Jalle Astronomie

Jalle Astronomie Réalisation de l'Observatoire situé à Martignas.

Club d'astronomie : observations célestes, ateliers et conférences liées à l'astronomie, interventions dans les écoles, CE, animations publiques : Nuit des étoiles, Fête du Soleil, etc.

ASTROPHOTOGRAPHIE DE LA SEMAINE (25)Nébuleuse IC 2872 / Gum 40, dans le CentaureIC 2872, aussi cataloguée Gum 40, est un...
15/06/2026

ASTROPHOTOGRAPHIE DE LA SEMAINE (25)

Nébuleuse IC 2872 / Gum 40, dans le Centaure

IC 2872, aussi cataloguée Gum 40, est une nébuleuse d’émission située dans la constellation australe du Centaure, à environ 6 500 années-lumière. Elle appartient au vaste environnement nébuleux de Lambda Centauri, riche en gaz, poussières et jeunes étoiles massives.

Sur cette image, IC 2872 montre une morphologie très reconnaissable : deux bulbes lumineux, deux poches de gaz ionisé séparées par des zones plus sombres et plus poussiéreuses. Ces lobes ne brillent pas par simple réflexion : le gaz émet sa propre lumière. Les photons ultraviolets produits par des étoiles chaudes du complexe ionisent l’hydrogène ; lorsque le gaz se recombine, il rayonne notamment en Hα, donnant cette signature rouge caractéristique des régions H II.

Les zones sombres qui découpent la nébuleuse sont probablement des bandes de poussière ou des condensations plus denses du nuage interstellaire. Elles masquent une partie de l’émission et donnent à IC 2872 son aspect à deux lobes, presque organique. Cette structure révèle l’action combinée du rayonnement ultraviolet, des vents stellaires et des contrastes de densité dans le gaz.

Moins célèbre que les grandes nébuleuses voisines du Centaure, IC 2872 est pourtant un bel exemple de région H II australe : une petite architecture de gaz chaud, de poussières sombres et de lumière émise par la matière elle-même.

Coté prise de vue, utilisation du télescope 500mm situé au Chili de Jean-Paul CALES dont le matériel est prêté à l'association Jalle Astronomie. Image réalisée par la team Jalle-Astro (Laurent Desbats, David Meynard et Frédéric Maillard), traitement par Laurent Desbats.
23x180s en R
23x180s en B
23x180s en V
123x300s en L
275X300s en Ha
soit 36h537' de poses
Traitement Pixinsight.

Jalle Astronomie vous convie, le samedi 20 juin 2026, à la Fête du Soleil, de 14h30 à 18h, face à l'observatoire. Des an...
12/06/2026

Jalle Astronomie vous convie, le samedi 20 juin 2026, à la Fête du Soleil, de 14h30 à 18h, face à l'observatoire. Des animations, observations de notre étoile vous seront proposées.

Le soir, dès 20h30 jusqu'à minuit, pour l'événement "On the Moon Again!", la Lune sera à l'honneur, avec des observations des différentes parties, cratères lunaires.

Soyez les bienvenus!

SM, pour Jalle Astronomie

Jalle Astronomie organise, vendredi 19 juin 2026, une conférence, animée par Pascal Duphil et Marie-Thérèse Pain, membre...
12/06/2026

Jalle Astronomie organise, vendredi 19 juin 2026, une conférence, animée par Pascal Duphil et Marie-Thérèse Pain, membres du Club.

Cette conférence permettra de revenir sur les phénomènes célestes et les récentes découvertes sur le Soleil lors des éclipses.

En effet, une éclipse totale du Soleil aura lieu le 12 août 2026.

Rendez-vous à la MGDD à Martignas, à 21h.
SM, pour Jalle Astronomie

ASTROPHOTOGRAPHIE DE LA SEMAINE (24)NGC 7635 : la Nébuleuse de la Bulle (Caldwell 11) par Alexandre SIGALAS, 27 mai 2026...
08/06/2026

ASTROPHOTOGRAPHIE DE LA SEMAINE (24)

NGC 7635 : la Nébuleuse de la Bulle (Caldwell 11) par Alexandre SIGALAS, 27 mai 2026

Dans Cassiopée, à environ 7 000–8 000 années-lumière, NGC 7635 montre une structure rare en ciel profond : une bulle quasi sphérique de gaz, d’environ 6 à 7 années-lumière de diamètre, comme une “coquille” soufflée dans le milieu interstellaire.

