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Cette page a pour objet l’information et l’expression syndicale des salariés.

⭐️ N°40 – La rupture conventionnelle en 5 questionsLa rupture conventionnelle est souvent présentée comme une séparation...
24/08/2026

⭐️ N°40 – La rupture conventionnelle en 5 questions

La rupture conventionnelle est souvent présentée comme une séparation simple, rapide et sans conflit entre le salarié et l’employeur.

On entend parfois :

❌ « C’est mieux qu’un licenciement dans tous les cas. »

❌ « Si la direction me la propose, je suis obligé d’accepter. »

❌ « L’indemnité est fixée par l’employeur. »

❌ « Il suffit de signer un formulaire et je peux partir immédiatement. »

❌ « Je toucherai le chômage dès le lendemain de mon départ. »

Non.

La rupture conventionnelle n’est ni une démission ni un licenciement. Elle repose sur un accord libre entre l’employeur et le salarié pour mettre fin à un CDI.

Elle ne peut être imposée par aucune des deux parties.

Dans un ESPIC appliquant la CCN 51, comme le GHICL, les conditions proposées doivent être examinées avec attention : indemnité, date de départ, congés payés, primes, clause de non-concurrence, indemnisation par France Travail et conséquences sur les droits du salarié.

Une rupture conventionnelle peut être une solution intéressante, mais elle peut aussi permettre à l’employeur d’éviter un licenciement, un reclassement, un préavis ou certaines obligations liées à un licenciement économique.

➡️ Il ne faut donc jamais signer dans la précipitation.

👉 À retenir

🟣 La rupture conventionnelle concerne uniquement un salarié en CDI.

🟣 Elle ne peut être imposée ni par l’employeur ni par le salarié.

🟣 L’employeur n’est pas obligé d’accepter une demande de rupture conventionnelle, ni même d’y répondre.

🟣 Au moins un entretien doit être organisé pour négocier les conditions du départ.

🟣 Le salarié peut se faire assister par un représentant du personnel ou un autre salarié de l’entreprise.

🟣 Le montant de l’indemnité peut et doit être négocié.

🟣 L’indemnité ne peut pas être inférieure au minimum légal ou conventionnel applicable.

🟣 Après la signature, chaque partie dispose de 15 jours calendaires pour se rétracter.

🟣 La convention doit ensuite être homologuée par l’administration.

🟣 Il n’existe pas de préavis obligatoire : la date de départ est négociée entre les parties.

🟣 La rupture conventionnelle peut ouvrir droit à l’allocation chômage, sous réserve de remplir les conditions de France Travail.

🟣 Le versement de l’allocation chômage peut toutefois être ret**dé, notamment lorsqu’une indemnité supérieure au minimum légal est négociée.

1️⃣ La rupture conventionnelle, c’est quoi ?

La rupture conventionnelle permet à l’employeur et au salarié de décider ensemble de mettre fin à leur contrat de travail à durée indéterminée.

Ce n’est :

❌ ni une démission ;

❌ ni un licenciement ;

❌ ni un abandon de poste ;

❌ ni une transaction réglant automatiquement tous les litiges existants.

Le salarié ne peut pas imposer une rupture conventionnelle à son employeur.

À l’inverse, l’employeur ne peut pas obliger le salarié à l’accepter.

Une demande peut être faite oralement, par mail ou par courrier. Aucun formalisme particulier n’est imposé pour demander l’ouverture de discussions. Mais l’autre partie n’est pas obligée de répondre favorablement, ni même de répondre à la demande.

📌 Attention aux pressions

Une rupture conventionnelle doit être signée avec un consentement libre et éclairé.

Il faut être particulièrement vigilant lorsque l’employeur dit :

❌ « Signez, sinon vous serez licencié pour faute. »

❌ « Vous devez décider aujourd’hui. »

❌ « C’est ça ou rien. »

❌ « Si vous refusez, votre situation va devenir compliquée. »

❌ « Ne contactez pas le syndicat, cela ret**dera seulement votre départ. »

Une rupture conventionnelle obtenue sous la pression, la menace ou dans un contexte empêchant un consentement véritable peut être contestée.

