAT Poussez donc la porte, on vous aidera dans vos recherches généalogiques devant une bonne tasse de café ..

Petite pause ...Etre clerc, pas toujours facile !Ecrire le mieux possible pour tenir des registres impeccables...S'entra...
27/11/2024

Petite pause ...
Etre clerc, pas toujours facile !
Ecrire le mieux possible pour tenir des registres impeccables...
S'entraîner à manipuler la vraie plume d'oie et l'encre pour ne pas faire de taches et s'adapter aux styles d'écriture...
Recopier inlassablement les mêmes formulations de phrases dans les registres d'Etat Civil ou les minutes de notaires...
Ecouter les gens délibérer pour rédiger un contrat de mariage ou un traité de paix et venus signer l'acte, ou au tribunal participer aux débats, prendre des notes et mettre au propre le compte-rendu de la séance...
Tout cela n'a pas toujours été respecté au mieux mais chacun des clercs a fait ce qu'il pouvait pour que les actes se conservent dans le temps. Apprécions leurs entraînements parfois laborieux ou leurs petits gribouillis pour passer le temps ...

Le nom de famille (suite et fin) : Quelques exemples de son aventure...Certes le phénomène des noms de famille héréditai...
19/11/2024

Le nom de famille (suite et fin) :
Quelques exemples de son aventure...

Certes le phénomène des noms de famille héréditaires s’étend à toute la population à partir du XIVe siècle mais... comme nous l'avons vu précédemment le nom a parfois beaucoup évolué voici quelques exemples concernant notre région :

-->Le nom de famille associé à un âge de la personne pour différencier le père du fils , l'aîné du cadet etc ... :
Exemples tirés de l’échevinage de Cartignies :
MICHEL Jean l’aîné, MICHEL Jean le vieux, MICHEL Jean le jeune
MICHEL Jean dit Cordier, MICHEL Jean maîné, MICHEL Jean dit Robert, DEMISEAU Collart le père, DEMISEAU Collart le fils

-->Le nom de famille associé à un surnom (qui parfois prend la place du nom lui-même !)
JASPART Jean dit HANNEQUART, PECQUEUX Gilliart dit d’Outre Leau, PECQUEUX Jean dit Rousselet (cartulaire 1455 Dompierre)
COUVREUR Collart dit Hutin (1489 Maroilles)
FLAMENT Jean dit HENNECO (1489 Maroilles)
BOULANGER Henri (Henry) dit Cuvelier (1496 Maroilles)
De BRISSY Pierrart dit Noël (1499)
MONIER Hénin dit le Vourge (1500 Maroilles)
CAUDRELIER Jacquemart dit Grart (1505 Floyon)
OLIVIER Toussaint dit Moreau (1509 Englefontaine)
MONIER Nicolas dit CAPIT (1509 Avesnes)
De SIVRY Gérard dit De BUATH (1515)
PECQUEUX Guillaume dit Sauvage (1526 Dompierre)
LEFEBVRE Antoine dit Carlier (1526 Dompierre)
BAVAY Andrieu dit Madru (1528 Englefontaine)
HéNAUX Jean dit Nocent (1529 Dompierre)
BéTRY Jean dit le Borgne (1530 Dompierre)
REUMONT Jacquemart (Jacqmart) dit Varlet (1530 Englefontaine)
CAULLERY Jacques dit Hautoit (1535 Englefontaine)
LEMOINE Simon dit Froussart (1540 Cartignies)
Vous remarquerez au passage la saveur de certains surnoms !

-->le nom de famille féminisé :
DEMISEAU Collart a une fille DEMISELLE Jeanne (vers 1480)
MOREAU Jean et MOREAU Toussaint frères avec MORELLE Jacqueline leur sœur (acte 1502 à Floyon)
CORELLE Marguerite (de la famille COREAU) v***e de FLAMENT Jean dit Henneco (acte 1482 de Maroilles)
LABOUREAU Jacquemart avec LABOUREAU Henri (Henrion) caucheteur son fils et LABOURETTE Isabelle sa fille (1528 Englefontaine)
TROUILLèRE Françoise et TROUILLETTE Jeanne en fait TROUILLET (1530 Englefontaine)
Et bien d’autres !...

