19/05/2026
La saison des festivals littéraires s'ouvre à peine...
Peut-être un petit tour à Grignan en juillet autour de la correspondance ?
FESTIVAL DE LA CORRESPONDANCE DE GRIGNAN - PROGRAMME.
Il est des anniversaires qui ne comptent pas les années, mais les battements du cœur. Trente ans déjà que Grignan écoute les voix se parler par missives et, selon une grâce discrète, ce trentième été rejoint les quatre cents ans de la marquise de Sévigné, qui veille sur ces lieux. À elle, à son amour maternel, à cette langue qui tremble et rit tout à la fois, nous avons voulu vouer l’esprit de cette édition.
Car la lettre n’est pas seulement confidence : elle est miroir. Miroir d’un temps, d’une société, d’une manière d’aimer, de juger, de vivre. Nous avons donc choisi d’explorer les grandes correspondances de l’humanité à la lumière de Sévigné : comme autant de traits saisis sur le vif, révélant les mœurs, les passions, les failles et les élans d’une époque.
Les anniversaires jalonneront ce parcours : hommage à André Malraux autour de Louise de Vilmorin, célébration de George Sand dans le dialogue vibrant qu’elle entretint avec Alexandre Dumas. Ces âmes continuent, par la lettre, de nous parler avec une étonnante proximité.
Une journée, cependant, fera exception par sa gravité : « Avoir trente ans avec Jean Zay ». Figure lumineuse du Front populaire, ministre de l’Éducation nationale, artisan d’une politique culturelle ambitieuse, assassiné par la Milice en 1944, il incarne une jeunesse interrompue et une République exigeante. Lecture spectacle le matin au château, projection en avant-première d’un grand documentaire, rencontre restitueront la force d’un destin trop tôt brisé.
Dès avant le Festival, deux silhouettes se lèveront du passé : madame de Sévigné et Ninon de Lenclos, convoquées dans un opéra-comique de 1808, Ninon chez Mme de Sévigné, de Henri Berton sur un livret d’Emmanuel Dupaty, comme si l’esprit français lui-même venait converser sous nos yeux. Et, le mardi, en ouverture, fidèle à une tradition désormais bien ancrée, une correspondance contemporaine écrite pour l’occasion : Éric-Emmanuel Schmitt et Nathan Devers, deux écrivains que trente ans séparent, mais réunis par le goût de penser, d’écrire — et de sourire.
Trente ans après sa naissance, le Festival n’a rien perdu de son désir premier : faire entendre, à travers les lettres, la musique intime du monde.
Grignan vous attend comme on attend une lettre aimée.
Éric-Emmanuel Schmitt
Retrouvez le programme du Festival : https://bit.ly/4diSZVL