Sur notre image, la Bulle apparaît avec un éclat vert émeraude très marqué : cette teinte correspond à des zones de gaz fortement ionisé (souvent dominées par l’émission [O III]) et elle se concentre surtout d’un côté de la cavité. On a vraiment l’impression que la bulle est éclairée de l’intérieur, de façon asymétrique : c’est un indice visuel d’un environnement inhomogène, où la coquille se comprime et s’illumine davantage là où le gaz ambiant est plus dense — ou là où le front est le mieux “présenté” à notre ligne de visée.

À l’opposé, l’intérieur paraît rempli d’une nébulosité brun-rouge : c’est le mélange du gaz d’hydrogène en émission (Hα) et de poussières qui découpent le champ en voiles sombres, donnant ces tons ocre et bruns. On voit d’ailleurs que la dominante verte ne s’arrête pas à la coquille : elle teinte aussi l’extérieur du côté le plus excité, comme si la bulle diffusait son énergie dans la nébuleuse environnante.

Enfin, tout autour, NGC 7635 est encerclée par un vaste décor de nébulosités plus faibles, rouges/ocres, filamenteuses et sombres : la Bulle n’est pas un objet isolé, mais une structure locale spectaculaire au sein d’un complexe plus large de gaz et de poussière de la Voie lactée.

Paramètres de prise de vue (club) : 94EDPH + ASI2600MC Pro (gain 100, −10°C) — 111 × 120 s soit 3 h 42 min d’intégration totale.

APERCU CONFERENCE "LA CALIFORNIE, TERRE D'EXPLORATION SPATIALE", 29 mai 2026Pierre-Jean Mathias nous a fait visiter lors...
04/06/2026

APERCU CONFERENCE "LA CALIFORNIE, TERRE D'EXPLORATION SPATIALE", 29 mai 2026
Pierre-Jean Mathias nous a fait visiter lors d'un road trip les principaux observatoires de la CALIFORNIE. Lick, Mount Wilson, Mount Palomar, Big Bear lake, Griffith. Nous avons pu ainsi évoquer Ellery Hale, John Ho**er, Edwin Hubble, Henrietta Leavitt, Vera Rubin, et divers autres célèbres astronomes.
Nous avons aussi été fiers de voir que les verres des premiers grands télescopes avaient été produits par l'industrie française (St Gobain).
Une remarquable évocation de cette contrée qui fut à l'origine de tant de découvertes fondamentales qui ont grandement contribué au développement de l'astronomie dès le début du 20 ème siècle.
Jalle Astronomie remercie Pierre-Jean pour cette passionnante évocation ainsi que ses fidèles auditeurs présents en salle et en visioconférence.

Prochaine conférence Jalle Astronomie le vendredi 19 juin à 21h, uniquement en présentiel, salle MGDD à Martignas. Pascal DUPHIL et Marie-Thérèse PAIN nous parlerons des éclipses, en preparation de l'éclipse totale de soleil du 12 août prochain.
🤩 MVL

ASTROPHOTOGRAPHIE DE LA SEMAINE (23)La nébuleuse de la Lagune M8, par Michel Drogat, septembre 2012Constellation : Sagit...
01/06/2026

ASTROPHOTOGRAPHIE DE LA SEMAINE (23)

La nébuleuse de la Lagune M8, par Michel Drogat, septembre 2012

Constellation : Sagittaire (dans la Voie lactée estivale)

Type : grande région H II + pouponnière d’étoiles
Distance : de l’ordre de 4 000 à 5 000 années-lumière
Dimensions : environ 110 années-lumière ; sur le ciel, elle s’étend sur une taille apparente d’environ ~1° (plusieurs fois le diamètre de la Pleine Lune selon ce qu’on inclut : cœur brillant vs extensions faibles).

Caractéristiques majeures

* Une “lagune” sculptée dans le gaz : les bandes sombres qui coupent la nébuleuse sont de la poussière au premier plan, qui dessine le contraste et donne l’aspect de chenal/lagune.

* Éclairage par des étoiles très chaudes : le gaz brille parce qu’il est ionisé par des étoiles massives ; 9 Sagittarii (9 Sgr) est une source importante de rayonnement UV dans la région.

* Amas ouvert NGC 6530 : au cœur de M8 se trouve cet amas très jeune (≈ 2 millions d’années), riche en étoiles chaudes de type O et B, qui “allument” et structurent le nuage.

