10/10/2026
Dans le cadre de notre réflexion sur la philosophie du Shikomori — en abordant les concepts de Haki (justice) face à tsihaki (injustice), de Ndjema (le bien) face à Mbi (le mal), et de ce qui est mérité (ezastahiki) vs ezatsustahiki — nous allons approfondir ce soir deux affaires judiciaires majeures survenues récemment aux États-Unis et au Canada.
Notre objectif est de comprendre comment une certaine perspective peut nous amener à des conclusions divergentes sur la nature même de la justice.
Christina Pike est une Américaine de 50 ans incarcérée depuis trois décennies. Le 30 septembre 2026, dans l'État du Tennessee (États-Unis), elle devait être exécutée pour un meurtre commis trente ans plus tôt.
La procédure prévoyait l'administration d'une dose de poison par « injection létale », censée entraîner la mort en 10 à 20 minutes. Cependant, la tentative a échoué et elle a survécu.
Une seconde dose — préparée au cas où la première échouerait pour une raison quelconque — lui a alors été administrée, mais elle n'est pas décédée pour autant. La procédure a finalement été interrompue et elle a été transférée en urgence à l'hôpital.
Le mardi 6 octobre, elle était sous respirateur artificiel; les médecins sont parvenus à éliminer une partie du poison de son organisme, lui permettant de reprendre conscience et de parler.
C'est le premier cas au monde où une personne survit à l'injection de ce poison. Anesthésistes, criminologues, bourreaux, juges, avocats et psychologues se posent de nombreuses questions : qu'est-ce qui a mal tourné et quelle suite donner à cette exécution ratée?
Les questions qui nous intéressent ici sont les suivantes:
Doit-on tenter de l'exécuter une seconde fois? Normalement, une seule dose aurait dû suffire, mais elle en a reçu deux ; cela ne constitue-t-il pas une injustice à son égard ?
Elle aurait dû mourir dans les 10 à 20 minutes suivant le début de la procédure, mais elle a souffert pendant plus d'une semaine sans décéder.
Ne lui devons-nous pas quelque chose (en tant que public ou système judiciaire) ? Mérite-t-elle une réparation ? Ne devrions-nous pas, plutôt que de l'envoyer à l'hôpital, la laisser souffrir sur son lit de mort jusqu'à ce qu'elle rende l'âme, puisque notre objectif est de la tuer ?