02/09/2026
La « chignole » dubitative. Œuvre originale de L. BAILLET, d’après le film « les Tontons Perceurs » de Daniel TARDY, diffusé par l’IRNS
#4/33 – 1997 : les Tontons Perceurs et les faux-plafonds.
Luc 🌺⏚🐿️🐳🦇
Architecte tout simplement - En mai, préférons l’églantine au muguet !
26 août 2026
Si 1996 fut l’année des points d’orgue, l’année 1997, avec l’entrée en vigueur de l’interdiction de l’amiante au 1er janvier (interdiction relative limitée comme cela a été évoqué dans l’opus #3/33 – 1996 et comme on le verra ci-après), sera celle de la rédemption de plusieurs instances. Parmi elles, l’INRS. Rappelons-nous que le CPA, organe officieux de concertation des milieux professionnels impliqués dans la gestion contrôlée de l’amiante, avait été créé conjointement par l’Association des Producteurs d’Amiante et l’INRS, représenté par son Directeur Général, Dominique MOYEN, en 1982 (1)
Affiche INRS - 2006
L’INRS, outil paritaire des partenaires sociaux pour la sécurité au travail
L’INRS dispose d’un site internet qui nous renseigne sur ses origines : « Depuis 1947, l’INRS contribue à la prévention des risques professionnels. Axé dans un premier temps sur le recueil et la diffusion d’information ainsi que la formation, il élargit ses activités à la recherche appliquée à partir de 1968. C’est aujourd’hui un Institut pluridisciplinaire au service des professionnels de la prévention, des entreprises et des salariés. » (2).
Pour en savoir plus, une « catégorie d’articles » propose une exposition thématique. On y trouve une seule affiche qui parle d’amiante, celle d’une campagne de 2006 qui déclame : « Sur les chantiers je ne portais pas de masque contre l’amiante. Maintenant j’en porte un tous les jours. »
Or si vous utilisez le moteur de recherche interne, et tapez « amiante », vous constaterez que le document le plus ancien date en fait de janvier 1997, à savoir le film « les Tontons Perceurs »(3). Vous aurez accès à la bande annonce avec l’extrait éponyme « C’est ici, l’oseille elle est là, derrière ce mur », dit le boss. Et « la chignole » lui répond : « Et pour l’amiante, on fait comment ? » Et même depuis peu, à l’accès direct au film de 14 minutes. A regarder sans modération !
La fiche de présentation du film renvoie à une brochure contenant des informations plus approfondies, l’ED809 (4).
Ce film noir, empruntant des dialogues dignes des grands polars , initialement produit en cassette VHS, a été utilisé par nombre de conférenciers dans les sphères syndicales ouvrières ou patronales, les soirées d’information du trio inséparable: inspecteur, préventeur et médecin du travail.
Puis il a été utilisé pour introduire crûment la présentation des risques du métier tant chez les compagnons du BTP que chez les « techniciens de la construction » en cours de qualification. Ce fut le premier signe d’une volonté de rompre avec les informations lénifiantes de l’époque de la gestion contrôlée dispensées par le CPA. L’amiante est en place, et pour longtemps. Et bravo au scénariste de maintenir le suspense jusqu’à la dernière minute. Le scénario et les dialogues sont toujours d’actualité, 30 ans après leur écriture, au cours du second semestre 1996. (5)
A regret, il est donc constaté que l’INRS ne présente aucun document relatif à la prévention des risques amiante durant un demi siècle (1947 - 1997)
Visite de reconnaissance des faux-plafonds au R+47 de la Tour Maine Montparnasse, co-propriétaire du Conseil National de l’Ordre des Architectes lors d'une mission G.A.B.A.R.I. Crédit photo L. BAILLET.
L’ajout des faux plafonds à l’inventaire en cours
Le décret n°97-855 du 12 septembre 1997 modifie le décret n° 96-97 du 7 février 1996 en y ajoutant un troisième ouvrage au programme de recherche, à savoir les « faux-plafonds ». Ainsi l’article 2 du décret fondateur – ne mentionnant que les flocages et calorifugeages - est remplacé ainsi : « Les propriétaires des immeubles mentionnés à l'article 1er doivent rechercher la présence de flocages contenant de l'amiante dans les immeubles construits avant le 1er janvier 1980. Ils doivent également rechercher la présence de calorifugeages contenant de l'amiante dans les immeubles construits avant le 29 juillet 1996 et la présence de faux plafonds contenant de l'amiante dans les immeubles construits avant le 1er juillet 1997. »
Le décret profite de limiter la recherche des calorifugeages aux immeubles « construits » avant la parution du décret interdisant l’incorporation d’amiante dans les calorifugeages (6). De ce fait, il introduira une polémique sur le statut des immeubles concernés par l’inventaire amiante, retenant la notion de date de construction, sous entendant date de réception, alors qu’ultérieurment, le réglementeur retiendra définitivement celle de « date de délivrance du permis de construire », date reconnue pleinement dans la jurisprudence assurancielle.
