17/05/2026
Témoignage de Nathalie sur le congrès de Strasbourg: "
En quoi mon regard sur la mort a changé pendant ce congrès ?
Comme 280 bénévoles venus des quatre coins de la France, Françoise, Pascal et Nathalie, de l’association Présence Jalmalv Mâcon, ont participé au congrès national de la Fédération JALMALV à Strasbourg.
Pendant 3 jours, du 8 au 10 mai 2026, intervenants et bénévoles ont réfléchi, échangé, cheminé, à propos de Mourir… et après ? Envisager la mort sans tabou. Un sujet universel qui interroge les représentations, les pratiques, et qui nourrit le cœur du bénévolat d’accompagnement de fin de vie : écouter, soutenir les personnes vulnérables (malades, âgées, endeuillées).
« Votre présence ici est bien plus qu’une participation, reconnaît le Dr Anna Simon, Présidente Jalmalv Strasbourg, à qui revient l’ouverture du congrès. Elle est le signe vivant d’une communauté engagée, attentive et profondément humaine. […] Être bénévole d’accompagnement, c’est accepter d’entrer dans une relation où les mots comptent, parfois moins que la qualité du silence, c’est savoir être là, simplement, auprès de celles et ceux qui traversent l’ultime étape de leur existence. »
JALMALV, qui veut dire Jusqu’À La Mort Accompagner La Vie, est un mouvement associatif sans appartenance confessionnelle, politique ou philosophique. « Depuis sa création en 1983 à Grenoble, précise Mme Christelle Sturtz-Froelicher, Adjointe à la Maire de Strasbourg, le mouvement n’a cessé de rappeler une chose essentielle : accompagner une personne jusqu’au bout de sa vie, c’est encore prendre soin d’elle. C’est reconnaître sa dignité. C’est refuser que la fin de vie soit synonyme d’abandon. Aujourd’hui, votre fédération rassemble 70 associations, partout en France, 4400 adhérents, près de 1850 bénévoles actifs. Ce sont près de 285 000 heures de bénévolat chaque année. Un engagement humain immense, un engagement discret souvent, mais indispensable. Nous devons collectivement réapprendre à parler de la mort pour mieux accompagner la vie. »
« Ces chiffres sont impressionnants, précisent le Dr Raphaël Alluin, Conseiller médical SP, ARS-Grand Est, à distance, mais ils ne disent pas tout. Ils ne disent pas la qualité d’une présence silencieuse. Ils ne disent pas l’attention portée à un regard, à une respiration, à une parole parfois rare. Votre action n’est pas une substitution aux soignants, ni aux familles, ni aux proches. Elle est une présence complémentaire. […] Des associations le constatent, déplore le Docteur, avant de remercier les bénévoles pour leur présence auprès des personnes vulnérables, il est parfois difficile de susciter de nouveaux engagements, en particulier dans le domaine des soins palliatifs. S’engager auprès de personnes en fin de vie demande du temps, de la disponibilité intérieure, une formation, une capacité à écouter sans vouloir réparer, une capacité à être là sans chercher à maîtriser. Ce n’est pas un bénévolat ordinaire mais un bénévolat exigeant. C’est aussi un bénévolat profondément porteur de sens. Il nous revient collectivement de mieux le faire connaître, de mieux l’expliquer, de mieux le soutenir. […] Votre congrès est aussi un mouvement de transmission, confie le Dr Alluin. Il doit permettre de renforcer les liens entre associations, d’échanger les pratiques, de partager les difficultés, mais aussi de donner envie à d’autres de rejoindre ce mouvement. » Et à Olivier de Margerie, Président Fédération Jalmalv de conclure le Discours d’ouverture : « Dans cette salle complètement pleine, c’est peut-être en écoutant tout ce qui va se dire et en réfléchissant, en pensant que vous allez retrouver les autres bénévoles demain, que ça va être la façon la plus active d’être là. »
Les intervenants nous ont aidés à réfléchir, oui. Le regard du philosophe Reza Moghaddassi, professeur agrégé, conférencier et auteur, Ce que mourir enseigne aux vivants, le regard des soignants, d’une sociologue et d’une psychologue mais aussi d’une historienne de l’art ainsi qu’un atelier participatif sur « mon rapport à ma mort », tout a été nourrissant, questionnant et profondément reconnaissant.
En quoi mon regard sur la mort a changé pendant ce congrès ? C’est une œuvre collective, un humble chef-d’œuvre, qui a clôturé la rencontre nationale le dimanche. Des mots pour le dire échangés en petits groupe, des mots murmurés au micro, notés sur une feuille, elle-même placée sur cet arbre, le chef-d’œuvre du congrès : « réconciliation », « perpétuation », « présence » …
Merci à l’association Jalmalv Strasbourg pour son accueil gourmand, prévenant et particulièrement chaleureux. Nous avons été très touchés par toute cette humanité partagée, heureux de rencontrer de nombreux autres bénévoles, dont ceux de l’association Jalmalv Creusot avec qui nous espérons partager d’autre moments prochainement