Elle peut être conclue pendant un arrêt maladie, un accident du travail, un congé maternité ou un congé parental, mais uniquement lorsque le consentement du salarié reste réellement libre.

2️⃣Quelle est la procédure ?

L’employeur et le salarié doivent se rencontrer au cours d’au moins un entretien.

Cet entretien doit permettre de discuter notamment :

🟣 du principe même de la rupture ;

🟣 de la date de fin du contrat ;

🟣 du montant de l’indemnité ;

🟣 des congés payés restant à prendre ou à payer ;

🟣 du paiement des primes et éléments variables ;

🟣 du sort d’une éventuelle clause de non-concurrence ;

🟣 de la remise des documents de fin de contrat ;

🟣 des éventuels engagements complémentaires négociés.

Aucun délai légal n’est imposé entre l’entretien et la signature. La convention peut donc juridiquement être signée le jour de l’entretien.

Mais rien n’oblige le salarié à signer immédiatement.

➡️ Le bon réflexe est de demander le projet, de repartir avec et de prendre le temps de faire vérifier les calculs avant de signer.

Le salarié doit recevoir un exemplaire daté et signé de la convention. L’absence de remise d’un exemplaire peut permettre de demander l’annulation de la rupture devant le conseil de prud’hommes.

👥 Le salarié peut-il être assisté ?

Oui.

Au GHICL, puisqu’il existe des représentants du personnel, le salarié peut se faire assister par une personne appartenant au personnel de l’établissement :

• un représentant syndical SUD ;

• un élu du CSE ;

• un représentant du personnel ;

• un collègue de son choix.

Le salarié doit informer l’employeur avant l’entretien de son intention d’être assisté.

Lorsque le salarié se fait assister, l’employeur peut également être accompagné. Dans une entreprise d’au moins 50 salariés, comme le GHICL, l’accompagnateur de l’employeur doit appartenir au personnel de l’entreprise.

Si le salarié vient seul, l’employeur ne peut pas, de son côté, être assisté.

La personne qui accompagne le salarié peut :

🟣 prendre des notes ;

🟣 demander des précisions ;

🟣 vérifier les montants annoncés ;

🟣 rappeler que la rupture doit rester volontaire ;

🟣 demander du temps avant toute signature ;

🟣 proposer une indemnité supérieure ;

🟣 faire préciser les engagements de l’employeur ;

🟣 établir ensuite un compte rendu des discussions.

3️⃣ Que doit contenir la convention ?

La convention doit préciser au minimum :

🟣 la date de signature ;

🟣 la date de fin du délai de rétractation ;

🟣 la date prévue de rupture du contrat ;

🟣 le montant de l’indemnité spécifique de rupture conventionnelle ;

🟣 l’identité des parties ;

🟣 les informations relatives au ou aux entretiens ;

🟣 l’éventuelle assistance du salarié et de l’employeur.

La date de fin du contrat ne peut pas intervenir avant la fin de la procédure d’homologation.

Il n’existe pas de préavis légal en matière de rupture conventionnelle. Le salarié continue normalement à travailler et à percevoir sa rémunération jusqu’à la date de fin de contrat prévue dans la convention.

Les parties peuvent négocier une date de départ plus éloignée afin de permettre au salarié :

• d’organiser sa recherche d’emploi ;

• de terminer une formation ;

• de bénéficier de certains droits ou primes ;

• de transmettre ses fonctions ;

• de préparer son projet professionnel.

La date de départ est donc un élément de la négociation, au même titre que l’indemnité.

📌 Les points à faire inscrire noir sur blanc

Avant de signer, il faut vérifier :

✔️ le montant brut de l’indemnité ;

✔️ la date exacte de rupture ;

✔️ le paiement du salaire jusqu’à cette date ;

✔️ les congés payés acquis et non pris ;

✔️ les jours de récupération et les compteurs d’heures ;

✔️ les primes annuelles, variables ou liées aux contraintes du poste ;

✔️ la prime décentralisée, selon les règles applicables ;

✔️ les remboursements restant dus ;

✔️ le matériel à restituer ;

✔️ la portabilité de la mutuelle et de la prévoyance ;

✔️ le sort d’une éventuelle clause de non-concurrence ;

✔️ la remise de l’attestation France Travail, du certificat de travail et du solde de tout compte.

