14/06/2026
Alerte Info : Suite ...
🚱 EAU POTABLE DE MARGUERITTES : CE QUE L'HYDROGÉOLOGUE AVAIT DÉJÀ INTERDIT… ET QUI VIENT DE SE PRODUIRE
Vous vous souvenez de notre alerte : pendant une quinzaine de jours, des caravanes stationnées sur le secteur protégé de Peyrouse ont vidé leurs eaux usées directement sur le sol, juste au-dessus du captage qui alimente Marguerittes en eau potable. Le 13 juin, nous avons photographié 52 points de déversement, tous géolocalisés. 💧📍
Aujourd'hui, nous avons épluché le rapport officiel de l'hydrogéologue agréé de l'État (M. Reille, novembre 2010), le document qui sert à protéger ce captage. Et ce qu'il dit est édifiant. 👇
📜 1. Le rapport INTERDIT NOIR SUR BLANC le stationnement de caravanes ici.
Dans le périmètre de protection rapprochée du captage, l'hydrogéologue interdit explicitement « le camping, le stationnement de caravanes » (article 2.3). Ce qui s'est passé n'est donc pas une simple incivilité : c'est une activité formellement interdite pour protéger notre eau.
💧 2. La nappe est à seulement ~10 mètres sous le sol.
Le rapport décrit une fine couverture de limons d'« une épaisseur voisine de dix mètres » au-dessus de la nappe de la Vistrenque. Autrement dit, l'eau que nous buvons circule à une dizaine de mètres seulement sous l'endroit où les eaux usées ont été vidées.
⏱️ 3. Une pollution ici met théoriquement 50 jours pour atteindre le captage.
Pour tracer la zone à protéger, l'hydrogéologue retient une « isochrone de 50 jours » : le temps que met l'eau pour rejoindre le puits. Tout déversement dans cette zone est donc susceptible de finir dans le robinet.
⏳ Et ce n'est pas la première fois. C'est la DEUXIÈME année consécutive que des caravanes viennent stationner et déverser leurs eaux usées sur cette zone de captage. Entre les deux, RIEN n'a été fait par la mairie pour protéger l'accès et empêcher que cela se reproduise : ni fermeture des accès, ni dispositif, ni surveillance. Le problème était connu — il a simplement été laissé revenir.
⚠️ 4. Et surtout : cette protection naturelle ne filtre PAS les produits chimiques.
Le rapport est clair : les ~10 m de limons protègent « contre d'éventuelles pollutions bactériologiques », mais « il n'en irait pas de même pour une contamination chimique par des produits peu dégradables ». Or les eaux des caravanes apportent justement des détergents, du phosphore, et pour les WC chimiques, des biocides. Exactement ce contre quoi le sol ne protège pas.
🧮 Rappel de l'ampleur du rejet
Sur 15 jours, c'est l'équivalent de plusieurs dizaines d'« habitants » d'eaux usées — plusieurs kilos de matière organique et d'azote, des milliards de bactéries, déversés SANS aucun traitement, sur une nappe déjà fragilisée par les nitrates et les pesticides (le rapport relevait déjà des dépassements en pesticides).
✅ Ce que nous demandons ( à la Préfecture du Gard – DDTM, Nîmes Métropole et l'EPTB Vistre, ARS et mairie)
• un constat officiel et des analyses de l'eau sans délai
• le renforcement de la surveillance sanitaire du captage
• la remise en état des sols et la fermeture effective des accès
• la traduction COMPLÈTE des périmètres de protection du captage dans le futur PLU, comme l'imposent l'arrêté de DUP et le rapport de l'hydrogéologue.
👉 En résumé : l'État avait identifié le risque et interdit précisément cette pratique dès 2010. Quinze ans plus t**d, elle s'est produite, au-dessus de l'eau que boivent les Marguerittois. L'eau potable est un bien commun. Protégeons-la. 💧
Comité Mas Praden
(Photos du constat et carte des 52 points ci-dessous 📸) version cartographie /+ photo en commentaire