09/11/2025
OSONS la Fraternité
Cette injonction n’est pas un simple vœu pieux. C’est tout un programme, tout un engagement auprès de celles et ceux qui fuit les guerres, les génocides, les dictatures que les pays occidentaux entretiennent et, à tout le moins tolèrent, au nom de la réalpolitique et surtout au nom d’intérêts économiques et stratégiques qui n’ont rien à voir avec le respect de la dignité des êtres humains.
Faut-il rappeler l’article premier de la déclaration universelle des droits de l’homme pour se redire que cette terre appartient à tout le monde ?*
C’est au nom de ces valeurs et du vivre ensemble que plusieurs associations et personnes se sont engagés auprès des exilés en France comme à Martigues.
A Martigues, depuis de nombreuses années, plusieurs associations sont engagées auprès des exilés (RESF, la LDH, l’ASTI, l’ACAT, les associations caritatives…) Mais face à la montée de extrêmes, aux discours xénophobes décomplexés, à l’instrumentalisation politique de la question des migrations et à l’absence de prise en charge institutionnelle de l’accompagnement des étrangers; il est devenu nécessaire de créer une structure pérenne pour l’aide juridique, administrative, médicale et psychologique des ces personnes.
C’est pourquoi, il y a déjà plus de cinq ans, l’association Maison de l’Hospitalité a été créée. Très rapidement nous avons fait le nécessaire pour être reconnu association d’intérêt général, pour être soutenu par la Fondation de France, la Fondation Riace et le site de financement participatif Les Petites Pierres. Jusqu’à présent la municipalité ne nous accorde aucune reconnaissance, aucune légitimité, par choix politique,
En plus de 5 ans nous avons reçu plus de 1000 personnes vivant sur notre territoire.
Il faut enfin rappeler ce paradoxe administratif typiquement français, dès lors qu’un exilé voit sa demande d’asile rejetée, il n’est plus pris en charge par aucune des structures et cette personne perd le droit d’être hébergée, ni être aidée financièrement. Mais ces personnes ont encore des droits à faire valoir et c’est là où nous intervenons. Grâce au travail des bénévoles, au suivi médical et psychologique, à l’intervention de nos avocats, nous avons obtenu des statuts de réfugiés, de protection subsidiaire, de carte de séjour pour le travail, les raisons médicales, les études etc… Toutes sortes de choses que les institutions en place n’ont pas obtenu faute d’avoir le temps, les moyens et la volonté d’instruire correctement les dossiers.
Cette action n’est pas un simple service, l’association n’est pas une simple association caritative. Il nous arrive souvent d’être traités de gentils humanitaires qui n’ont pas suffisamment de recul pour donner un sens politique à leur action !
L’association agit au cœur d’un des enjeux majeurs de l’époque, à savoir faire vivre la fraternité, faire l’expérience du vivre ensemble et fonder les relations sociales sur d’autres valeurs que l’argent. C’est agir pour ce qui compte et non pas sur ce qui se compte. Et cette perspective est éminemment politique. Il s’agit de mettre en place les moyens nécessaires et le savoir être pour créer un avenir désirable pour tous.
C’est un simple rappel que nous n’avons besoin d’un mandat pour prendre nos responsabilités. Réciproquement, nous attendons que celles et ceux qui ont un mandat prennent enfin leurs responsabilités, ce qui n’est pas toujours le cas ici comme ailleurs, notamment en matière d’accueil inconditionnel des tous les exilés quels qu’ils soient ;
C’est dans cet esprit que nous avons le privilège de recevoir Damien Carême, eurodéputé, fondateur et co-président de l’Association Nationale des Villes et Territoires Accueillants le 20 Novembre à20h00 salle Raoul Dufy.
Il parlera de la politique migratoire de l’union Européen et surtout de notre devoir de citoyen pour agir auprès des plus vulnérables.
J’aimerais terminer par ce petit extrait d’un pamphlet de Patrick BOUCHERON (Le temps qui reste »
« Il faut des utopies concrètes pour contrarier la catastrophe qu’on nous annonce. Rien de grandiose mais des forces de ténacité et d’imagination qui révèlent en nous une force et un courage qu’on ne soupçonnait pas. C’est déjà présent partout où l’on résiste pour ne pas se laisser engloutir par cette soumission à la catastrophe qui vient.
Ça commence patiemment, pas à pas, car c’est ainsi qu’on trompe la mort. Il est grand temps encore d’étonner la catastrophe afin de ne pas manquer au temps qui reste, comme le disait Victor Hugo. »
*Article Premier de la Déclaration Universelle des droits de l’Homme
Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.