Lille-Fives 1942

Lille-Fives 1942 Le 11 septembre 1942, un sauvetage exceptionnel de Juifs persécutés eut lieu en gare de Lille-Fives.

Le dimanche 23 août 1942, Monseigneur Jules-Géraud Saliège, archevêque de Toulouse, faisait lire en chaire dans les paro...
24/08/2026

Le dimanche 23 août 1942, Monseigneur Jules-Géraud Saliège, archevêque de Toulouse, faisait lire en chaire dans les paroisses de son diocèse le contenu de cette lettre, exemplaire dans sa simplicité évocatrice.
Elle reste d’utilité publique.

« Mes très chers Frères,

Il y a une morale chrétienne, il y a une morale humaine qui impose des devoirs et reconnaît des droits. Ces devoirs et ces droits, tiennent à la nature de l’homme. Ils viennent de Dieu. On peut les violer. Il n’est au pouvoir d’aucun mortel de les supprimer.

Que des enfants, des femmes, des hommes, des pères et des mères soient traités comme un vil troupeau, que les membres d’une même famille soient séparés les uns des autres et embarqués pour une destination inconnue, il était réservé à notre temps de voir ce triste spectacle.

Pourquoi le droit d’asile dans nos églises n’existe‐t‐il plus ?
Pourquoi sommes‐nous des vaincus ?
Seigneur ayez pitié de nous.
Notre‐Dame, priez pour la France.

Dans notre diocèse, des scènes d’épouvante ont eu lieu dans les camps de Noé et de Récébédou. Les Juifs sont des hommes, les Juives sont des femmes. Tout n’est pas permis contre eux, contre ces hommes, contre ces femmes, contre ces pères et mères de famille. Ils font partie du genre humain. Ils sont nos Frères comme tant d’autres. Un chrétien ne peut l’oublier.

France, patrie bien aimée France qui porte dans la conscience de tous tes enfants la tradition du respect de la personne humaine. France chevaleresque et généreuse, je n’en doute pas, tu n’es pas responsable de ces horreurs.

Recevez mes chers Frères, l’assurance de mon respectueux dévouement.

Jules‐Géraud Saliège
Archevêque de Toulouse

À lire en chaire le dimanche 23 août 1942 »

27/07/2026
26/07/2026
Une journée riche de sens avec l'École nationale de protection judiciaire de la jeunesse (ENPJJ).La semaine dernière, un...
26/07/2026

Une journée riche de sens avec l'École nationale de protection judiciaire de la jeunesse (ENPJJ).

La semaine dernière, une centaine d'éducateurs en fin de formation ont eu l'honneur d'être accueillis successivement dans la synagogue, le temple protestant, l'église Saint-Michel et la mosquée El Forkane à Lille, ainsi qu'au temple bouddhiste de Roubaix.

Au programme : des rencontres et des échanges avec les représentants des différents cultes et communautés, portant sur les principes fondateurs de leurs religions comme sur les spécificités de leurs pratiques. Des clés précieuses pour accompagner au mieux les jeunes de la PJJ dans leur vie spirituelle.

Une journée conviviale, empreinte de curiosité et pleine d'énergie !

Un grand merci aux représentants des différents cultes pour leur accueil chaleureux, et à toute l'équipe PJJ pour son investissement !

Préfet de la région Hauts-de-France et du Nord
Dilcrah
Ville de Lille
Métropole Européenne de Lille
Département du Nord
Julien Poix
Mady Dorchies
Région Hauts-de-France
ONaCVG
Fondation pour la Mémoire de la Shoah
Comité français pour Yad Vashem
fans
Musée de la Résistance de Bondues
La Coupole, Centre d'Histoire et Planétarium 3D

24 juillet 1942 - Les premiers enfants juifs déportés du Nord vers Auschwitz Rose, 11 ansMicheline, 10 ansF***y, 9 ansMo...
24/07/2026

24 juillet 1942 - Les premiers enfants juifs déportés du Nord vers Auschwitz

Rose, 11 ans
Micheline, 10 ans
F***y, 9 ans
Moïse, 8 ans
Jacques, 7 ans
Paul, 6 ans
Robert, 6 ans

Ces enfants sont les premiers enfants juifs déportés du Nord. Les premiers enfants de cette région assassinés à Auschwitz-Birkenau.
Sept semaines avant la grande rafle du Nord et du Pas-de-Calais, le 11 septembre 1942.