Mais la grande absente de ce décret est encore une fois la définition du terme « faux-plafond ». Aucun arrêté d’application n’étant prévu, les cadors du repérage attendent avec impatience la circulaire d’explication du texte.
N’entendant aucun bruit de couloirs dans les antichambres ministérielles et vu l’autodissolution du CPA(7), une réunion impromptue se tiendra sur le stand de la CRAMIF, lors du salon BATIMAT 97. A la manœuvre Charles DUCROCQ, (8) le référent amiante de l’organe de prévention francilien. Le débat fait rage : mais de quels types de faux plafonds s’agit-il ?
J’y interviens comme chargé de mission du Conseil Régional de l’Ordre des Architectes, Nord Pas de Calais. La description n’étant pas définie, tous les types de faux plafonds sont donc concernés. Tant les faux plafonds maçonnés, que ceux constitués de plaques vissées sur ossatures et que ceux constitués de panneaux amovibles enchâssés dans une structure porteuse.
Nous avions même mis au point, dans cet atelier impromptu, une méthodologie de repérage des joints des plaques vissées sur ossature, permettant ainsi de localiser tant les taches de renformis des vis, que les bandes calicots. Durant un an, l’inspection visuelle imposée permit de sonder toutes sortes de faux-plafonds, en écartant toutefois les "vrais plafonds" qui eux ne verront leur ajout au programme de recherche que 4 ans plus t**d (9).
Page de Garde du DICOBAT édition 1996 – Crédit photo L. BAILLET
En absence de définition réglementaire, je me souviens avoir consulté Jean DE VIGAN, Directeur des éditions ARCATURE, rédacteur du DICOBAT pour débattre de cette notion d’ouvrage dont la définition, donnée par ce dictionnaire vénéré par les architectes, me paraissait très restrictive. Ce qui se traduira en mars 1998 par un atelier « définitions » du premier colloque de l’Observatoire Régional de la Réglementation amiante coorganisé par le Conseil Régional de l’ordre des Architectes et le Conseil Régional Nord Pas de Calais. Il faudra attendre septembre 1998 pour obtenir une définition qui limitera le repérage amiante aux seuls faux-plafonds comprenait des dalles amovibles.
Après le mot « matériaux » sont ajoutés les mots « et produits
Mais pourquoi l’article 2 du décret 97-855 introduit le terme « produit » dans le corpus « santé publique », et pas dans le corpus « travail » ? Une des raisons est la préparation de la directive européenne 97/69/CE adoptée le 5 décembre 1997. Elle concerne les « substances et les produits dangereux ». Afin de différencier les matériaux et produits incorporés dans l’immeuble bâti et ceux circulant et destinés à la construction, il fallait introduire la notion de produit dans le code de la santé publique. Ainsi la réglementation interdisant la fabrication, le transport ou le commerce, même à titre gracieux, de matériaux ou de produits déclarés « dangereux » ne s’appliquerait pas aux « composants de la construction » déjà en place dans l’immeuble avant le 1er janvier 1997.
Mais alors, pourquoi avoir choisi de repousser au 1er juillet 1997 la date taquet pour la recherche d’amiante dans les faux-plafonds et non pas celle du 1er janvier 1997, puisque le décret « faux-plafond » ne sortira qu’à la mi-septembre ? Rappelons qu’en février 1996, l’obligation imposée aux propriétaires consistait à dresser l’inventaire de leurs biens immobiliers classés en deux catégories : ceux « construits » avant le 1er janvier 1980, concernés par la recherche d’amiante dans les flocages et les calorifugeages, et ceux « construits » après le 31 décembre 1979 pour la recherche des seuls calorifugeages. Et ce, tout simplement, parce que l’incorporation d’amiante dans les flocages avait été imposée par le décret 78-394 du 30 mars 1978(10). A cette époque, le réglementeur a considéré que, malgré tout, des sacs de préparations pour flocages pouvaient être déjà livrés sur les chantiers et donc potentiellement « incorporés » après la date d’interdiction de leur manufacture. Il faut laisser le temps aux professionnels du BTP de « vider leurs sacs » durant quelques mois.