Sans parler du nom des familles résidants sur une zone frontalière entre deux populations de langue différente orthographiés selon l'usage de l'une ou l'autre culture et parfois complètement traduits...
Sans parler des familles nobles qui portaient le nom de leur fief. Lorsque celui-ci était très important, lors du partage des terres pour réaliser la succession du seigneur défunt, chaque fils recevait une partie du patrimoine et prenait le nom de sa nouvelle propriété. Ainsi le fils ne portait plus le nom de son père et chaque frère avait un nom différent...mais c'est une autre histoire !

En ces temps de Toussaint où nous avons honoré nos morts, les cimetières se sont métamorphosés sous les vibrantes couleu...
12/11/2024

En ces temps de Toussaint où nous avons honoré nos morts, les cimetières se sont métamorphosés sous les vibrantes couleurs des bruyères et des chrysanthèmes.
En ce temps de mémoire le 11 novembre, la France se rassemblait pour commémorer la fin de la Première Guerre mondiale et honorer la mémoire des soldats tombés au combat, (cette date symbolique incarne à la fois le souvenir des sacrifices passés et le devoir de mémoire envers tous ceux qui ont donné leur vie pour la Nation).
Souvenons nous donc aussi de tous nos ancêtres parfois lointains décédés. Ces familles décimées par des conditions de vie déplorables et les ravages des famines et des épidémies.
Au cours des siècles quelle lenteur dans les progès de la médecine pour sauver les mères et leurs enfants, pour calmer les douleurs, pour développer la chirurgie, pour trouver des remèdes efficaces, inventer les vaccins et comprendre l'importance de l'hygiène.
On les retrouve tous ces gens en listes complètes dans les actes de sépulture : tous ces jeunes enfants fauchés à quelques jours (au XVIII e siècle en Europe, un enfant sur quatre meurt avant 1 an et un sur deux seulement arrive à l'âge adulte !), ces mères mortes en couche et ces hommes épuisés par les conditions de leur travail. Certes ils ne sont pas "morts au combat" mais la vie elle-même était déjà un combat...
Parlons alors des guerres aussi qui ont balayé nos territoires dans un cortège de massacres, de populations déplacées, de terreur, de viols et de famine.
Savons nous encore en temps de paix, dans notre confort, devant nos écrans, nous rendre compte de leurs atrocités lorsqu'elles sont lointaines mais pourtant toujours présentes quelque part dans le monde ?
Qui n'a pas un ancêtre tué sur un champ de bataille ?
Si vous voulez en savoir plus sur lui, vous pouvez consulter le site des archives départementales dans la rubrique "mémoire des hommes" :
https://archivesdepartementales.lenord.fr/page/matricules-militaires
ou
https://archives.aisne.fr/n/rechercher-un-soldat/n:87
D'autres ouvrages sont à votre disposition :
-->Les généalogies des soldats de l'Avesnois morts pour la France sont disponibles dans notre association AGMAT.
-->"Le répertoire des Soldats Morts pour la France" de Pierre DéMARET ouvrage en deux tomes pour la ville de Landrecies (mais le même travail a été réalisé pour le Cambrésis en général) est toujours disponible auprès de l'Association Historique de Landrecies.
Vous pouvez vous rapprocher également d'autres associations historiques plus près de chez vous.
Pour mieux comprendre ces temps difficiles voici quelques extraits du livre "Catillon : Embrefs, plaids, criées et comptes" de J-Paul GORISSE (parution de l'AGMAT) :
-->Extrait 1 (1650) : "MERLIN Jean 86 ans qui a toujours travaillé à son possible pour nourrir et entretenir ses enfants et acquérir ce qu'il faut de biens de fortune et qu'à présent il se retrouve dans un tel état de pauvreté qu'il n'a plus de quoi vivre pour avoir été destitué de tous ses biens par la misérable calamité de ces temps de guerre et vu son âge impuissant à gagner de quoi subsister, c'est pourquoi il demande l'autorisation de vendre un jardin
(car il est veuf et un de ses enfants est décédé en laissant des enfants mineurs pour lesquels il faut des tuteurs)
-->Extrait 2 (1650) : "De HENNECAMPS Anne x f SOUFFLET Balthazar, fermière en la cense de Ribaucourt
à cause des longues et continuelles guerres et des pertes notables dont elle a souffert durant cette guerre et l'ignomineuse de l'année 1649, ayant été privée de tous ses biens, chevaux volés ou pris par l'ennemi, elle se trouve dans un tel état de maigreur et de pauvreté qu'elle n'a plus de quoi vivre et qu'elle pourrait attraper la mort dans un quelconque labeur mais elle demande l'autorisation car elle est v***e et a encore des enfants mineurs ..."
Dans les actes d'échevinage retranscrits par Georges CLOEZ (disponibles à l'AGMAT) nombreuses sont les notifications d'hommes partis se battre ou de familles réfugiées à cause des guerres,
exemples :
MARIT Jacques homme de guerre à Avesnes pour cause de guerre en 1552
BAUDRY Jean homme de guerre sous la charge du gouverneur d'Avesnes en 1553
PICAVET Simon laboureur à Guersignies à cause des guerres en 1554
SERVOISE Pierre homme de guerre à cheval sous la charge de Mr le gouverneur d'Avesnes en 1555
LADVENANT Gérard homme de guerre à cheval au fort de Cartignies en 1556
CAPRON Nicolas marchand filatier de Cartignies désormais à Tournai à cause des guerres) en 1643
Testament de LEFEBVRE Jean bourgeois du Cateau, réfugié à Valenciennes à cause de la guerre en 1646 etc... etc...
Parfois c'est le clerc ou le curé de la paroisse qui ajoute une note entre les actes recopiés. Ainsi ce passage trouvé dans les registres de Roubaix (voir au bas de la photo ci-dessous) :
"Le 18ème septembre 1692 sur les deux heures et demy après midi la terre trembla de telle manière que plusieurs pensèrent que leur maison allait tomber, en ce même temps il y avait deux très nombreuses armées au voisinage, l'armée de France commandée par le duc de Luxembourg entre Menin et Courtrai qui ... et ... commandée par le duc de Bavière ..."
(Registre BMS Roubaix 1588-1694 page 1078)
Episode des guerres révolutionnaires sur le territoire de la Châtellenie de Lille qui verra de nouvelles intrusions de troupes de 1792 à 1794 (les Autrichiens ont occupé Roubaix, Lannoy…) jusqu’à la victoire française à la Bataille de Tourcoing, le 18 mai 1794.
(voir le site : https://famille.dansette.net/index.php/histoire-de-la-famille/un-peu-dhistoire-regionale/ )
Heureux les peuples qui connaissent et protègent la paix ...

