02/04/2026
Si vous saviez combien ça me pèse de prendre la parole, de surcroît un jour comme celui de journée mondiale de sensibilisation à l’autisme.
Pourquoi ?
Parce que Gaspard n’ira pas à l’école aujourd’hui, ni demain. Et son emploi du temps « gruyère »aurait largement suffi à justifier cela mais la raison est autre.
Hier, nous avons découvert à quel point il souffrait du regard et des gestes des autres enfants. Il a réussi à poser des mots sur ce qu’il vivait : les moqueries, les insultes, le harcèlement pendant les récréations. Dans sa bouche, ces mots avaient le poids du monde. Le collège est cruel.
En tant que parent – et aidant – il faut parfois affronter cette douleur muette, celle qui rappelle que la différence est encore trop souvent source d’incompréhension.
L’école fait ce qu’elle peut, les enseignants sont à l’écoute, mais la réalité, c’est que l’inclusion ne se décrète pas : elle se construit, patiemment, dans chaque regard, dans chaque mot, dans chaque attitude.
Aujourd’hui, nous restons auprès de lui. Pour l’écouter, le rassurer, l’aider à reconstruire un peu de confiance.
Je partage cela ici, non pas pour émouvoir, mais pour témoigner du chemin qu’il reste à parcourir pour que chaque enfant, quel qu’il soit, trouve à l’école sa juste place — sans peur, sans honte, sans violence.
Parce qu’accepter la différence, c’est un apprentissage collectif.
Et il commence dès la cour de récréation