11/06/2026
Ça commence où ça finit quand · Formes plastiques de la recherche
Dans le cadre du dispositifs Écumes
Du mardi 16 juin au mercredi 1er juillet 2026
Soirée de présentation · vendredi 19 juin à partir de 18h
Artistes
Clarisse Pillard, Marina Smorodinova, Élodie Rougeaux-Léaux, Célia Cassaï, Eugène Pereira Tamayo, Alexandre-Takuya Kato, Kiana Hubert-Low
Accompagnement curatorial : Laura Ben Hayoun-Stépanian et Laurent le Bourhis
Production : .mares
----
Une œuvre n’est pas seulement un objet, elle le précède et le prolonge. Réduire l’œuvre à sa forme achevée, à l’objet livrable, transportable, vendable c’est adopter le point de vue du marché. C’est une décision commerciale déguisée en évidence esthétique.
Une œuvre commence bien avant la forme et parce qu’elle est irrésolue et inachevée elle intègre une multitude de prolongements, bien après l’objet. Elle commence dans une image qui résiste, une question sans réponse, un document trouvé, une lecture qui déplace tout. Elle s’étend dans ce qu’elle engendre chez celleux qui la traversent, dans les œuvres qu’elle rend possibles, dans ses interprétations et dans le temps long de la pensée d’un.e artiste. Ce processus : la recherche, le doute, la combinaison, l’espoir, n’est pas l’antichambre de l’œuvre. Il est l’œuvre.
Ce qui sera présenté, ce sont des éléments de recherche. Pas des œuvres au sens convenu. Pas de nouveauté à consommer, pas d’actualité à valider. Personne ici ne répond à l’injonction de produire du neuf, car tout est déjà là. Tous ces éléments collectés, sélectionnés, traversés, disposés d’une manière singulière, scénographiée et accompagnée de médiations, donnent accès non pas à un résultat mais à une pensée en mouvement, riche, incertaine et sans limites.
L’artiste ne se place pas en surplomb : il partage ses bifurcations, ses incertitudes, ce qui l’a nourri et ce qui reste ouvert. Il nous guide sans être omniscient. Il ne s’agit plus de regarder une œuvre. Il s’agit de rejoindre quelqu’un en train de penser. C’est peut-être ça, la production pourrait changer de nom et adopter celui d’engendrement. Une pratique qui intègre du temps, de l’énergie, du sensible, du plaisir, de l’humain.