04/04/2026
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Merci à Daniele Langloy, présidente d'Autisme France pour ce texte clair et précis sur la situation en France.
Les associations pointent les insuffisances de la politique française autour de l'autisme
Pour les associations, la prise en charge de l'autisme en France est structurellement insuffisante. Elles réclament un plan autisme qui ne se dilue pas dans les TND, un accompagnement éducatif pour tous les enfants et des solutions pour les adultes.
Par Emmanuelle Deleplace
En cette journée mondiale de sensibilisation à l'autisme, Autisme France réclame clairement un quatrième plan spécifiquement dédié à l'autisme basé sur cinq urgences : assurer le diagnostic, scolariser, répondre aux besoins des adultes, en particulier ceux qui sont les plus dépendants, soutenir les aidants et exiger la qualité des formations et des interventions. D'après Danièle Langloys, sa présidente, les bases d'une politique publique sur l'autisme n'existeront pas "tant que les recommandations de bonnes pratiques de la Haute Autorité de santé (HAS) ne seront pas opposables" dans tous les établissements susceptibles d'accueillir un public autiste mais également dans toutes les formations initiales et continues.
Autisme France demande également l'augmentation du numerus clausus des orthophonistes et la valorisation de leurs séances pour les enfants autistes ainsi que la formation massive de tous les professionnels à l'utilisation de la communication alternative et augmentée. Les interventions précoces fortement encouragées par la HAS sont encore trop peu développées. L'association souhaite que des services d'éducation spéciale et de soins à domicile (Sessad) d'intervention précoce soient développés sur tout le territoire, que les dispositifs de scolarisation adaptés soient déployés en nombre suffisant et que l'Éducation nationale recrute elle-même des professionnels de rééducation : orthophonistes, psychologues, éducateurs, psychomotriciens, ergothérapeutes…
Lesystème français est jugé "profondément défaillant" par Vaincre l'autisme et "structurellement insuffisant" par AFG autisme. Vaincre l'autisme regrette que "dans de nombreux territoires, les enfants soient encore orientés vers des structures qui ne répondent pas à leurs besoins développementaux, compromettant durablement leurs chances d’autonomie". Elle demande l'ouverture d’une commission d'enquête parlementaire sur l'utilisation des financements publics consacrés à l'autisme, la réalisation d'un audit national indépendant des pratiques en psychiatrie et dans le médico-social et la mise en place d'une évaluation transparente des résultats des dispositifs financés.
Adultes, les grands oubliés
Tout comme Autisme France qui parle d'un "quasi-abandon", AFG autisme demande "un plan massif de création de solutions pour les adultes autistes, aujourd'hui les grands oubliés des politiques publiques". Autisme France détaille les besoins : ouvrir massivement pour les adultes autistes avec des troubles sévères des lieux de vie qui correspondent à leurs besoins, développer les dispositifs de logement et d'emploi accompagné, soutenir les établissements et services d'accompagnement par le travail et groupes d'entraide mutuelle autisme "en les finançant correctement".
AFG autisme estime, qu'à ce jour, seuls 20% des enfants et 3% des adultes autistes bénéficient d'un accompagnement adapté. Si l'association partage l'ambition de la transformation de l'offre et s'engage pour une meilleure articulation entre le secteur médico-social et le milieu ordinaire, elle alerte sur un risque de dilution de l'autisme dans des approches globales des troubles du neurodéveloppement, des incertitudes sur les moyens humains et financiers de la transformation, une complexification du système, pouvant nuire à sa lisibilité pour les familles et les professionnels et un risque de rupture dans les parcours pendant les phases de transition.
Bien à vous.
Danièle Langloys