Or pour les calorifugeages, l’interdiction n’avait été publiée que le 28 juillet 1996, par le décret 96-668, soit après l’entrée en vigueur des décrets fondateurs . C’est d’ailleurs subrepticement que le décret 97-855 profite de l’ajout des faux-plafonds au programme de repérage réglementaire pour ne limiter la recherche de calorifugeages qu’aux immeubles « construits » avant l’interdiction (des dits calorifugeages) entrée en vigueur le 29 juillet. Mais pour les faux-plafonds, le réglementeur, à l’écoute de certaines filières industrielles, retiendra comme plausible la livraison possible de matériaux ou de produits du BTP sur un chantier avant le 1er janvier 1997, officialisant ainsi la présence d’amiante dans un immeuble « construit » après le 31 décembre 1996.
Ensemble des documents constituant le premier « Dossier Technique » relatif au R+47 de la Tour Maine Montparnasse en octobre 2013
L’introduction du premier « dossier technique » relatif à l’amiante
Donc en septembre 1997, le nouveau calendrier de repérage amiante concernera trois catégories d’immeuble, classés selon leurs dates de « construction », en obligeant les propriétaires précurseurs ayant déjà réceptionné leur diagnostic flocage/calorifugeage, à commander un complément pour le repérage des faux-plafonds.
D’ailleurs devant cette évidence, le réglementeur anticipera les critiques et imposera, pour toit immeuble - à l'exception de ceux ne comportant plus qu’un seul logement - la constitution d’un « dossier technique » regroupant les différents rapports de repérage amiante, tel que décrit dans l’article 8 du décret 96-97 modifié : « Les propriétaires constituent, conservent et actualisent un dossier technique regroupant notamment les informations relatives à la recherche et à l'identification des matériaux et produits mentionnés par le présent décret ainsi qu'à l'évaluation de leur état de conservation. Ce dossier doit préciser la date, la nature, la localisation et les résultats des contrôles périodiques, des mesures d'empoussièrement et, le cas échéant, des travaux effectués à l'issue du diagnostic prévu à l'article 3. Il est tenu à la disposition des occupants de l'immeuble bâti concerné, des agents ou services mentionnés aux articles L. 48 et L. 772 du code de la santé publique ainsi que, le cas échéant, des inspecteurs du travail et des agents du service de prévention des organismes de sécurité sociale. Les propriétaires communiquent ce dossier à toute personne physique ou morale appelée à effectuer des travaux dans l'immeuble bâti ».
Le premier Rapport parlementaire sur l’amiante, de l’OPECST
Jean Yves LE DÉHAUT, Député et Président de l’Office parlementaire signe l’avant-propos du premier rapport parlementaire après la parution des décrets fondateurs : « L'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques a été saisi d'une demande d'étude par le Bureau de l'Assemblée nationale, dès le 21 juin 1995. Mais, en raison de problèmes d'organisation interne de l'Office, la nomination d'un rapporteur - M. Christian Daniel - a été ret**dée et n'est intervenue que le 21 février 1996.
Son travail s'est inscrit alors dans un contexte un peu particulier et très controversé, celui de savoir s'il fallait ou non interdire l'amiante. Alors que le rapporteur n'en était qu'aux préliminaires de son étude, la décision d'interdire l'amiante a été prise le 3 juillet 1996. L'orientation du rapport s'en est trouvée modifiée.
La première partie du rapport fut certes consacrée à une justification de cette décision d'interdiction, mais l'essentiel de l'étude fut désormais axé sur le problème du devenir de l'amiante incorporé dans les bâtiments, notamment sur la manière de vivre et travailler avec l'amiante, et sur le souci de tirer des leçons utiles de l'expérience de l'amiante.
Ce rapport aurait dû être adopté par l'Office lors de sa réunion du 23 avril 1997, mais la dissolution de l'Assemblée nationale intervenue le 21 avril a interrompu ce travail à la veille de sa publication. M. Christian Daniel n'a pas retrouvé son siège de député aux dernières élections. »
C’est donc dans ce document que l’on mesure le niveau de l’état de crise au sein des ministères, puisque Elisabeth HUBERT déclarait le 8 juin 1996 au sujet de l’interdiction de l’amiante en France, sur les bancs de l’assemblée nationale : « Aujourd'hui, la tendance est plutôt à une règlementation européenne, avec un usage contrôlé de ce produit, les interdictions que j'évoquais tout a l'heure étant maintenues ». (11)
La première mission d’expertise indépendante sur la gestion de l’amiante après les 3 décrets fondateurs de 1996 .