Le nom de famille : 3. Son origine Les Gaulois ont un nom unique qui ne se transmet pas de père en fils, ce surnom perso...
05/11/2024

Le nom de famille : 3. Son origine
Les Gaulois ont un nom unique qui ne se transmet pas de père en fils, ce surnom personnel ayant toujours un sens concret, souvent valorisant (Vercingétorix signifie par exemple « chef suprême des guerriers »).
Le nom romain se diffuse chez les Gallo-romains avec l'expansion de l'empire composé de 3 parties :
—>Le prénom qui est l'appellation individualisée du citoyen, peut faire écho à une particularité à la naissance (Lucius signifie « qui est né à l'aube » et provient de lux, lucis « lumière »)
—>Le nom (symbole héréditaire de la famille)
—>Le surnom qui est d’abord personnel mais qui deviendra vite héréditaire comme caractéristique d’une branche de la famille (Cicéron est un surnom, Cicero, qui vient de cicer, « pois chiche » car selon Plutarque, un membre de la famille aurait eu une verrue de la taille d'un pois chiche, son nom complet est Marcus Tullius Cicero).
La femme portait un nom féminisé suivi parfois de sa filiation et de son lien de mariage .
Puis le principe de ce triple nom s'efface à partir du IIIe siècle avec les invasions barbares qui propagent les désignations germaniques uniques, noms individuels « binaires » (formés de deux éléments : Bern/ard, Ro/bert, Berth/ier, Rim/baud) qui ne se transmettent pas d'une génération à l'autre, et avec l'expansion du christianisme qui donne aux nouveaux convertis un nom de baptême unique.
Dans le haut Moyen Âge, seul subsiste le nom germanique, notamment francique.
De nouveau accolé au patronyme germanique qui s'est généralisé vers l'an mille mais dont le stock de noms traditionnels s'est réduit, un prénom réapparaît au Xe siècle, période de croissance économique. Le développement d'une anthroponymie double avec patronyme et prénom dans les années 1050-1100 et son succès dès la première moitié du XIIe siècle paraissent correspondre à cette période d'essor démographique et de plus grande mobilité des populations qui rendent nécessaire de distinguer les homonymes, devenus trop nombreux. Se développe ainsi l’habitude d’accoler au nom de baptême un surnom individuel souvent très personnel. Le nom de baptême se transforme en prénom et le surnom devint l'élément clé de l'identification familiale. Ces surnoms deviennent les noms de famille dont l'apparition par la transmission du nom du père s'est faite spontanément.