* La région du “Sablier” : une zone compacte et contrastée (Hourglass) autour de Herschel 36, considérée comme un site de formation stellaire active — là où le gaz est comprimé, chauffé, et où naissent de nouvelles étoiles.

Martignas, Septembre 2012
Constellation du Sagittaire, 5000 al, Magnitude 5
EOS 20d, défiltré + CLS/CCD, 55 poses de 1mn, 800 ISO
Lunette ORION 80 ETD de Jalle-Astro, réservée aux adhérents sans matériel

ASTROPHOTOGRAPHIE DE LA SEMAINE (22)M81 (NGC 3031), la Galaxie de Bode, par Alexandre SIGALAS, vendredi 15 mai 2026.Obje...
25/05/2026

ASTROPHOTOGRAPHIE DE LA SEMAINE (22)

M81 (NGC 3031), la Galaxie de Bode, par Alexandre SIGALAS, vendredi 15 mai 2026.

Objet : galaxie spirale “grand design” (SA(s)ab) dans la Grande Ourse
Distance : ~11,6 à 12 millions d’années-lumière (≈ 3,6–3,7 Mpc). 
Taille : disque d’environ ~90 000 années-lumière. 

Caractéristiques remarquables

* Spirale très lisible : M81 est une “vitrine” de galaxie spirale, avec bulbe jaune (population d’étoiles âgées) et bras spiraux plus bleutés où se trouvent amas ouverts et régions H II (formation d’étoiles).

* Interaction gravitationnelle : fait partie du groupe de M81 et a interagi avec M82 (et NGC 3077), ce qui a arraché de l’hydrogène neutre en filaments et ponts de marée — et a contribué à l’activité de formation stellaire de M82.

* Noyau actif faible : classée LINER, avec un noyau galactique modérément actif, intéressant pour l’étude de la structure interne d’une spirale proche. 

Infos “prise de vue”

* Caméra : ASI585MC (gain 50, -10°C)
* Optique : Newton Ideal 8” 200/900 + correcteur Maxfield 0,95× (focale effective ~855 mm, soit f/4,3).
Ce combo est particulièrement adapté pour sortir les faibles extensions (halo externe, IFN éventuelle autour du champ M81/M82) tout en gardant assez de focale pour détailler le bulbe et le début des bras.

12 heures d’exposition depuis Bordeaux centre avant que l’éclairage publique ne soit rallumé la nuit .
300X60s filtre LPS-P1 & 400X60s filtre GNB
camera ASI585mc gain 50 T°-10
correcteur Maxfield X0,95
Newton Ideal 8 200/900
Photo prise a Bordeaux centre
Les 19 et 20 mars 2026

EspaceScience: AU COEUR ETOILESEpisode 3 LES NEBULEUSES PLANETAIRESDans l’immensité glaciale de l’espace, tout commence ...
21/05/2026

EspaceScience: AU COEUR ETOILES
Episode 3 LES NEBULEUSES PLANETAIRES

Dans l’immensité glaciale de l’espace, tout commence par un nuage silencieux. Une brume cosmique immense, faite de gaz et de poussières, dérive lentement entre les étoiles. Puis, sous l’étreinte invisible de la gravité, ce nuage s’effondre peu à peu sur lui-même. En son centre, la matière se compacte, la température monte, la pression devient inimaginable. Alors, dans les profondeurs de ce chaos incandescent, une étoile naît.

Énorme sphère de feu et d’hydrogène, elle entre aussitôt dans un combat titanesque contre elle-même. Son propre poids cherche sans cesse à l’écraser, à la faire s’effondrer dans l’abîme. Mais au cœur de l’astre, un brasier thermonucléaire s’allume. Une fournaise prodigieuse où les atomes fusionnent dans des températures de plusieurs millions de degrés.

Pendant des milliards d’années, l’astre demeure ainsi dans un équilibre fragile et magnifique. D’un côté, la gravité, implacable, cherchant à comprimer l’étoile. De l’autre, la pression fantastique de la fusion nucléaire, repoussant sans cesse l’effondrement. Tant que le cœur brûle, tant que le carburant subsiste, l’étoile résiste.

Mais aucun soleil n’est éternel. Un jour, le cœur commence à s’épuiser. Lentement, l’hydrogène vient à manquer. Alors l’équilibre vacille. Le noyau se contracte, les températures explosent, et les couches externes de l’étoile se dilatent démesurément. L’astre entre dans l’ultime grande métamorphose de son existence : il devient une géante rouge.

