10/05/2026
La politique de développement et l’Ethique VSF
Voiles Sans Frontières, c'est quoi ?
C'est une organisation de solidarité internationale, créée en 1997, qui met en synergie les ressources humaines et techniques présentes à bord des bateaux de grand voyage. VSF met en oeuvre et accompagne des projets de développement dans le domaine de la santé, de l'éducation et des activités génératrices de revenus, au profit de populations enclavées uniquement accessibles par voies maritimes et fluviales. L'engagement associatif et la générosité peuvent être de tout ordre, mais les 25 années d'expérience de VSF sur les problématiques de développement nous permettent d’affirmer que le bénévolat, tel que nous l’entendons au sein de VSF, ne peut s’improviser. C'est parce que le "bénévolat" ne doit pas rimer avec "amateurisme" que nous nous efforçons à VSF, de sensibiliser et accompagner l'ensemble des intervenants qui participent à nos actions. Ainsi, il nous semble essentiel de déterminer les points clés de la politique d'intervention et l’éthique définis par l’association. Une nécessité d’autant plus utile qu'en raison du concept même de VSF, l’association tente d’articuler avec cohérence et efficacité, 2 univers fort éloignés l'un de l'autre : 1- D'une part l’univers des propriétaires de bateaux plongés dans un "voyage personnel maritime et touristique" mais qui souhaitent s'associer à une ou des actions de solidarité au cours de leur périple 2- L'univers de la solidarité internationale qui s'est considérablement professionnalisé au cours des 25 dernières années. A VSF, cet univers est géré par un Conseil d'Administration composé de professionnels de la santé, de l'éducation, de personnel administratif et représenté par l’ensemble des intervenants sur le terrain (professionnels médicaux, paramédicaux, enseignants, coordinateurs, professionnels du développement, intendants, techniciens, opticiens, skippers etc.). Les voiliers en escale au Sénégal et investis dans une mission VSF, représentent un maillon indispensable de la chaîne des bénévoles qui se relaient et agissent tout au long de l’année pour mener à bien les projets de développement conduits par l'association.
Le bénévolat improvisé peut conduire aux dérives du « tourisme humanitaire ». Par angélisme ou charité, le "remède apporté peut être pire que la situation constatée". Pour la pérennité de nos actions au Sénégal et une gestion de projet efficace et cohérente, il est donc essentiel que chaque intervenant soit en accord avec l’éthique et la politique d'intervention menée par VSF. C'est la raison pour laquelle VSF dispense une "sensibilisation aux problématiques de développement" auprès de ses adhérents et intervenants. L'éthique y occupe une place prépondérante.
Voici quelques points clés qui différencient le « tourisme humanitaire » et les actions VSF :
Dans tout projet
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Viser le développement durable et réfléchir aux conditions pour rendre pérennes nos actions
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Développer le tissu économique local, et acheter localement chaque fois que c’est possible
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S’intégrer dans des projets émis par les populations locales. On peut suggérer de façon la plus pédagogique possible mais ne pas imposer
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Privilégier l’aide aux collectivités et aux structures (écoles, dispensaires, comités de santé, GIE…) par rapport à l’aide individuelle. L’aide individuelle peut avoir des effets pervers, et créer des situations d'envies ou de jalousie.
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Aboutir à l’autonomisation des populations qui seront amenées à gérer le projet elles mêmes.
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Ne pas se substituer à l’Etat sénégalais.
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Officialiser nos actions par un travail en coopération avec les Autorités locales.
Etat d’esprit :
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Respect de la culture locale Le respect de la culture locale trouve sa source dans l’observation, le dialogue. La pratique de la « palabre » sous le grand arbre du village est un excellent moyen d’appréhender les particularités de la culture et projets du village.
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S’interroger sur son propre comportement : nos habitudes, réflexes et manies d’Européens ne vont-ils pas perturber les relations (ex : les photos et films à outrance « polluent » la vraie relation), fumer, boire dans les villages…
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On ne détient pas les notions de bien et de mal ou de ce qui serait bien ou mal pour eux . Le fait de détenir des moyens dont les populations locales ne disposent pas peut engendrer un effet pervers de sensation de puissance