Ces noms de famille ont quatre origines possibles (ce sont ces quatre catégories de noms de familles qu'on retrouve aujourd'hui en France) :
—>36 % sont des noms de baptême (Jean, fils de Martin devenu Jean Martin, Robert, fils de Pierre devenu Robespierre, Bernard, Thomas, Richard, Robert, etc.),
—>30 % des noms de localisation (Dupont, Duval, Dubois, Beauchêne, Delacroix, Langevin ou Langlais, qui peut exprimer l'origine de la personne ou être une simple allusion à un voyage d'affaires),
—>18 % des noms de métier ou de statut (Lemarchand, Boucher, Pelletier, Sabatier, Tisserand, Boulanger, Dufour, Fabre, Faure, Ferrari, Ferrer, Herrero, Lefebvre, Le Goff ou Schmidt),
auxquels peuvent être rattachés ceux qui traduisent un statut (Chevalier, Lenoble, Bourgeois, Lécuyer, Vasseur, Lévêque, Labbé, Leclerc),
une charge administrative (Sergent, Prévost, Maréchal, Lemaire)
ou une position dans la famille (Legendre, Beaufils, Cousin, Deloncle, Neveu, Lainé, Cadet, Besson),
—>16 % sont des sobriquets liés au caractère physique (Petit ou Bihan, Legrand, Leborgne, Boiteux, Legros, Joly, Canu ou Le Guen, Leroux, Moreau, Brunet, etc.) ou moral (Lamy, Leroy ou Rey, Lecourtois, Renard, Sauvage, etc.) de l'ancêtre initial.

Le phénomène des noms de famille héréditaires s’étend à toute la population à partir du XIVe siècle, quand l'augmentation de la population ne permet plus de différencier les individus par leur simple nom individuel qui, jusque-là, suffisait à l'identification d'un individu dans l'espace restreint de cette société d'interconnaissance que constituait le village. Les différentes personnes portant le même nom sont désormais distinguées en leur associant un surnom (nom attribué) ou un pseudonyme (nom choisi), ce qui n'empêche pas les doublons !

Le nom de famille : 2. sa transcription dans les registres (suite)Le plus ancien registre paroissial conservé en France ...
21/10/2024

Le nom de famille : 2. sa transcription dans les registres (suite)

Le plus ancien registre paroissial conservé en France est celui de la commune de Givry dans le département de Saône-et-Loire. Il couvre la période de 1334 à 1357, contenant les décès et, à partir de 1336, les mariages, et illustre à l'échelle d'un village les ravages de la Peste noire.
Le registre a fait l'objet d'une sérieuse restauration mais a été bien conservé, à peine quelques anciennes traces d'humidité et peu de dégâts causés par des insectes
Certes les indications y sont très succintes, chaque acte ne comportant que le prénom et le nom de l'individu intéressé.
Vous pouvez le consulter sur le site des archives départementales de Saône et Loire : https://www.archives71.fr/consulter/en-ligne
sous la côte GG 74, comprenant 87 pages de 1303 à 1357.
Quel miracle qu'un tel écrit se soit conservé jusqu'à notre époque !
Quel passionné de généalogie ne rêverait pas de connaître ses ancêtres de 1350 ! Mais accrochez vous, retroussez vos manches, il va vous falloir vous habituer à l'écriture de cette époque reculée.
Commencez par reconnaître les prénoms rédigés en latin bien sûr et parfois abrégés...

L'association vient de publier le bulletin du troisième trimestre 2024. Cette fois, c’est un hommage plus grave, plus ém...
17/10/2024

L'association vient de publier le bulletin du troisième trimestre 2024. Cette fois, c’est un hommage plus grave, plus ému qui est rendu à certains de ceux de notre région qui ont été victimes de la deuxième guerre mondiale 1939/45 dans des circonstances très différentes les unes des autres : débarquement à Omaha Beach, résistance en pays de Mormal, « simple » com-
battant, conducteur de char, victime du massacre d’Oradour, ou juif d’Amsterdam réfugié à Hautmont....

