07/03/2026
Nous publions l'intervention poético-philosophique d'un intervenant du café philo sur le thème "Que serait l'être humain sans la société ?"
Rédigé à chaud pendant le café.
-------------------------
Il a fallu qu'elle sorte pour qu'elle ait une entrée. Voila, mon entrée en matière : cette petite énigme. Et pour que je m'en sorte, je livre la réponse qui est la société.
Se rassembler en sociétés éparses jusqu'à en créer une pour définir les mots : la société du dictionnaire qui offre plusieurs entrées au terme de société. Dans le film, "Le Professeur et le fou", il est d'ailleurs fait mention de l' association du directeur d'Oxford University project avec un médecin interné à l'asile pour aboutir à la rédaction d'un nouveau dictionnaire.
Dans le livre, "Daâh le premier homme", Edmond Haraucourt trace le trajet civilisationnel du nomade, en première partie vers la horde, en seconde partie le "poor lonesome cowboy" se mue vers l'Homo sapiens-sapiens : celui qui construit des pyramides telle celle de Maäslow dont la société crée une résolution aux besoins de sécurité (se rassembler contre les animaux sauvages, pour constituer des réserves de nourritures et je vous laisse le soin de compléter la liste), comme au besoin d'appartenance puisque sans société nul besoin de vouloir s'y intégrer ou s'en exclure.
Il faut bien qu'il qu'il y ait société pour en faire son spectacle, n'en déplaise à Guy Debord. Des détracteurs de la société font société pour la contredire. On dirait du Pierre Dac.
Vivons tous dans les bois où nous serons aux abois ! Ce que serait l'être humain sans la société : un être apeuré qui n'appréciera pas le film qui n'a pas été réalisé, qui n'aurait pas vu les pyramides qui n'auraient pas été bâties, qui n'aurait pu lire les livres qui n' auraient pu être écrits; qui n'aurait pas osé prendre la parole qui n'aurait pas osé être inventée.
Certes, Guy Debord avait toutes les raisons de s'offusquer des dérives d'une "société du spectacle" et tout humain se demande que serait la meilleure société pour tous. De là à imaginer un humain sans société, c'est oublier l'"animal social" d'Aristote; oublier que la société n'est pas l'apanage de l'humain; oublier que l'exemple même de l'animal non-social est le calmar qui ne transmet que son ADN puisque abandonnant sa progéniture il ne transmet pas de culture.
Si la société était la réponse à une énigme, il reste comme énigme, l'être humain sans société. L'être humain sans société serait peut-être un calmar.