Ils sont arrêtés le 24 juillet 1942.
Enfermés à la prison de Loos, près de Lille.
Conduits à la Kazerne Dossin, à Malines, ils prennent le premier convoi du 4 août 1942 vers Auschwitz.

Pourquoi ?

Parce que leurs parents avaient voulu les mettre à l'abri des persécutions antisemites dans la zone sud, qui n'était pas encore occupée.
Ils avaient payé très cher ce passage clandestin à un passeur qui se révéla être un collaborateur à la solde des Allemands.
Quinze personnes furent arrêtées ce 24 juillet 1942. Aucune ne revint.

Aujourd'hui, nous pensons aux familles TEICHLER, BARAN, PARGAMENT, LOBEL, LAMBEK et WAHL 🙏🙏🙏

Ville de Lille
Département du Nord
Julien Poix
Mady Dorchies
Préfet de la région Hauts-de-France et du Nord
Région Hauts-de-France
Dilcrah
ONaCVG
Kazerne Dossin
Fondation pour la Mémoire de la Shoah
Comité français pour Yad Vashem
fans
Musée de la Résistance de Bondues
La Coupole, Centre d'Histoire et Planétarium 3D

22/07/2026
17/07/2026

📢 Nous recherchons la famille de 𝐏𝐚𝐮𝐥 𝐑𝐈𝐅𝐅, résistant, né le 14 novembre 1920 à Strasbourg.

ℹ️ Paul, Marie, Joseph RIFF est né à Strasbourg (67) le 14 novembre 1920. Il a longtemps été considéré à tort comme décédé à Eysses (47) en mars 1943. Nous savons qu'après la guerre, sa mère Berthe demeurait rue des Grandes Arcades à Strasbourg, et qu'il avait au moins un frère ou une sœur.

🔎 Grâce aux recherches de l'historien Laurent Thiery, deux des trois résistants "inconnus" du fort de Bondues vont retrouver leur identité lors d'une cérémonie dans le fort le 19 septembre prochain. Parmi eux se trouve Paul RIFF. Dans ce cadre, le Musée de la Résistance cherche activement à prendre contact avec des membres de sa famille.

➡️ Pour toute information, vous pouvez contacter le musée au 03.20.28.88.32 ou nous écrire à [email protected]. N'hésitez pas à relayer cet appel !

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📚Archives publiques le matin, archives privées l’après-midi. Notre association poursuit les recherches !
06/07/2026

📚Archives publiques le matin, archives privées l’après-midi.
Notre association poursuit les recherches !

26/06/2026

À 5 ans, un film de Charlie Chaplin lui apprend qu’un corps peut parler sans mots. À 17 ans, l’armée allemande entre en France et sa famille fuit vers Limoges. À 20 ans, il guide des enfants juifs vers la frontière suisse avec des uniformes scouts. À 24 ans, il crée Bip, le clown qui portera son deuil en silence.

Il s’appelait Marcel Mangel.

Le monde le connaîtra sous un autre nom : Marcel Marceau.

Il naît le 22 mars 1923, à Strasbourg, dans une famille juive. Son père, Charles Mangel, est boucher casher. Sa mère l’emmène très tôt voir Charlie Chaplin au cinéma.

L’enfant regarde l’écran.

Pas besoin de mots.

Pas besoin d’explications.

Un geste suffit.

Cette découverte devient une vocation. Marcel imite Chaplin. Il apprend la force d’un visage, d’une marche, d’un silence bien placé.

Puis la guerre arrive.

En 1940, l’Allemagne nazie envahit la France. Marcel a 17 ans. Sa famille quitte Strasbourg et se réfugie à Limoges.

Son cousin Georges Loinger, engagé dans les réseaux de sauvetage juifs, participe à l’évacuation d’enfants menacés par les n***s.

