18/09/2026
Samedi 25 février 1989 — Le Méridional
TAXIS : DES COURSES À 4 VITESSES ?
Les professionnels marseillais tentent de convaincre les Pouvoirs publics de l’inadéquation du système tarifaire actuel. Un dialogue de sourds qui risque fort de se poursuivre sur le terrain, par des actions d’envergure
« Les taxis marseillais ont suffisamment attendu un geste de leur administration de tutelle. Puisque personne ne s’occupe de nous, demandons à tous nos adhérents, de prendre le tarif B comme seule base de paiement ».
Dans les couloirs réservés, entre les feux tricolores et les véhicules mal garés, les adhérents de l’Association régionale de défense des taxis et de l’usager (A.R.D.T.U.) sont pressés à l’action. Tout comme leurs confrères lyonnais, [illisible] [illisible] [illisible] taxi à [illisible] une [illisible] contribution fidèle à l’économie de leur profession.
« Il y a plusieurs années, explique-t-on parmi les professionnels, 30 à 40 % des courses prenaient un taxi. Aujourd’hui, ils sont 5 à 10 %. En quinze ans nous estimons nos pertes à près de 25 %. »
Principale cause avancée : une tarification extravagante, souvent dépassée, conçue par des « spécialistes » qui n’ont jamais vécu leurs compte des particularismes locaux. Et Marseille en est un. Dans le centre-ville, qui s’étouffe des qu’une automobile circule de travers, où la concentration des réseaux de transports retient largement à la demande, le découpage actuel en zones de circulation a aussi progressivement vu, semble-t-il, plus de raison d’être.
André Grégorian, le secrétaire fédéral de l’A.R.D.T.U. qui regroupe environ 300 adhérents à Marseille, explique le « ras-le-bol général ».
« La tarification en trois zones hyper-centre (A), banlieue (B) et extérieur (C) pénalise le client sur les plus longs trajets. C’est vite absurde. Dans la ville la plus étendue de France, où il existe trois plus une quatrième [illisible]. La logique voudrait l’application d’un prix fort pour les courses dans le centre et d’un tarif dégressif en banlieue ».
L’A.R.D.T.U. voudrait, en fait, que l’administration abandonne le principe des zones au profit d’une tarification à quatre degrés, selon que le [illisible] [illisible] [illisible] [illisible].
Pourtant, à la réunion ministérielle des [illisible] de la Ville de Marseille approuvaient le principe d’une telle revendication. Les exploitants pratiquent maintenant autour à [illisible].
« Nous essayons de pousser vers cette tarification, des mesures qui permettraient au chauffeur [illisible] [illisible] [illisible] [illisible] ».
La Fédération nationale des taxis indépendants (F.N.T.I.), pour la région P.A.C.A. C’est le tarif de [illisible] [illisible] qu’il faudrait donc [illisible].
Des propositions sont faites, chaque année afin d’actualiser d’un cumul des tarifs horaires et kilométriques. Au niveau national, il semble déjà acquis que le coût serait [illisible], basse taxe. Mais la direction de la concurrence et des prix, régulièrement [illisible] sur ce point, reste intransigeante quant à l’issue des négociations.
« Nous transmettons à Paris les revendications marseillaises, explique-t-on dans les services de la direction régionale. Mais le système des courses bouclées ou non-bouclées n’est pas réaliste dans une ville importante où les stations sont nombreuses puisqu’il s’agisse de la capitale de Lyon ou de Marseille. Au début de l’année, le prix de la course a été augmenté de 3,50 %, tandis que le T.V.A. sur l’essence baissait de 1,5 %. C’est un maximum. La solution tarifaire n’est pas la meilleure. Il faudrait envisager un équilibre [illisible] des villes et des taxis après un [illisible]. »
Au siège de l’A.R.D.T.U., les syndicalistes ne désarment pas et demandent alors que soit autorisée, même s’ils sont au bout de leur logique, en permettant aux taxis marseillais de bénéficier de tous les avantages du système des trois zones à égalité de traitement avec leurs collègues lyonnais et parisiens.
[illisible] impossible, répond l’administration. Un dispositif relève de l’échelon des collectivités locales de mettre en œuvre.
La bataille qu’à Lyon, depuis huit jours, les adhérents de la [illisible] pratiquent « en toute illégalité » le tarif B en [illisible] chez de nombreux [illisible]. L’initiative de [illisible] nationale risque fort d’essaimer, à son tour, quelques manifestations spectaculaires.
P.R.
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