Une promesse orale de l’employeur n’est pas suffisante.

➡️ Tout engagement important doit être écrit.

4️⃣ Quelle indemnité doit être versée ?

Le salarié perçoit une indemnité spécifique de rupture conventionnelle, quelle que soit son ancienneté.

Cette indemnité ne peut pas être inférieure au montant de l’indemnité légale ou conventionnelle de licenciement applicable.

Mais ce montant constitue uniquement un minimum.

Le salarié peut négocier davantage, notamment en tenant compte :

🟣 de son ancienneté ;

🟣 de son salaire ;

🟣 de sa qualification ;

🟣 de sa difficulté à retrouver un emploi équivalent ;

🟣 de la perte de primes ou d’avantages ;

🟣 du délai avant le versement de l’allocation chômage ;

🟣 du contexte dans lequel la rupture est proposée ;

🟣 d’un éventuel litige existant ;

🟣 des risques juridiques que l’employeur souhaite éviter ;

🟣 des économies réalisées par l’employeur en l’absence de préavis ou de procédure de licenciement.

Le montant doit être calculé à partir du salaire brut de référence. Le calcul doit intégrer les éléments de rémunération devant légalement être pris en compte, notamment certaines primes au prorata.

⚠️ Le point particulier de la CCN 51

La rédaction actuelle de l’article 15.02.3 de la CCN 51 renvoie aux dispositions légales et réglementaires pour le montant de l’indemnité de licenciement.

Le salaire de référence est déterminé selon la formule la plus favorable au salarié :

🟣 soit la moyenne mensuelle des rémunérations des 12 derniers mois ;

🟣 soit le tiers des rémunérations des 3 derniers mois, avec prise en compte proportionnelle des primes annuelles ou exceptionnelles.

Au GHICL, il faut également vérifier le contrat de travail, les accords d’entreprise et les éventuelles dispositions ou pratiques plus favorables.

Exemple simple

Un salarié percevant un salaire brut mensuel de référence de 2 500 € et ayant 10 ans d’ancienneté aurait une indemnité légale minimale correspondant, selon la formule légale actuelle, à :

2 500 € × 1/4 de mois × 10 ans = 6 250 € brut.

Ce montant est un plancher, pas une proposition automatiquement acceptable.

Si l’employeur est à l’origine de la demande, le salarié a tout intérêt à négocier une indemnité supérieure.

🆕 Mise à jour 2026

Depuis le 1er janvier 2026, la contribution patronale spécifique applicable à la part exonérée de cotisations de l’indemnité de rupture conventionnelle est passée de 30 % à 40 %.

Cette contribution est payée par l’employeur à l’Urssaf.

➡️ Elle ne doit pas être prélevée sur l’indemnité négociée avec le salarié.

L’employeur peut évoquer le coût global de la rupture dans la négociation, mais cela ne l’autorise pas à déduire sa contribution patronale du montant prévu dans la convention.

5️⃣ Peut-on se rétracter après avoir signé ?

Oui.

L’employeur comme le salarié disposent d’un délai de 15 jours calendaires pour revenir sur leur décision.

Tous les jours du calendrier sont comptés : du lundi au dimanche, jours fériés compris.

Le délai commence le lendemain de la signature.

Lorsque le dernier jour tombe un samedi, un dimanche, un jour férié ou un jour chômé, le délai est prolongé jusqu’au premier jour ouvrable suivant.

La personne qui se rétracte n’a pas à justifier sa décision.

Il est conseillé d’adresser la rétractation :

🟣 par lettre recommandée avec accusé de réception ;

ou

🟣 par lettre remise en main propre contre décharge.

Il faut conserver une copie du courrier et la preuve de sa remise ou de son envoi.

Que se passe-t-il ensuite ?

Après l’expiration du délai de rétractation, la demande d’homologation est transmise à la DDETSPP, en principe par l’intermédiaire du téléservice TéléRC.

L’administration dispose de 15 jours ouvrables, à compter du lendemain de la réception de la demande, pour contrôler la convention.