Jean LETANG tombé à Ouistreham
Paul Marcel BREGE tombé à Locquignol
Des victimes du massacre d'Oradour sur Glane :
Charles BLANDIN - Marguerite VILLATTE
Pierre VILLATTE - Isa GEYSENS
Charles BLANDIN (généalogie)
Le maquis des diables bleus de Mormal :
Alfred FAUQUEMBERGUE
Marcel CERISIER - Laurent NIOGRET
Robert LAURENT
André LORAIN
Les malheurs de Marie et de Salomon
Combat de l’Epinette Boussois
Armand BEUGNIES
Gilbert LANTHIER
Oscar DELCOURT
Victor LACROIX
Maurice WILLOT
Raimondo BORTULUS
Alfred DEGOUSSEE
Hommage à Marcel DUBOIS résistant dans l'Avesnois
Stèle des Résistants Maubeuge
Raymond BOUEDEC héros de la libération à Maubeuge
Maurice Albert SAUVAGE tombé dans un naufrage

Merci à nos rédacteurs :
ARENS Gilbert, BULTé Alain et DUFOUR Danièle

Le nom de famille  : 2. Sa transcription dans les registresUn peu d'histoire ...Au Moyen Âge, chaque personne n'est iden...
17/10/2024

Le nom de famille : 2. Sa transcription dans les registres
Un peu d'histoire ...
Au Moyen Âge, chaque personne n'est identifiée que par son prénom, précisé par celui du père ou un lieu de vie. Le nom de famille, en l'occurrence le patronyme, n'est stabilisé en France qu'entre le XIème et le XIIIème siècle.
C'est après le concile de Trente, qui définit les sept sacrements, que l'autorité religieuse systématise les registres paroissiaux, dans lesquels sont inscrits les baptêmes, les mariages et les sépultures. Ces actes précurseurs de l’état civil servent aussi de preuve dans les procès, raison pour laquelle les différents gouvernants les ont rendus obligatoires puis ont progressivement accru les mentions portées aux actes.
Le 20 août 1539, par l'ordonnance de Villers-Cotterêts, le roi François Ier impose la tenue d'un registre des baptêmes par les prêtres de toutes les paroisses du royaume. C'est l'acte de naissance de l'état civil en France. L'ordonnance de Blois signée en 1579 par Henri III officialise la tenue d'un registre des mariages et des sépultures.

En avril 1667, dans l'« ordonnance touchant réformation de la justice » (aussi dite « ordonnance de Saint-Germain-en-Laye » la tenue des registres en double est en principe rendue obligatoire, réduisant fortement la perte totale des informations pour cause de troubles, guerres, incendies ou dégradations par les rongeurs. L'un des exemplaires, dit « grosse » devra être conservé par le greffe du bailliage tandis que l'autre, la « minute », après avoir été paraphé, retournera entre les mains du curé desservant la paroisse. L'ordonnance avait pour but, entre autres, de substituer aux preuves par témoins devant les tribunaux royaux des preuves écrites, fondées sur les « registres ».
Pour pallier à la mauvaise application des précédentes décisions, Louis XIV par son édit d’octobre 1691 crée réellement les greffiers de l’état civil, chargés de gérer les archives en recevant une copie du registre paroissial chaque année. Ils sont par ailleurs habilités à délivrer des extraits des actes mentionnés dans ces registres.
Le 20 septembre 1792, l'Assemblée nationale attribue « aux Municipalités, le soin de recevoir et de conserver à l'avenir les actes destinés à constater les naissances, les mariages et les décès ». C'est la naissance de l'état civil laïc. Parallèlement, elle n'entend « ni innover ni nuire à la liberté que tous les citoyens sans distinction ont de consacrer les naissances, mariages et décès par les cérémonies du culte auquel ils sont attachés, et par intervention des ministres de ce culte » : les citoyens sont libres, après l'enregistrement d'une naissance, d'un mariage ou d'un décès, de pratiquer la cérémonie ou le rite religieux qu'ils désirent, ou de ne pratiquer aucun rite .
L'état civil se perfectionne en 1897 avec le report en marge (mention marginale) de l'acte de naissance des conditions du mariage ou divorce puis en 1922 avec l'introduction de la date et du lieu de naissance des parents dans les actes de naissance des enfants et, depuis 1945, les dates et lieux de décès et autres modifications de l'état civil sont retranscrits en tant que mention marginale de l'acte de naissance.