Mais nous ne quitterons pas l’année 1997 sans reproduire un long extrait de la lettre de mission envoyé à Claude GOT, signée le 14 décembre 1997, deux mois après la publication du rapport de l’OPESCT et un an jour pour jour après la signature du décret « point d’orgue » de l’interdiction de l’amiante. Voici un extrait de la lettre de mission (12)
« Comme vous le savez, des textes législatifs et réglementaires ont été pris concernant l’interdiction de l’utilisation de l’amiante et les mesures à prendre dans les bâtiments où ce matériau est présent, dont l’application est suivie par nos services, en liaison avec les autres administrations concernées.
Nous souhaitons que vous examiniez si les mesures prises sont adaptées à l’évolution des connaissances scientifiques relatives au risque lié à l’amiante et aux matériaux de substitution. Pour cela vous vous référerez à l’ensemble des travaux scientifiques réalisés, en France et à l’étranger, y compris les études américaines et canadiennes sur les nouvelles techniques d’utilisation de l’amiante.
Nous vous demandons également de dresser un inventaire des difficultés concrètes rencontrées par l’application des textes réglementaires en vigueur, des situations qu’ils pourraient ne pas couvrir et, si nécessaire, de faire des propositions pour les modifier. Par ailleurs, nous souhaitons améliorer les procédures par lesquelles les victimes d’une exposition à l’amiante peuvent faire reconnaître l’origine professionnelle de leur maladie.
A partir de vos travaux, nous souhaitons pouvoir disposer de propositions concrètes pour l’action des pouvoirs publics dans un souci d’une meilleure articulation des actions conduites par les différentes administrations concernées.
Il nous apparaît également nécessaire d’améliorer l’information concernant le risque lié à l’amiante. Nous souhaitons que vous puissiez nous faire des propositions afin d’accroître la connaissance et la surveillance de ce risque et d’améliorer l’information et la sensibilisation des différents acteurs, au sein même des administrations, des professionnels et plus largement du grand public. »
Il est opportun de signaler que cette lettre de mission est co-signée par Martine AUBRY, ministre de l’Emploi et de la Solidarité, et Bernard KOUCHNER, secrétaire d’état à la santé, suite à la victoire de la coalition politique dite de « gauche plurielle » aux élections législatives anticipées de 1997 après la dissolution de l'Assemblée nationale par le président Jacques Chirac.
Claude GOT écrit en commentaires : « il ne s'agit pas de me confier une action, mais d'observer l'évolution récente des connaissances, le fonctionnement du système de contrôle des risques liés à l'usage de l'amiante et les procédures d'indemnisation des victimes. Au terme de cette observation, je produirai un ensemble de propositions ».
Son rapport définitif sera publié le 29/07/1998. Il comportera des « fiches thématiques » dont 10 concerneront « l’amiante dans les bâtiments », 8 traiteront de « l’amiante au travail », 13 aborderont l’aspect « maladies professionnelles » et 1 seule la question de « l'environnement ». Enfin plusieurs fiches seront consacrées à des problèmes particuliers comme l’enlèvement de l’amiante à JUSSIEU, les études épidémiologiques, l’amiante dans les navires, les risques de cancer des fibres de remplacement ou le départ à la retraite anticipé des travailleurs de l’industrie de l’amiante.
Lors de son audition le 28 septembre 2005 par la Mission commune d’information du Sénat, Martine AUBRY rappellera cette initiative dès son arrivée au ministère de l’Emploi et des solidarités.
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CE QU’IL FAUT RETENIR POUR 1997 :
• 01/01/97 : Entrée en vigueur du décret « interdiction de l’amiante »
• 01/07/97 : Date limite au-delà de laquelle la recherche d’amiante dans les faux-plafonds des immeubles bâtis n’est pas imposée par le Code de la Santé publique
• 20/09/97 : Entrée en vigueur du décret « faux-plafonds »
• 21/10/97 : Publication du 1er rapport parlementaire « L'amiante dans l'environnement de l'homme : ses conséquences et son avenir »
• 24/12//97 : lettre de mission du professeur Paul GOT sur l’état de la gestion de l’amiante en France
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NOTES
1. Paul GOT écrit dans sa page d’accueil des CR du CPA : « (…) le 21 janvier 1983, une nouvelle réunion s’est tenue au siège de CES pour étudier la proposition de création d’un "groupe informel et sans pouvoir afin de servir de régulateur pour les problèmes de l'amiante et de la prévention.», Marcel Valtat attribuant l’idée de créer ce groupe à Dominique Moyen, directeur général de l’Institut National de Recherches de Sécurité (INRS), qui est une structure paritaire conduisant des recherches et faisant des recommandations dans le cadre de la sécurité au travail. Dans une de ses lettres, Dominique Moyen propose effectivement de créer un tel organisme et le CPA va se mettre en place au cours de l’année 1983 »
2. Sources : https://www.inrs.fr/inrs/identite/historique.html
3. Résumé : « Trois cambrioleurs projettent un cambriolage dans les sous-sols d'une banque parisienne. Le plus expérimenté soupçonne la présence d'amiante dans les dispositifs anti-incendie préservant les coffres et prévient ses acolytes des dangers que présente ce matériau. Il va leur démontrer la nature volatile de l'amiante, ses caches, et imposer au caïd de la bande les précautions et les mesures de protection minimales à prendre : masque, aspirateur, pulvérisateur, combinaison, zone de confinement, afin de préserver leurs poumons des "risques du métier". »
4. L’ED 809, comme la brochure ED 815 (Travaux de retrait ou de confinement d'amiante ou de matériaux en contenant. Guide de prévention), datant de 2007 ont été remplacé en 2012 par l’ED 6091 (Travaux de retrait ou d'encapsulage de matériaux contenant de l'amiante - Guide de prévention)
5. Le film les Tontons Perceurs fera l’objet d’un hors-série de ce feuilleton, décodant d’une part les évidences prodiguées que les clins d’œil prémonitoires.