Elle vérifie notamment :

• le respect de la procédure ;

• la liberté du consentement ;

• le montant minimal de l’indemnité ;

• les dates indiquées ;

• le respect du délai de rétractation.

En l’absence de réponse dans ce délai, l’homologation est considérée comme accordée.

Le contrat ne peut prendre fin avant le lendemain de l’homologation.

⚠️ Cas particulier des salarié·es protégé·es

Pour un salarié protégé, notamment certains élus du CSE, représentants syndicaux ou salariés titulaires d’un mandat protégé, la rupture conventionnelle ne fait pas l’objet d’une simple homologation.

Elle doit être **autorisée par l’inspection du travail.

L’inspecteur du travail doit vérifier :

🟣 que le salarié a librement consenti à la rupture ;

🟣 que la rupture n’est pas liée à son mandat ;

🟣 qu’aucune pression syndicale ou discrimination n’est à l’origine du départ.

Dans certaines situations, le CSE doit être consulté avant la demande d’autorisation.

La protection du salarié ne disparaît donc pas simplement parce qu’une rupture conventionnelle est proposée.

💶 Et concernant le chômage ?

Une rupture conventionnelle homologuée constitue une perte involontaire d’emploi permettant, sous réserve de remplir les autres conditions, de bénéficier de l’allocation d’aide au retour à l’emploi.

Mais le versement n’intervient pas nécessairement dès le lendemain du départ.

Peuvent notamment s’appliquer :

🟣 un différé lié aux congés payés indemnisés ;

🟣 un différé spécifique lié à la partie de l’indemnité dépassant le minimum prévu ;

🟣 un délai d’attente de sept jours, lorsqu’il n’a pas déjà été appliqué dans les douze mois précédents.

Le différé spécifique lié aux indemnités dites « supra-légales » peut atteindre jusqu’à 150 jours calendaires.

Il faut donc calculer les conséquences sur la date de début d’indemnisation avant de fixer le montant et la date de départ. Une indemnité supérieure reste avantageuse, mais le salarié doit anticiper une période éventuelle sans salaire ni allocation.

⚠️ À ne pas confondre

Une rupture conventionnelle individuelle n’est pas une rupture conventionnelle collective.

Une rupture conventionnelle n’est pas un licenciement économique.

Une rupture conventionnelle ne comprend pas automatiquement un préavis payé.

Le minimum légal n’est pas obligatoirement une bonne négociation.

Le droit au chômage ne signifie pas un versement immédiat.

Le délai de rétractation n’est pas le délai d’homologation.

La signature du salarié ne suffit pas : la convention doit encore être homologuée ou autorisée.

L’homologation administrative ne rend pas impossible toute contestation.

Une rupture conventionnelle ne doit pas servir à masquer un harcèlement, une discrimination, une inaptitude ou un projet de suppression d’emplois.

🚨 Lorsque l’employeur propose la rupture

Il faut s’interroger sur ses motivations :

❓ Existe-t-il déjà un conflit avec le salarié ?

❓ Des reproches ou menaces de sanction ont-ils été formulés ?

❓ L’employeur cherche-t-il à éviter un licenciement ?

❓ Le poste va-t-il être supprimé ?

❓ D’autres salariés reçoivent-ils la même proposition ?

❓ L’établissement connaît-il des difficultés économiques ?

❓ Le salarié est-il en arrêt maladie, en situation d’inaptitude ou en souffrance au travail ?

❓ Une procédure de reclassement devrait-elle normalement être engagée ?

❓ L’employeur cherche-t-il à éviter le paiement d’un préavis important prévu par la CCN 51 ?

Une rupture conventionnelle peut être conclue dans une entreprise connaissant des difficultés économiques, mais elle ne doit pas servir à contourner les garanties d’un licenciement économique, comme les obligations de reclassement ou les dispositifs d’accompagnement.

