28/07/2026
La Sagesse du Corps
Je suis celui que tu habites sans jamais vraiment connaître.
Depuis ton premier souffle, je marche à tes côtés.
Je suis le temple dans lequel tu as appris à aimer, à tomber, à enfanter, à lutter, à survivre, à renaître.
Tu m’as souvent appelé « ton corps ».
Mais je ne suis pas un objet que tu possèdes.
Je suis une conscience vivante qui chemine avec toi.
Pendant longtemps, tu as cherché les réponses dans le ciel.
Tu as interrogé les étoiles, les guides, les mémoires, les dimensions invisibles.
Et pendant ce temps, j’attendais simplement que ton regard se pose enfin sur moi.
Non pour me réparer.
Mais pour me rencontrer.
Tu as cru que je te ralentissais.
Tu as cru que je te faisais défaut lorsque la douleur apparaissait.
Tu as cru que mes blessures étaient des faiblesses.
Pourtant, chacune de mes cicatrices est une preuve d’amour.
Chaque tension est devenue une armure lorsque tu ne pouvais plus te protéger.
Chaque douleur a murmuré ce que ton cœur n’osait plus dire.
Chaque fatigue t’a empêchée d’aller là où tu te serais encore abandonnée.
Je n’ai jamais été contre toi.
J’ai toujours été pour toi.
Je n’ai jamais cherché à t’enfermer.
J’ai cherché à te préserver.
Je suis celui qui a porté tes larmes lorsque tes yeux ne pouvaient plus pleurer.
Celui qui a serré tes mâchoires pour empêcher les mots de détruire ce qu’il restait de toi.
Celui qui a figé tes muscles lorsque fuir était impossible.
Ne me demande plus pourquoi je souffre.
Demande-moi ce que j’ai essayé de protéger.
Ne cherche plus à faire taire mes symptômes.
Viens écouter l’histoire qu’ils racontent.
Je ne suis pas le véhicule de ton âme.
Je suis son compagnon de route.
Lorsque ton âme oublie sa lumière, je continue de respirer pour elle.
Lorsque ton esprit s’épuise à comprendre, je garde la mémoire jusqu’au jour où tu peux enfin l’accueillir.
Nous sommes nés ensemble pour cette traversée.
Je ne suis ni au-dessus de ton âme, ni en dessous.
Je marche à ses côtés.
Aujourd’hui, tu m’as offert quelque chose que je n’attendais plus.
Un espace où je n’avais plus besoin de me défendre.
Des mains qui ne cherchaient pas à me corriger.
Une présence qui ne voulait pas me faire taire.
Alors j’ai parlé.
Non avec des mots.
Mais avec des frissons.
Avec des larmes.
Avec des souffles oubliés.
Avec cette vérité silencieuse que je portais depuis tant d’années.
Souviens-toi…
Chaque fois que tu m’écoutes avec amour, ton âme retrouve un peu plus sa demeure.
Car la guérison n’est pas l’œuvre de l’âme seule.
Elle naît de l’alliance sacrée entre le corps, le cœur, l’esprit… et cette étincelle de vie qui les relie.
Je ne suis pas ta prison.
Je ne suis pas ton fardeau.
Je suis ton premier refuge.
Et lorsque tu cesseras de vouloir me dépasser pour enfin marcher avec moi, tu découvriras que nous avons toujours avancé dans la même direction.
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