Son diamètre enfle jusqu’à cent fois sa taille originelle. Sa surface palpite dans une instabilité grandissante. Son éclat rougit comme une braise cosmique mourante. Et lorsqu’arrivera la fin… l’étoile rejettera dans l’espace ses couches de gaz dans un dernier souffle d’une beauté irréelle. Des arabesques lumineuses apparaîtront alors dans la nuit : vastes voiles colorés, structures géométriques délicates, cathédrales de lumière suspendues dans le vide. Ce sont les nébuleuses planétaires, des tombeaux stellaires… mais aussi les jardins d’où renaîtront les étoiles du futur.

La grande majorité des étoiles qui peuplent notre galaxie sont des étoiles modestes. Des astres bien plus petits et plus discrets que les géantes bleues flamboyantes qui dessinent les grandes constellations du ciel. Notre Soleil appartient à cette immense famille d’étoiles ordinaires, représentant presque toute la population stellaire de la Voie lactée. Ces étoiles possèdent entre une et huit fois la masse du Soleil. Au-delà, leur destin bascule vers les supernovæ. Mais dans cette gamme de masses intermédiaires, les étoiles suivent une autre voie, plus lente, plus étrange… celle des nébuleuses planétaires.

Mais cette nouvelle fusion rend l’étoile profondément instable. Le cœur libère des pulsations d’énergie gigantesques. Les couches externes, devenues extrêmement diffuses, ne parviennent plus à retenir cette puissance intérieure. Lentement, l’étoile commence à se désagréger.

Contrairement aux supernovæ, il ne s’agit pas d’une explosion brutale. C’est une lente agonie cosmique. Les couches gazeuses sont progressivement soufflées vers l’espace, comme une respiration gigantesque. L’étoile enfle encore davantage, palpite, oscille, puis se volatilise peu à peu dans le vide interstellaire. Ce processus peut durer plusieurs dizaines de milliers d’années, parfois près de cent mille ans, avant que le nuage ne se disperse totalement dans la galaxie.

Alors apparaissent les nébuleuses planétaires. Des architectures de lumière suspendues dans le noir absolu. Des cathédrales cosmiques aux couleurs irréelles.

ES VIDEO COEUR ETOILES 3 NEBULEUSES PLANETAIRES FR 1Dans l’immensité glaciale de l’espace, tout commence par un nuage silencieux. Une brume cosmique immense,...

ASTROPHOTOGRAPHIE DE LA SEMAINE (21)Omega Centauri (NGC 5139 / Caldwell 80), le 9 mai 2026.Image réalisée par le team Ja...
18/05/2026

ASTROPHOTOGRAPHIE DE LA SEMAINE (21)

Omega Centauri (NGC 5139 / Caldwell 80), le 9 mai 2026.
Image réalisée par le team Jalle-Astro, avec le télescope 500mm situé au Chili de Jean-Paul CALES.

Carte d’identité

* Type : amas globulaire (l’un des joyaux absolus du ciel austral)
* Constellation : Centaurus
* Distance : ~17 000 années-lumière 
* Magnitude : ~3,7 (visible à l’œil nu sous un ciel sombre) 
* Taille apparente : ~36′ (presque la taille de la Pleine Lune) 
* Taille physique : ~150 années-lumière de diamètre (rayon ~86 a.l.) 

Le “monstre” des amas globulaires de la Voie lactée, avec une densité stellaire vertigineuse. Vers le centre, la foule d’étoiles devient tellement compacte que la résolution du cœur est un défi : la haute résolution et la stabilité d’un site d’exception font toute la différence.

Omega Centauri est le plus massif amas globulaire associé à notre Galaxie : on estime qu’il contient ~10 millions d’étoiles pour une masse totale d’environ ~4 millions de masses solaires. Au centre d’un amas globulaire comme ω Centauri, les étoiles sont beaucoup plus serrées que près du Soleil. La densité est de l’ordre de ~100 à 1000 étoiles par parsec³ dans les cœurs de globulaires. Cela correspond à une distance moyenne entre voisines d’environ : ~0,7 a.l. (~100 étoiles/pc³) à ~0,3 a.l. (~1000 étoiles/pc³). Autrement dit, quelques dixièmes d’année-lumière au centre (ordre de grandeur), et une valeur souvent citée pour les cœurs est ~0,33 a.l.