6. Décret no 96-668 du 26 juillet 1996 modifiant le décret no 88-466 du 28 avril 1988 relatif aux produits contenant de l'amiante, modifié par le décret no 94-645 du 26 juillet 1994, entré en vigueur le 28 juillet 1996, suite à sa parution au JO le 26 juillet.
7. Le 12 juillet 1996, le gouvernement JUPPÉ 1 crée une Commission Interministérielle « chargée de contribuer à définir, animer et coordonner la politique du Gouvernement en matière de prévention et de protection de la population générale et des travailleurs contre les risques liés à l'amiante » et qui sonne le glas pour le CPA. Cette Commission sera dissoute par un arrêté du 1er juillet 2010, sans donner lieu à une autre instance interministérielle. Or elle avait en outre pour mission (article 3) « de promouvoir toute étude ou recherche jugée nécessaire dans ce domaine et de coopérer avec le Conseil supérieur d'hygiène publique de France, le Conseil supérieur de la prévention des risques professionnels, le réseau national de santé publique et les caisses régionales d'assurance maladie. Elle fait toute proposition ou recommandation qu'elle juge utile dans le domaine de la prévention et de la protection de la population générale et des travailleurs. »
8. Charles DUCROCQ, préventeur de la CRAMIF, fut « le monsieur amiante » de la CNAM-TS entre 1994 et 2014 . C’est lui qui m’invita à siéger en Commission AFNOR X46D à partie d’avril 2000. Il siégea au Haut Comité pour la Santé Publique et acheva sa carrière de tribun lors d’une conférence mémorable sur BATIMAT 2015 programmé par RésoA+ sur le thème « La prévention amiante : un fiasco programmé ». Dans une lettre ouverte adressée à M. Manuel VALLS, CCC le 8 février 2016, je rapportais les propos tenus lors de cette conférence : « Mr DUCROCQ, y dressait un inventaire des dysfonctionnements persistant, dans la jungle des règles de l’art. Reprenant à son compte les dires de Madame ARCHIMBAUD, il concluait que « si l’amiante est un cancérogène de catégorie 1, ce n’est qu’une des substances dangereuses présente sur les chantiers parmi les autres aussi nuisibles que les HAP, la silice, les solvants, le plomb, et toutes les poussières ». Son principal combat récurent consistait à poser la simple question : « Mais qu’est-ce qu’un matériau qui contient de l’amiante, en France ? » Promis, nous y reviendrons dans l’opus consacré à l’année 2016.
9. Voir épisode #7/33 : L’an 2000 à venir.
10. L’article 1 du décret 78-394 interdit « L'utilisation de l'amiante ou de produits contenant de l'amiante à une concentration supérieure à 1 gramme pour 100 grammes (13) est interdite pour la réalisation par flocage de revêtements, sur tous les éléments, parois et accessoires des bâtiments ». Il donne également la définition du flocage : « Au sens du présent décret, le flocage est défini comme l'application sur un support quelconque de fibres, éventuellement accompagnées d'un liant, pour constituer un revêtement qui présente un aspect superficiel fibreux, velouté ou duveteux ».
11. Voir le #2/33 Note n°4
12. Voire le site www.sante-publique.org la page « lettre de mission » http://www.sante-publique.org/amiante/rapportgot1998/gotmission.htm
13. Je reviendrai sur la question des flocages à moins de 1% dans un article sur la rédaction de la norme NF X46-020.