13/10/2024
🦓 Une anecdote qui explique tant de choses que l'on observe sur le terrain. Des enfants qui s'intéressent, qui interrogent le savoir, qui comprennent vite et souhaitent aller plus loin, qui manient un vocabulaire précis ... et qui sont en décalage dans leur classe, avec les autres enfants, avec les enseignants ... C'est comme ça, exactement comme ça, qu'il faut comprendre et envisager les difficultés qu'ils pourront, parfois, souvent, trop souvent, rencontrer sur le terrain scolaire, jusqu'à, pour certains, décrocher vraiment ou même développer des "refus scolaires anxieux". S'ennuyer, ne pas être sur le même rythme, se sentir en décalage, scolairement mais aussi humainement, émotionnellement, psychologiquement,... avec des remarques visant à le "remettre à sa place" ... et l'élan d'enthousiasme, la curiosité, le plaisir de partager, de créer des liens, la confiance en particulier dans les adultes s'effondrent ... et les troubles peuvent apparaitrent ... C'est trop souvent, pas toujours bien évidemment, l'histoire de la vie de ces enfants.
Des enfants qui avaient beaucoup d'atouts pour aller bien et qui finalement ne vont plus bien du tout. Bien sûr, leurs ressources et leur intelligence, leur permettra le plus souvent, quand ils ont rencontré des chaos sur leur parcours, de rebondir à peu près et de passer leurs diplômes minimum, brevet et bac. C'est là qu'interviennent les études statistiques qui attestent de la réussite des HPI, oui, sur l'étape finale mais en oubliant tout le parcours et les dégâts psychologiques que certains auront subis. Pas tous, bien évidemment, pas tous. Je le répète car parfois les généralisations sont vite abusives et elles ne doivent l'être, ni dans un sens, ni dans l'autre.
Tiens, j'ai une autre anecdote. Je reçois Julien, 25 ans, diplômé d'une école d'ingénieur (donc sur le papier et pour les statistiques, tout va bien). Il a souffert à l'école, beaucoup souffert. D'incompréhension, d'inhibition, de solitude, de colère contenue. Premier jour d'école, la maitresse a écrit au tableau le jour et la date. Elle interroge les enfants, quel jour sommes-nous ? Aucun des enfants ne répond, personne ne sait lire, sauf Julien. Devant le silence des autres, il ne dira rien, lui sait déjà lire ... Il en déduira une règle : quand la maitresse pose une question on ne DOIT pas répondre ... et comprendra en CE2, que ... si les enfants n'avaient pas répondu en maternelle, c'est qu'ils ne savaient pas lire ... Ce qui, pour lui, n'était pas imaginable ... Piège de la pensée commune, qui est souvent un ennemi intime de ces enfants à haut potentiel qui ne savent pas que les autres ... ne comprennent pas, ne s'intéressent pas, ne questionnent pas, ... en tout cas pas comme lui ! Ce n'est pas un sentiment de supériorité, qui leur est totalement étranger, mais de la simple incompréhension. C'est l'histoire de leur vie, que nous, les professionnels, avons le devoir de connaitre 🌻
Cet exemple a été cité par une professionnelle pour illustrer les difficultés qu’ont les enfants à haut potentiel intellectuel (HPI) à s’intégrer dans le système scolaire