En comparaison avec notre voisinage solaire: Soleil → Proxima Centauri : 4 a.l. puis viennent Alpha Centauri A/B : ~4,3 a.l., puis Barnard : ~6 a.l. En moyenne locale, la densité stellaire près du Soleil est ~0,10 étoile/pc³, soit une séparation “typique” de plusieurs années-lumière. Si on compare la distance moyenne des étoiles au coeur de Omega Centuri de ~0,33 a.l. (cœur de globulaire) avec la distance de notre soleil avec Proxima qui est de 4,25 a.l., les étoiles au centre de l'amas sont ~10 à 15 fois plus proches qu’autour du Soleil (et parfois davantage selon la zone exacte). 

Contrairement à l’image classique d’un globulaire “simple”, ω Cen montre plusieurs populations stellaires (dispersion de métallicité, histoire chimique complexe). C’est l’une des raisons pour lesquelles il est souvent interprété comme le noyau résiduel d’une ancienne galaxie naine capturée et démantelée par la Voie lactée. 

Depuis nos latitudes, Omega Centauri est bas sur l’horizon (ou invisible selon la région), alors qu’au Chili il est haut dans le ciel → moins de turbulence, moins d’absorption, étoiles plus fines. 

À chercher sur l’image

* Le cœur très lumineux : densité maximale d’étoiles, aspect “poussière d’or”.
* Le gradient radial : du centre saturé en étoiles vers l’enveloppe périphérique plus diffuse.
* Les chaînes et vides apparents : effets de perspective et de densité, qui donnent ce relief si particulier à ω Cen.

Utilisation du télescope 500mm situé au Chili de Jean-Paul CALES dont le matériel est prêté à l'association Jalle Astronomie. Image réalisée par la team Jalle-Astro (Laurent Desbats, David Meynard et Frédéric Maillard) 4h28. Traitement Alexandre Sigalas.

ASTROPHOTOGRAPHIE DE LA SEMAINE (20)Cette image de la semaine montre le Soleil observé avec un instrument Sol’EX, un spe...
11/05/2026

ASTROPHOTOGRAPHIE DE LA SEMAINE (20)

Cette image de la semaine montre le Soleil observé avec un instrument Sol’EX, un spectrohéliographe amateur qui permet d’isoler très finement certaines longueurs d’onde. Images par DIDIER (et non pas Denis) Guilbert, le 11 mars 2026.

Sol’EX, pour "Solar Explorer", n’est pas un télescope solaire au sens classique. C’est un spectrohéliographe compact que l’on place derrière une petite lunette ou un télescope. Il ne donne pas une image directe du Soleil comme une lunette H-alpha : il analyse la lumière solaire par spectroscopie, puis reconstruit une image du Soleil à partir d’un balayage.

Sol’EX fonctionne comme un spectrographe à fente. La lumière du Soleil est d’abord formée en image au foyer d’une lunette. À cet endroit se trouve une fente très fine, typiquement de l’ordre de quelques microns. Cette fente ne laisse passer qu’une tranche très étroite de l’image solaire.

Ensuite, dans Sol’EX :
1. la lumière issue de la fente est rendue parallèle par un collimateur ;
2. elle arrive sur un réseau de diffraction, souvent un réseau de 2400 traits/mm ;
3. le réseau disperse la lumière en un spectre ;
4. une optique de caméra reforme ce spectre sur le capteur d’une caméra CMOS ;
5. on sélectionne ensuite informatiquement une longueur d’onde précise, par exemple H-alpha, Ca II K, sodium D, hélium D3, etc.

Pourquoi faut-il “scanner” le Soleil ? À un instant donné, Sol’EX ne voit pas tout le disque solaire. Il ne voit qu’une ligne, correspondant à la portion de l’image solaire qui passe par la fente. Pour obtenir une image complète, on fait défiler l’image du Soleil devant la fente. Ce balayage peut se faire de deux façons :

* soit en laissant le Soleil dériver naturellement si le suivi de la monture est arrêté ;
* soit en commandant lentement la monture pour faire passer le disque solaire plus rapidement devant la fente.

Pendant ce balayage, la caméra enregistre une vidéo rapide. Chaque image de la vidéo contient une tranche du Soleil dispersée en spectre. Le logiciel extrait, pour chaque tranche, la lumière à la longueur d’onde choisie, puis assemble toutes les tranches pour reconstruire une image solaire complète. Shelyak indique qu’un balayage naturel prend moins de trois minutes, tandis qu’un balayage motorisé peut prendre moins de 20 secondes.