📝 Avant de signer, préparez votre négociation

Demandez :

🟣 une simulation écrite de l’indemnité ;

🟣 le salaire brut de référence retenu ;

🟣 le détail de l’ancienneté calculée ;

🟣 la liste des primes prises en compte ;

🟣 une estimation du différé France Travail ;

🟣 le solde des congés et récupérations ;

🟣 la date prévisionnelle du dernier salaire ;

🟣 les conditions de portabilité de la mutuelle ;

🟣 le projet complet de convention ;

🟣 un délai raisonnable pour réfléchir ;

🟣 la présence d’un représentant SUD lors de l’entretien.

Ne signez jamais :

❌ un document incomplet ;

❌ un formulaire antidaté ;

❌ une convention dont le montant ne correspond pas à ce qui a été négocié ;

❌ un document sans en recevoir immédiatement un exemplaire ;

❌ une rupture obtenue sous la menace d’une sanction ;

❌ un solde de tout compte sans vérifier les sommes versées.

💬 En clair

Une rupture conventionnelle peut être utile lorsqu’elle correspond réellement au projet du salarié et que les conditions sont correctement négociées.

Mais elle est souvent plus avantageuse pour l’employeur qu’une démission ou qu’un licenciement comportant un long préavis, des obligations de reclassement ou un risque de contestation.

Au GHICL, la durée conventionnelle du préavis de licenciement peut être importante selon l’ancienneté et la catégorie professionnelle.

Même si aucun préavis n’est juridiquement dû dans une rupture conventionnelle, sa valeur doit être prise en compte dans la négociation lorsque la demande vient de l’employeur.

➡️ L’employeur ne doit pas économiser plusieurs mois de salaire en proposant uniquement l’indemnité minimale.

✊ SUD Santé Sociaux GHICL défend

• une rupture réellement choisie et jamais imposée ;

• l’absence de pression ou de menace contre les salarié·es ;

• le droit d’être accompagné à chaque entretien ;

• un temps suffisant pour réfléchir avant de signer ;

• la remise d’une simulation complète et compréhensible ;

• la prise en compte de toutes les primes et rémunérations ;

• une indemnité négociée au-delà du minimum lorsque l’employeur est à l’origine du départ ;

• la prise en compte de la valeur du préavis économisé par l’employeur ;

• la vérification des conséquences sur les droits France Travail ;

• la protection renforcée des représentant·es du personnel ;

• l’interdiction d’utiliser les ruptures conventionnelles pour contourner un licenciement économique ou supprimer discrètement des postes.

📩 Vous envisagez une rupture conventionnelle ou la direction vous en propose une ?

Ne signez pas lors du premier entretien.

➡️ Contactez vos représentant·es SUD Santé GHICL 59 pour vérifier le montant, préparer la négociation et sécuriser vos droits.

Parce qu’une rupture conventionnelle doit être un accord négocié, et non un licenciement déguisé à moindre coût.

✊ SUD Santé Sociaux – Section GHICL

⭐️ N°39 – L’entretien préalable au licenciement en 6 questionsRecevoir une convocation à un entretien préalable au licen...
17/08/2026

⭐️ N°39 – L’entretien préalable au licenciement en 6 questions

Recevoir une convocation à un entretien préalable au licenciement est toujours un moment difficile.

La lettre peut être courte, parfois inquiétante, et le salarié ne sait pas forcément ce qui lui est reproché ni comment réagir.

Pourtant, cette convocation ne signifie pas que le licenciement est déjà prononcé.

L’entretien préalable doit permettre à l’employeur d’exposer les motifs de la décision qu’il envisage et au salarié de donner ses explications, de contester les faits, de présenter des éléments et de proposer éventuellement une autre solution.

Dans un ESPIC appliquant la CCN 51, comme le GHICL, les salarié·es relèvent du Code du travail, de la convention collective FEHAP, des accords d’entreprise et des dispositions plus favorables lorsqu’elles existent.

On entend pourtant encore :

❌ « Si je suis convoqué, c’est que tout est déjà décidé. »

❌ « Je dois aller seul à l’entretien. »

❌ « Mon responsable n’est pas obligé de me dire ce qu’il me reproche. »

❌ « Si je ne vais pas à l’entretien, je serai automatiquement licencié pour faute. »

❌ « Je dois signer tous les documents présentés pendant l’entretien. »

❌ « À l’hôpital, la direction peut aller plus vite parce qu’il faut assurer la continuité des soins. »

Non.

