11/06/2026
Nos organisations syndicales de la culture, de l'éducation et du secteur associatif appellent à se mobiliser le 25 juin devant l'Hôtel de Région :
La Région Auvergne Rhône-Alpes doit cesser de jouer avec nos vies et notre argent !
Depuis l'arrivée de l'équipe de Laurent Wauquiez en 2014, la Région Auvergne-Rhône-Alpes ne cesse de s'enfoncer dans l'autoritarisme en instrumentalisant l'argent public à des fins idéologiques. Dans tous les secteurs le chantage à la subvention devient la règle : pour toucher de l'argent de la Région, il faut faire allégeance à l'exécutif régional et ne pas promouvoir des idées trop progressistes. En somme pour survivre, être "Wauquiste" et non "wokiste".
Malgré quelques décisions de justice qui ont rétabli dans leur droit des organisations privées du versement d'une subvention (pourtant votée !), c'est une forme presque assumée de censure qui s'installe, réprimant la liberté d'expression, d'opinion et de création au service d'une idéologique réactionnaire. La Région Auvergne-Rhône-Alpes se fait le laboratoire de l'extrême droite.
Dans le secteur culturel, alors que le budget dédiée aux activités artistiques ne cesse de baisser depuis 2021 (de 8% entre 2024 et 2026), alors que les coupes budgétaires ciblent directement les opposants assumés à la région (le Théâtre Nouvelle Génération pour les positions de son directeur), ceux qui mettent en avant l'antifascisme (CCO de Villeurbanne) ou tout simplement ceux qui sont sur le mauvais territoire (métropoles "de gauche"), les structures subissent des délais de traitement de leurs dossiers totalement incompatible avec l'organisation de leur activité. Au mois de mai, les producteurs de spectacle ne savaient pas encore sur quel budget ils pouvaient compter pour l'année 2026 ! Parallèlement la région arrose d'argent public des projets réactionnaires comme le spectacle Raconte-moi la France (dont la création a été un fiasco total) ou "Murmures de la Cité" de Pierre-Edouard Stérin...
Dans l'enseignement supérieur, la Région n'hésite pas à prendre en otage les universités publiques, en particulier celles de sciences sociales. L'Université Lumière Lyon 2 en fait aujourd'hui les frais : la Région refuse de verser près de 10 millions d'euros de factures pourtant dues dans le cadre du Contrat de plan État-Région, bloquant ainsi la construction de « La Ruche », futur bâtiment universitaire du campus de Bron — un engagement contractuel de 19 millions d'euros qui se transforme en instrument de pression politique. Ce sont les étudiant·es et les personnels qui en paient le prix : des conditions de vie et d'étude qui se dégradent, des formations qui s'affaiblissent, et un avenir universitaire que la région fragilise délibérément sur l'autel de ses obsessions idéologiques. Car pendant que l'université publique est muselée, la Région arrose généreusement les établissements privés : l'austérité pour les uns, les faveurs pour les autres. Un choix qui n'a rien d'économique — c'est un choix politique, celui de casser le service public d'enseignement supérieur au profit d'une éducation réservée à ceux qui peuvent se la payer. Ce n'est pas un oubli administratif, c'est un choix assumé : asphyxier la pensée critique, pénaliser les sciences sociales, et faire plier ceux qui refusent de s'aligner.
Dans les lycées, pour lesquels La Région a la responsabilité du bâti, Wauquiez et consorts préfèrent gaver le privé de millions d'euros de subventions publiques facultatives plutôt que de financer les nécessaires travaux de désamiantage et de rénovation des lycées publics.
Alors que la Région est cheffe de file de la politique jeunesse, elle préfère lui faire la guerre et refuse d'assumer sa compétence dans ce domaine (suppression des financements aux associations de jeunesse et d’Éducation populaire, sous-dotation du CROUS, investissement uniquement sécuritaires dans les lycées).
Au niveau écologie, c'est simple: elle a délégué la gestion de la biodiversité aux associations de chasse et de pêche, tout en étouffant les associations à vocation écologiste comme France Nature Environnement.
Quant aux questions de santé ou de prévention, la Région n'apporte aucun soutien au maintien des actions de l'association historique du Planning Familial et préfère favoriser l'implantation dans la Loire de l'association anti-féministe FAMILYA financée par Pierre-Edouard Stérin
La politique de Wauquiez, c'est la destruction lente et douloureuse des emplois associatifs sur la Région mais aussi d'un modèle de société féministe, écologique et solidaire.
Il est de notre devoir de nous soulever contre la culture de la peur imposée par la Région Auvergne-Rhône-Alpes, et contre la dérive fascisante de Wauquiez, Pannecoucke et leurs équipes.
C'est pourquoi nos organisations appellent à la grève le jeudi 25 juin et à se rassembler à 12h devant l'Hôtel de Région.