07/10/2026
Résister, décoloniser, enraciner : le travail des Archives Bouanani
Touda Bouanani ouvrira une fenêtre sur l’histoire du cinéma marocain à travers les archives du cinéaste Ahmed Bouanani.
➜ Rencontre avec Touda Bouanani et Marie Pierre-Bouthier
Suivi d’une signature du livre de Marie Pierre-Bouthier Résister, décoloniser, enraciner. Cinéastes en quête d’un “nouveau regard” documentaire dans le Maroc indépendant (1956-2019)
➜ La discussion sera suivie de la projection de la version de Le Mirage (1979) d'Ahmed Bouanani, premier film restauré par le Centre du Cinéma Marocain.
L’appartement familial de Rabat, ravagé par un incendie en 2006, abritait des décennies de création : les films, les manuscrits, les costumes, les photographies d’Ahmed Bouanani, poète-cinéaste majeur du Maroc, de son épouse Naïma Saoudi et de leur fille Batoul. Face à la disparition, Touda Bouanani, artiste visuelle, a choisi la résistance. Depuis 2011, elle préside à la sauvegarde et à la valorisation de cet héritage, constitué en association Archives Bouanani en 2021. À ses côtés, Marie Pierre-Bouthier, historienne du cinéma et membre fondatrice du collectif, publie en 2026 Résister, décoloniser, enraciner. Son ouvrage analyse, à travers l’œuvre de Bouanani, les stratégies de contournement de la censure et la quête d’un regard documentaire décolonisé dans le Maroc post-indépendant. Leur dialogue incarne le passage d’une archive privée et menacée à un projet commun de réappropriation collective, où les gestes de la chercheuse et ceux de l’artiste se répondent pour décloisonner la mémoire.
Touda Bouanani (Touda Bouanani) est une artiste plasticienne et vidéaste pluridisciplinaire, gardienne à Casablanca des Archives Bouanani. Diplômée des Beaux-Arts de Bordeaux en 1993, elle inscrit son travail dans une recherche permanente de dialogue entre texte poétique et image. En 2021, elle fond l’association Archives Bouanani pour valoriser ce fonds, et lance avec Léa Morin et Maya Ouabadi le collectif Intilak, dédié à la réécriture féministe et décoloniale de l’histoire du cinéma.