02/03/2023
Plus de 40 femmes travaillant à Gerland se sont réunies en assemblée générale, ceci est leur communiqué :
Nous sommes les travailleuses du sexe du stade de Gerland. Nous sommes comme vous des femmes, des mères et des
filles. Nous aussi nous travaillons dans des conditions pénibles et luttons pour soutenir nos familles, nous aussi nous
sommes parents.
Nous venons de pays pauvres où l’éducation et la santé ne sont pas gratuites. Par notre travail ici nous payons là-bas les
études, les soins, les médicaments, le loyer et la nourriture de nos enfants et de nos parents. Par notre travail ici nous
espérons pouvoir un jour payer notre propre retraite. Nous empêcher de travailler c’est nous condamner à la misère.
Nous sommes mises en danger par les journalistes. Ils viennent nous prendre en photo et en vidéo sans demander notre
accord, et font circuler les images sur les réseaux sociaux où nous pouvons être reconnues, harcelées, menacées, faire l’objet
de chantage ou reniées par la famille. Nous ne voulons pas que nos familles et nos enfants nous reconnaissent et prennent
connaissance de notre travail. Parfois même des drones circulent et nous surveillent.
Il n’y a pas “une centaine de camionnettes” et donc de travailleuses comme le disent les journaux. Certaines d’entre-nous
travaillent le jour, d’autres travaillent de nuit. Les femmes travaillant la nuit ne sont pas visibles des enfants. Quand il y a
beaucoup d'enfants au stade, la plupart des femmes couvrent leurs vitres pour ne pas être visibles. Si nous laissons nos
camionnettes vides dans la rue du stade de Gerland, même en dehors de nos horaires de travail, c’est parce que lorsque nous
nous garons ailleurs nos camionnettes sont enlevées par la fourrière.
Nous sommes opprimées par la police. Les policiers montent dans nos camionnettes pour sortir nos clients, ils leur mettent
des amendes. Ils bloquent la circulation, nous harcèlent verbalement, et nous empêchent de travailler.
Nous sommes attaquées par des adolescents. Ils viennent après minuit en groupe, nous demandent des prestations alors
qu’ils sont mineurs, ils nous insultent, nous crachent dessus, nous jettent des bouteilles vides de protoxyde d’azote et brisent
nos vitres.
NOUS DEMANDONS
Que les journalistes cessent de nous prendre en photo
et en vidéo.
Que cesse le survole de drones sur la zone
Que cessent les pressions et le harcèlement policier
Que soient installées des douches et des toilettes
publiques près de notre lieu de travail et davantage de
poubelles.
Une retraite pour toutes afin de pouvoir vieillir
dignement.
NOUS PROPOSONS
Nous sommes disposées à payer les impôts sur le revenu si
cessent les harcèlements- et qu’on cesse de nous empêcher
de travailler en attaquant nos clients.
Nous sommes disposées à collaborer concernant les horaires
et les jours pour que les enfants ne soient pas affectés par
notre présence.
Nous sommes disposées à faire une réunion avec la police.
Nous nous tenons pleinement à disposition pour que notre
travail n'affecte pas vos vies quotidiennes.
Nous invitons "le collectif des parents" à nous rencontrer lors d'une réunion.
contact : [email protected]