“Aucun citoyen ne pourra porter de nom ni de prénom autres que ceux exprimés dans son acte de naissance : ceux qui les auraient quitté sont tenus de les reprendre“. La loi était déjà claire dès la Révolution Française (loi du 6 fructidor an II), mais cela n’a pas empêché les erreurs de subsister…
Or, c’est surtout depuis le XIXe siècle et la fixation de cette règle que les erreurs sur les noms sont devenues vraiment gênantes pour leurs porteurs. En effet, l’apparition d’une administration toujours plus exigeante a créé de réelles difficultés par la mise en place, même inconsciente, de référence à un précédent document pour établir l’actuel.
Car, depuis cette époque et jusqu’à aujourd’hui, qu’est-ce qui fait qu’un nom est orthographié comme il l’est ? Uniquement le report d’une mention antérieure sur laquelle on prend exemple, plus encore que sur la seule parole de la personne concernée.
Et le report manuscrit de ce nom dépend du niveau d’alphabétisation du scribe, de sa disponibilité et de l’attention qu’il porte au document de référence, sans parler de la compréhension de ce qu’il lit sur le document précédent.
Evidemment, on n’évoque pas ici les cas ou le rédacteur n’a cure de vérifier ce qu’il inscrit et fait confiance à son oreille pour transcrire le nom que lui annonce la personne, cas encore très répandu tout au long du XIXe siècle.

Le nom de famille a donc ainsi "crapahuté" à travers le temps, passant de registre en registre, se stabilisant peu à peu selon le bon vouloir des transcripteurs et des lois qu'ils devaient respecter...
L'invention de la machine à écrire puis celle de l'ordinateur où chaque lettre doit être respectée, ont permis une plus grande lisibilité et nettement moins d'erreurs de copie.
Pas facile donc, et même jusqu'à une période toute récente (voir articles de journaux ci-dessous datés de 1913), les officiers de l'état civil ont maintes fois reçu de nouvelles recommandations pour éviter les erreurs.

Le nom de famille  : 1. Son orthographePourquoi l’orthographe des noms de famille change-t-elle ?Il y a des cas où les n...
03/10/2024

Le nom de famille : 1. Son orthographe

Pourquoi l’orthographe des noms de famille change-t-elle ?
Il y a des cas où les noms d'une même famille sont écrits de manière légèrement différente. Il n'est pas rare de trouver la même personne avec deux ou plusieurs orthographes différentes dans deux ou plusieurs documents différents.
Voici quelques explications ...

-->Le faible niveau d'alphabétisation a eu des conséquences sur les fautes d'orthographe des noms de famille :
Aujourd'hui, nous considérons l'alphabétisation comme une évidence, mais ce n'était pas le cas pendant la majeure partie de l'histoire de l'humanité. Dans certaines régions du monde, elle n'est toujours pas courante. Souvent, les seuls documents écrits mentionnant les noms de famille des personnes étaient rédigés par d'autres personnes : clercs, recenseurs, notaires, agents d'immigration, tribunaux, clergé ...
Dans de tels cas, la personne qui écrit le nom l'écrit comme elle l'entend. Cela donne lieu à des noms avec des orthographes différentes mais qui sont tous phonétiquement similaires. De tels changements sont particulièrement fréquents dans les dossiers d'immigration lorsqu'il existe des facteurs supplémentaires tels que des accents et des barrières linguistiques.

-->Une écriture difficile rend difficile le déchiffrement des noms de famille à partir des documents historiques
Il faut bien l'avouer, certaines personnes ont une écriture horrible. Quiconque a lu la transcription d'un document et l'a comparée à une image de l'original sait à quel point il est facile de confondre une lettre avec une autre. De nombreux documents sont également rédigés selon une méthode d'écriture archaïque appelée cursive. Il s'agit d'une façon absurde de relier plusieurs lettres entre elles, utilisée il y a des siècles et qui est presque indéchiffrable pour toute personne née après l'an 2000.

-->L'histoire des orthographes alternatives des noms de famille.
Il existe d'autres cas où une variation du nom de famille est radicalement différente du nom de famille d'origine. Ces changements peuvent souvent être attribués à :
1. L'assimilation culturelle (lorsque différents groupes de personnes ont essayé de s’adapter à la culture majoritaire qui les entourait.)
2. L'anglicisation d'un nom de famille étranger pour correspondre à l'alphabet romain.
3. L'existence de lettres muettes dans un nom qui étaient peut-être difficiles à comprendre pour les gens par le biais de la communication verbale.
4. La possibilité d'un choix personnel lorsqu'une personne ne souhaite pas être associée à sa lignée familiale. (Il existe de nombreux cas de personnes fuyant les ennuis, les obligations familiales, la loi, la mafia ou des voisins trop bavards, qui choisissent de changer complètement d’identité.
Les cas de personnes quittant leur famille pour fonder une nouvelle famille dans un nouvel endroit avec un nouveau nom peuvent être particulièrement difficiles pour les généalogistes, car les raisons de ces changements sont souvent obscurcies par le temps ou ne sont pas enregistrées.)