Sol’EX isole une bande spectrale extrêmement étroite dans une raie donnée.

Par exemple :

* en H-alpha, autour de 656,3 nm, on voit la chromosphère, les filaments, les protubérances, les plages actives ;
* en Ca II K, vers 393,4 nm, on révèle d’autres structures chromosphériques, notamment les plages brillantes ;
* dans le continuum, on peut obtenir une image plus proche de la photosphère, avec les taches solaires ;
* en se plaçant légèrement à droite ou à gauche du centre d’une raie, on peut détecter des déplacements de matière par effet Doppler.

C’est l’un des grands intérêts de Sol’EX : il ne se limite pas à l’imagerie solaire esthétique. Il permet aussi de faire de la spectroscopie solaire quantitative, par exemple des dopplergrammes montrant des vitesses radiales dans l’atmosphère solaire. Shelyak souligne que la résolution spectrale de Sol’EX permet d’isoler une bande plus étroite que beaucoup de filtres commerciaux et même de mesurer des mouvements de surface par effet Doppler.

Différence avec une lunette H-alpha classique: Une lunette H-alpha utilise un filtre très étroit qui laisse passer directement une petite bande autour de H-alpha. On obtient alors une image en temps réel du disque solaire. Sol’EX est donc moins immédiat, mais beaucoup plus pédagogique et spectralement polyvalent.

La sécurité est essentielle. Sol’EX est utilisé derrière une optique pointée vers le Soleil ; il faut donc réduire fortement le flux avec un dispositif adapté, par exemple un filtre frontal ou un prisme de Herschel selon la configuration. Il est nécessaire d’ajouter un système de réduction du flux, car l’énergie solaire est très importante.

Le logiciel, souvent INTI, transforme la vidéo brute en image solaire. Il :

* repère la raie spectrale choisie ;
* extrait la colonne ou la bande correspondant à cette longueur d’onde ;
* corrige l’inclinaison ou la courbure des raies ;
* assemble les tranches successives ;
* corrige certaines déformations dues au balayage ;
* produit une image monochromatique du disque solaire.

Des utilisateurs décrivent le fichier brut comme une vidéo SER contenant une série de “tranches” du Soleil, ensuite combinées par le logiciel pour former l’image finale.

En résumé:

Sol’EX est un spectrohéliographe amateur de haute résolution. Il transforme une petite lunette en instrument de spectroscopie solaire. Il ne photographie pas directement tout le Soleil ; il observe une fente, disperse la lumière en spectre, puis reconstruit l’image complète par balayage.

Son intérêt majeur est qu’il permet d’observer le Soleil dans de nombreuses longueurs d’onde, avec une grande finesse spectrale, et pas seulement en H-alpha. C’est à la fois un instrument d’imagerie solaire, de spectroscopie, et un excellent outil pédagogique pour comprendre la physique du Soleil.

Le Soleil au Sol’EX — 11 mars 2026

Les quatre vues montrent différentes couches ou signatures de l’atmosphère solaire : H-alpha pour la chromosphère et les filaments, une version Doppler pour révéler les mouvements de matière, puis les raies du calcium Ca II H et Ca II K, sensibles aux plages actives et au réseau chromosphérique.

Le 11 mars 2026, le Soleil n’était pas calme : plusieurs groupes de taches étaient visibles. Spaceweather indiquait ce jour-là un nombre de taches de 71, avec des champs magnétiques globalement stables et seulement une faible activité éruptive. Le flux radio solaire à 10,7 cm était de 127 sfu, signe d’une activité encore soutenue.

Cette date se situe dans le cycle solaire 25, le cycle d’environ 11 ans actuellement en cours. Son maximum lissé a été atteint en octobre 2024 ; en mars 2026, nous sommes donc dans la phase descendante du cycle, mais encore proche du maximum, ce qui explique la richesse des détails visibles en H-alpha et en calcium.

À plus grande échelle, ce cycle de 11 ans n’est qu’une demi-période du cycle magnétique de Hale, d’environ 22 ans : à chaque cycle solaire, les polarités magnétiques des régions actives s’inversent, et il faut deux cycles de 11 ans pour retrouver la même configuration magnétique globale.

Traitement de l'image:
En Ha traitée, puis colorisée. Image doppler et enfin en Ca-K.

Adresse

6 Rue De La Marne
Martignas-sur-Jalle
33127

Téléphone

07 85 72 30 66

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