Une procédure de licenciement doit respecter des règles précises. La continuité des soins ne permet pas à l’employeur de supprimer les droits de la défense.

L’entretien préalable est obligatoire avant un licenciement pour motif personnel. Des règles particulières existent cependant pour certains licenciements économiques collectifs, notamment lorsqu’au moins dix licenciements sont envisagés sur trente jours dans une entreprise disposant d’un CSE.

👉 À retenir

🟣 La convocation ne constitue pas encore une décision de licenciement.

🟣 L’entretien ne peut pas avoir lieu moins de cinq jours ouvrables après la présentation ou la remise de la convocation.

🟣 La lettre doit indiquer l’objet, la date, l’heure, le lieu de l’entretien et la possibilité pour le salarié de se faire assister.

🟣 Au GHICL, le salarié peut notamment se faire assister par une personne appartenant au personnel de l’établissement, par exemple un représentant SUD.

🟣 L’employeur doit exposer les motifs de la décision envisagée et recueillir les explications du salarié.

🟣 Le salarié n’est pas obligé de se présenter, mais son absence n’empêche pas l’employeur de poursuivre la procédure.

🟣 Le salarié n’est pas obligé de signer immédiatement un compte rendu, une reconnaissance des faits ou tout autre document présenté pendant l’entretien.

🟣 La lettre de licenciement ne peut pas être envoyée moins de deux jours ouvrables après l’entretien.

🟣 Pour un licenciement disciplinaire, la sanction doit normalement être notifiée au plus t**d un mois après la date fixée pour l’entretien.

🟣 En CCN 51, sauf faute grave, un licenciement disciplinaire ne peut normalement pas intervenir si le salarié n’a pas déjà fait l’objet d’au moins une sanction préalable.

1️⃣ Comment la convocation doit-elle être remise ?

La convocation doit être adressée :

🟣 par lettre recommandée ;

ou

🟣 par lettre remise en main propre contre décharge.

La remise en main propre suppose normalement que le salarié signe un document attestant de la date de réception. En cas de refus de signer la décharge, l’employeur doit sécuriser la convocation par un autre moyen, notamment par lettre recommandée.

Le fait de ne pas aller chercher une lettre recommandée ne bloque pas nécessairement la procédure. Le délai peut commencer à courir à partir de la première présentation de la lettre.

Il faut donc éviter de laisser une lettre recommandée sans réponse en pensant que cela empêchera l’entretien ou le licenciement.

📌 Le bon réflexe :

Dès réception de la convocation :

• conservez l’enveloppe ;

• notez la date de première présentation ;

• faites une copie de la lettre ;

• contactez rapidement un représentant SUD ;

• ne restez pas seul face à la procédure.

2️⃣ Que doit contenir la convocation ?

La convocation doit préciser clairement :

🟣 qu’un licenciement est envisagé ;

🟣 la date de l’entretien ;

🟣 l’heure de l’entretien ;

🟣 le lieu de l’entretien ;

🟣 la possibilité pour le salarié de se faire assister.

Lorsqu’il existe des représentants du personnel dans l’entreprise, le salarié peut se faire assister par une personne de son choix appartenant au personnel.

Dans une entreprise dépourvue de représentants du personnel, la lettre doit aussi mentionner la possibilité de faire appel à un conseiller du salarié extérieur à l’entreprise ainsi que les endroits où la liste de ces conseillers peut être consultée.

La convocation ne signifie pas que le licenciement est décidé. Elle doit annoncer une décision seulement envisagée.

📌 Au GHICL, un salarié convoqué peut demander à être assisté par un représentant SUD appartenant au personnel de l’établissement. Il est préférable de transmettre la convocation immédiatement afin de préparer l’entretien dans de bonnes conditions.

3️⃣ Quel délai doit être respecté avant l’entretien ?

L’entretien ne peut pas avoir lieu moins de cinq jours ouvrables après :

• la première présentation de la lettre recommandée ;

ou

• la remise en main propre de la convocation.

Le jour de la présentation ou de la remise de la lettre ne compte pas.

Le jour de l’entretien ne compte pas non plus.

