04/05/2026
Au Centre social chateau saint loup saint thys et dans les quartiers populaires de Château Saint-Loup et Saint-Thys (Marseille 10e), nous expérimentons la démocratie d’interpellation comme un outil de lutte. Issue des traditions de l’éducation populaire et des luttes des quartiers, cette démarche a été théorisée par des chercheur·e·s comme Hélène Balazard Julien Talpin, Simon Cottin-Marx‑Max Cottin, Antonio Delfini Antoine Gonthier et bien d’autres, mais elle vit surtout grâce à celles et ceux qui la portent au quotidien.
La démocratie d’interpellation, ce sont des formes de coopération conflictuelle assumées, construites par les premiers concernés et soutenues par différents collectifs locaux. On y travaille des problèmes concrets, avec des solutions immédiates, et surtout avec la volonté d’identifier et de confronter l’interlocuteur réellement responsable, qu’il s’agisse de la Métropole, de l’État, de la Ville de Marseille ou des bailleurs sociaux.
Jeunes, adultes, enfants, tous élaborent leurs propres alternatives, face aux institutions, dans une logique de pouvoir citoyen. C'est ce que nous avons vécu ce mercredi 29 avril.
Pendant trop longtemps, nos associations se sont imposé une neutralité naïve, presque coupable : celle qui désarme, qui attend la dernière minute pour mobiliser, qui laisse le terrain libre aux forces réactionnaires.
Or, les grands enjeux de 2027 se jouent dès aujourd’hui. Nous n’avons plus le luxe d’attendre.
Cette expérimentation de la démocratie d’interpellation n’est pas un simple projet : c’est le premier maillon d’une chaîne de résistance, une lutte organisée contre le fascisme, la haine et le rejet de l’autre.
Et c’est dans nos quartiers, avec nos habitant·e·s, que cette résistance commence.