Les métiers de nos ancêtres : le sabotierEh oui bien avant les baskets en plastique venus du bout du monde, on se chauss...
25/09/2024

Les métiers de nos ancêtres : le sabotier

Eh oui bien avant les baskets en plastique venus du bout du monde, on se chaussait de sabots au quotidien, parfois bourrés de paille ou de vieux tissus pour garder la chaleur au mieux .

D'une manière générale, le sabotier travaillait dans les régions où il y avait des forêts et des bois ; C'est dire que, de tous temps, on a trouvé des sabotiers dans pratiquement toutes les régions de France. La difficulté de transport du bois obligeait le sabotier à s'installer aux abords de ces forêts, souvent avec toute sa famille, dans une hutte qu'il construisait sur place. Cet abri de bois, de paille et de genêts était tout juste assez grand pour contenir l'établi et l'outillage , un ou deux lits de fougéres et le matériel de cuisine. Pendant toute la semaine, les sabotiers travaillaient et dormaient en forêt. Ils rentraient le samedi chargés de nombreuses paires de sabots. Le lundi matin ils regagnaient la hutte, la musette pleine de provisions.
Les sabotiers amélioraient parfois leurs menus en braconnant. Certains soirs, ils dinaient plus vite que d'habitude : ils avaient encore de l'ouvrage. Ils allaient abattre un bouleau réservé par l'Administration des Eaux et Forets. Le lendemain matin ni vu ni connu. Plus de branches, plus de souche. Mais en cherchant bien on trouverait quelques paires de sabots > de plus que la veille.

Au XIXème siècle, lorsque l'usage du sabot se généralisa, chaque village eu besoin de son propre sabotier et celui-ci s'installa alors dans le village. Un ouvrier consommait alors cinq à six paires de sabots par an et l'ouvrage ne manquait pas. Le sabotier achetait son bois sur pied et le faisait transporter jusqu'à son échope.

Les sabotiers travaillaient souvent en équipe de 3 ouvriers.
Une fois les bûches débitées, l'ébaucheur ou équarisseur, dégrossissait à la hache une pièce de bois pour lui donner une forme primitive. L'herminette servait ensuite à dégager le talon.
Le pareur utilisait un paroir, sorte de lame tranchante de 80 cm, fixée à une extrémité entrait ensuite en action pour donner la forme extérieure définitive au sabot.
Le creuseur à l'aide de mèches, de cuillères et de gouges évidait l'intérieur du sabot. Le creusage s'amorçait à la tarière, sorte de vrille de 40 cm, puis se finissait à la cuiller. Cet outil tranchant, qui ressemble à une cuillère comme son nom l'indique, pouvait avoir plusieurs gabarits.
Le maître sabotier effectuait le travail sur la qualité du chaussant, apportant au sabot toute l'ergonomie et le confort requis pour le bien être du pied. Le boutoir et la ruine (ou rouanne) permettaient d'accéder au fond du sabot pour la finition.

Les fleuristes en sabot exécutaient des motifs décoratifs fleuris à l'intention des femmes qui les portaient le dimanche pour se rendre à l'église. Les finitions sont exécutées au racloir, avant de teindre au noir de fumée, au brou de noix ou plus t**d au vernis.
Avec le temps, le bridage apparaît, c'est la pose d'une bande de cuir en forme de croissant à l'avant du sabot, qui va apporter un meilleur confort à la marche.

La fabrication du sabot était un travail entièrement fait à la main et représentait une tâche pénible.

Vous voulez en savoir plus ? Rendez-vous donc au musée du sabot à Buironfosse dans l'Aisne.

Quelques petits souvenirs de la vie laborieuse d'un autre temps ...
17/09/2024

Quelques petits souvenirs de la vie laborieuse d'un autre temps ...

Adresse

Espace Victor Hugo Rue Jeanne D'Arc
Maubeuge
59600

Heures d'ouverture

10:00 - 17:00

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