06/09/2026
❌ Ça ne l’a pas fait…
Bon… il faut bien le dire : hier, ma traversée n’a pas fonctionné.
Et évidemment, je suis extrêmement déçu. Vous vous en doutez.
Pourtant, sur le papier, beaucoup de voyants étaient au vert. Les conditions météo étaient plutôt correctes, avec environ 60 cm de houle annoncée. Ce n’était pas les conditions parfaites, mais c’était largement envisageable.
Et malgré ça… ça n’a pas marché.
Ce matin, j’essaie donc de prendre un peu de recul et surtout de comprendre ce qui s’est passé.
Et je pense avoir identifié une grosse partie du problème.
🍽️ L’alimentation
J’ai fait une erreur que beaucoup de sportifs d’endurance ont probablement déjà connue : j’ai voulu changer une habitude qui fonctionnait.
Je ne mange pratiquement jamais le matin. Mon petit-déjeuner habituel, c’est très simple : un café… et une clope. 😅
Mais hier, avec l’importance du défi, je me suis dit qu’il fallait mettre toutes les chances de mon côté. Je ne voulais surtout pas partir « à crédit » énergétiquement. Alors je me suis forcé à manger avant le départ.
Sur le papier, ça semblait être une bonne idée.
Sauf que mon organisme n’avait pas l’habitude.
Et derrière, avec les gels énergétiques que j’utilise habituellement assez peu, l’eau de mer avalée régulièrement, quelques bouillons provoqués par le passage de bateaux de pêche — qui, je précise, n’y sont absolument pour rien — et la nage sur le dos…
mon estomac a fini par dire stop.
Très rapidement, je me suis retrouvé avec des renvois, des difficultés à reprendre correctement ma respiration, puis une énorme sensation de mal de mer.
Imaginez nager sur le dos pendant plusieurs heures avec une envie permanente de vomir… 😅
Pas franchement le meilleur environnement pour performer.
Mais le problème avait commencé bien avant.
Dès la première heure, je sentais que quelque chose n’allait pas.
Je n’étais pas spécialement en difficulté physiquement, mais je n’avançais pas.
Au bout d’une heure, j’avais parcouru seulement 1,1 km, alors que, sur ce type de rythme, j’aurais normalement dû être nettement plus loin.
Et là, forcément, je me suis dit :
« Qu’est-ce qui se passe ? »
Au bout de trois heures, j’étais aux alentours de 3,2 km.
Et là, forcément, la tête commence à cogiter.
« Pourquoi je n’avance pas ? Pourquoi je suis aussi lent ? Qu’est-ce qui est en train de se passer ? »
La marée montante et le courant contre moi n’ont évidemment pas aidé.
J’avais fait le choix de prendre le courant de face dès le départ plutôt que de devoir le subir plus t**d, en pensant que mon niveau d’énergie me permettrait de compenser.
Mais ça n’a pas fonctionné.
Puis le mal de mer s’est installé pour de bon.
À un moment, je n’arrivais quasiment plus à m’alimenter, à boire correctement ou à reprendre mon souffle sans avoir des renvois.
Et lorsque les vomissements sont arrivés, j’ai compris.
Il fallait arrêter.
Même si j’avais réussi à repartir, le ret**d accumulé était devenu beaucoup trop important.
À la vitesse à laquelle j’avançais, je serais arrivé aux Portes-en-Ré bien trop t**d pour pouvoir respecter le programme prévu et repartir ensuite dans de bonnes conditions.
Alors il a fallu être réaliste.
Et ça, ce n’est jamais facile.
Je ne vais pas chercher d’excuses.
Ce n’est pas la faute de l’océan.
Ce n’est pas la faute de la météo.
Ce n’est pas la faute des bateaux.
Ce n’est pas la faute du courant.
L’erreur, elle vient de moi.
J’ai tellement voulu réussir ce défi que j’ai voulu mettre toutes les chances de mon côté.
Et paradoxalement, c’est peut-être justement ça qui m’a fait perdre.
J’ai changé mes habitudes alimentaires au dernier moment.
J’ai voulu faire « mieux ».
Et en endurance, on le sait : quand quelque chose fonctionne, le jour J n’est probablement pas le meilleur moment pour tout révolutionner.
C’est une leçon que je vais garder.
Parce qu’au final, je pense que ce n’est pas une seule grosse erreur qui a fait échouer cette traversée.
C’est une succession de petits détails.