Marcel rejoint l’effort.

Il change de nom.

Mangel devient Marceau.

Ce n’est pas une coquetterie d’artiste. C’est une protection. Un nom peut sauver une vie quand un autre peut la condamner.

Avec son frère Alain, il aide à fabriquer de faux papiers. Il modifie des âges, des identités, des dossiers. Il travaille pour que des enfants juifs paraissent moins visibles aux yeux de l’occupant.

Mais il ne reste pas seulement derrière une table.

Il accompagne aussi des enfants.

Les enfants doivent marcher. Se taire. Ne pas pleurer. Ne pas attirer les soldats. Ne pas laisser la peur trahir leur présence.

Alors Marcel utilise ce qu’il sait faire.

Il mime.

Un visage drôle.

Un geste absurde.

Un pas contre un vent invisible.

Les enfants regardent. Leur respiration ralentit. Leur peur se transforme, juste assez longtemps, en attention.

Le silence devient une arme.

Pas une arme pour tuer.

Une arme pour passer.

À travers la France occupée, ces enfants portent des uniformes scouts pour ressembler à un groupe ordinaire. Mais rien n’est ordinaire dans leur marche.

Ils ne partent pas camper.

Ils partent vivre.

Chaque bruit peut les perdre. Chaque contrôle peut tout arrêter. Chaque frontière devient une ligne entre l’enfance et la disparition.

Marcel avait rêvé de faire rire avec le silence.

La guerre lui apprend à sauver avec lui.

Mais il ne peut pas sauver tout le monde.

En 1944, son père Charles est arrêté par la Gestapo. Il est déporté à Auschwitz. Il ne revient pas.

Cette perte ne quittera jamais Marcel.

Après la libération de Paris, il joue devant des soldats américains. Puis il reprend les études d’art dramatique.

En 1947, il crée Bip.

Un clown au visage blanc, au haut-de-forme abîmé, au pull rayé. Un être fragile, drôle, maladroit, blessé, qui traverse la vie sans prononcer un mot.

Les spectateurs rient.

Puis ils sentent autre chose.

Une solitude.

Une tendresse.

Un chagrin.

Ils ne savent pas toujours d’où vient cette mélancolie. Mais elle est là, dans chaque geste, dans chaque chute, dans chaque regard tourné vers l’invisible.

Marcel Marceau devient le mime le plus célèbre du monde. Pendant plus de 60 ans, il joue sur les scènes, enseigne, voyage, transmet l’art de dire sans parler.

En 2001, il reçoit la médaille Raoul Wallenberg de l’Université du Michigan, en hommage à son rôle pendant la Shoah. Il raconte alors une partie de son histoire de Résistance, avec humour et gravité.

Il dira :

« Le destin m’a permis de vivre. »

Cette phrase contient tout.

La gratitude.

La dette.

La mission.

Marcel Marceau meurt le 22 septembre 2007, jour de Yom Kippour, à 84 ans. Il repose au cimetière du Père-Lachaise, à Paris, sous une pierre marquée d’une étoile de David.

Il avait passé sa vie à faire rire le monde sans parler.

Mais avant les scènes, avant les applaudissements, avant Bip, il y eut ces enfants juifs qu’il fallait garder calmes dans la nuit.

Un film de Chaplin.

Un faux nom.

Un geste silencieux devant des enfants terrifiés.

Parfois, le silence n’est pas absence.
Il devient protection.
Et parfois, un homme sauve des vies avec ce que le monde croyait seulement fait pour divertir.

25/06/2026

Ce dimanche, Tal Bruttmann évoquait Marc Bloch dans C Politique. Un rappel saisissant que l’histoire n’est pas un monument figé : elle avance, elle s’affine, elle intègre ce que les chercheurs d’hier ont mis au jour, sans jamais l’effacer.

De nouvelles découvertes émergent sans cesse, pour peu qu’on sache chercher. Et qu’on le veuille vraiment.

C’est cette conviction, et ce bonheur, qui guident notre travail quotidien au sein de Lille-Fives 1942.

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