L’alimentation.
Le courant.
La vitesse qui n’était pas celle prévue.
Les questions qui commencent à tourner dans la tête.
L’eau avalée.
L’estomac qui se dérègle.
Puis le corps qui ne suit plus.
Et à partir d’un certain moment, tout s’enchaîne.
⸻
🌙 Mais malgré tout… quelle expérience !
Parce que oui, je suis déçu.
Très déçu.
Mais je ne veux surtout pas que cet échec fasse oublier une chose : j’ai quand même vécu des moments complètement fous.
Et il y en a un que je vais garder très longtemps en mémoire :
La nage de nuit.
Putain… quelle sensation !
Nager en pleine mer, sur le dos, en pleine nuit, sans quasiment aucun repère visuel…
C’est extrêmement perturbant.
Je nage sur le dos, donc je n’ai déjà naturellement pas les mêmes repères qu’un nageur qui nage sur le ventre.
Mais là, il n’y avait plus rien.
Pas de côte.
Pas de lumière.
Pas de repère visuel autour de moi.
Et comme le ciel était couvert, même les étoiles ne pouvaient pas me servir de repère.
Juste… le noir.
Pendant que je nageais, je savais que mes accompagnateurs étaient là, qu’ils me guidaient et qu’ils veillaient sur moi.
Et heureusement que j’avais une confiance totale en eux, parce que sinon, je peux vous dire que je me serais quand même un petit peu fait dessus… comme on dit dans le jargon ! 😂
Mais cette sensation…
Nager dans le noir et voir progressivement le jour se lever à côté de soi…
C’est juste complètement dingue.
Passer de la nuit au lever du jour, en pleine mer, avec uniquement le ciel qui change progressivement au-dessus de soi…
Franchement, même si la traversée s’est arrêtée beaucoup trop tôt, ce moment-là, je ne l’oublierai pas.
Et je pense que les images du vidéaste vont être assez incroyables.
🎥 Je vous sortirai tout ça dans la semaine, parce que je pense qu’on a quelques très belles images à vous montrer.
Et si un jour vous avez l’occasion de vivre une nage de nuit en mer, dans de bonnes conditions et avec un encadrement sérieux, franchement…
faites-le.
La sensation de nager avec la nuit qui disparaît et le jour qui se lève autour de vous…
C’est un truc de malade mental.
⸻
Aujourd’hui, je suis complètement éclaté.
Depuis hier, je dors énormément et je vais maintenant laisser quelques jours à mon corps pour récupérer.
J’ai également de grosses douleurs au niveau du coude et de l’épaule, donc il va falloir prendre ça au sérieux et laisser le temps nécessaire à la récupération.
Je suis désolé de ne pas avoir réussi à vous offrir le spectacle que j’espérais.
J’aurais tellement aimé aller au bout, arriver aux Portes-en-Ré, faire demi-tour et revenir à La Tranche-sur-Mer avec cette énorme victoire au bout.
J’aurais aimé pouvoir écrire une petite page de l’histoire de ma discipline.
Mais ce n’est pas aujourd’hui que ça se fera.
Est-ce que je retenterai ?
Je ne sais pas encore.
Il est probablement trop tôt pour prendre cette décision.
Il faudra récupérer, analyser, réfléchir, regarder ce qui peut être amélioré… et surtout écouter mon corps.
Mais il y a une chose que je sais.
Je n’aime pas les problèmes.
Dans la vie, il y a ceux qui restent bloqués devant leurs problèmes.
Moi, je préfère chercher des solutions.
Alors je vais prendre du recul.
Je vais analyser.
Je vais apprendre de cet échec.
Et peut-être qu’un jour, au printemps prochain, je remettrai les bras dans l’eau.
Parce qu’un défi qui échoue n’est pas forcément un défi terminé.
C’est parfois simplement un défi qui vient de nous apprendre comment réussir la prochaine fois.
Merci à toutes et tous pour vos messages, vos encouragements, votre présence, votre soutien et votre confiance.
J’aurais aimé vous offrir une victoire.
Cette fois-ci, je vous offre simplement la vérité, les leçons apprises… et quelques images d’une nuit complètement f***e. ❤️
Et surtout…
Ne changez rien à vos rêves.
Moi, je vais juste essayer de changer deux ou trois petites choses dans ma préparation. 😉
Le handicap est un mot, pas une limite. ♿️🏊♂️❤️
À suivre…