Les jours ouvrables correspondent généralement à tous les jours de la semaine, sauf le dimanche et les jours fériés habituellement non travaillés. Le samedi peut donc compter, même lorsque le salarié ne travaille pas ce jour-là.

Ce délai doit permettre au salarié :

🟣 de comprendre la situation ;

🟣 de rechercher une personne pour l’assister ;

🟣 de réunir des documents ;

🟣 de préparer ses explications ;

🟣 de prendre conseil auprès du syndicat.

Un entretien organisé trop rapidement peut constituer une irrégularité de procédure.

📌 Attention : il faut calculer ce délai à partir de la première présentation du recommandé et non du jour où le salarié décide d’aller le retirer.

4️⃣ Le salarié peut-il être assisté ?

Oui, et c’est fortement conseillé.

Lorsqu’il existe un CSE ou des représentants du personnel dans l’entreprise, le salarié peut choisir une personne appartenant au personnel de l’entreprise :

• un représentant syndical ;

• un élu du CSE ;

• un collègue ;

• toute autre personne appartenant au personnel et acceptant de l’assister.

La personne qui assiste le salarié peut :

🟣 prendre des notes ;

🟣 demander des explications ;

🟣 compléter les propos du salarié ;

🟣 faire préciser les faits, les dates et les reproches ;

🟣 présenter des observations ;

🟣 rappeler certaines règles applicables ;

🟣 établir ensuite un compte rendu de l’entretien.

Le conseiller ou le représentant n’est pas seulement présent comme témoin silencieux. Il peut intervenir et aider le salarié à présenter sa défense.

Le salarié doit informer l’employeur de la présence de la personne qui l’assistera. Même lorsqu’aucun formalisme particulier n’est imposé, il est préférable de le faire par écrit.

La personne choisie pour assister le salarié ne doit subir aucune perte de rémunération du fait de cette assistance.

5️⃣ Comment se déroule l’entretien ?

L’employeur doit indiquer les motifs de la décision de licenciement envisagée et recueillir les explications du salarié.

L’entretien doit permettre un véritable échange.

Le salarié peut notamment :

🟣 demander quels faits précis lui sont reprochés ;

🟣 demander les dates, les circonstances et les personnes concernées ;

🟣 contester les faits inexacts ;

🟣 expliquer le contexte ;

🟣 présenter des mails, plannings, témoignages ou autres documents ;

🟣 rappeler les alertes déjà effectuées ;

🟣 faire état d’un problème d’organisation, de sous-effectif, de formation ou de consignes contradictoires ;

🟣 demander quelles vérifications ont été réalisées ;

🟣 proposer une solution différente du licenciement.

L’employeur ne peut pas se contenter d’accusations vagues tout en refusant tout échange. Il doit recueillir les explications du salarié avant de prendre sa décision.

Le salarié ne doit pas se sentir obligé de reconnaître des faits qu’il conteste.

Il peut demander du temps pour lire un document. Il n’est pas obligé de signer immédiatement un compte rendu rédigé par l’employeur, une reconnaissance de responsabilité ou un document avec lequel il n’est pas d’accord.

Lorsque le salarié signe uniquement pour confirmer la remise d’un document, il peut écrire à côté de sa signature :

« Reçu le …, sans reconnaissance des faits et sous réserve de mes droits. »

📌 Pendant l’entretien :

• restez calme ;

• demandez des faits précis ;

• évitez les réponses improvisées ;

• ne signez pas un document que vous ne comprenez pas ;

• demandez une copie de tout document présenté ;

• laissez la personne qui vous assiste prendre des notes ;

• évitez les échanges agressifs, même lorsque les accusations sont injustes.

L’entretien préalable est une phase de la procédure et non un tribunal. Mais les déclarations faites à cette occasion pourront avoir une importance en cas de contestation ultérieure.

6️⃣ Que se passe-t-il après l’entretien ?

L’employeur n’est pas obligé de prendre sa décision immédiatement.

S’il décide de licencier le salarié, il doit lui notifier la décision par lettre recommandée avec avis de réception. Cette lettre doit préciser le ou les motifs du licenciement.

Pour un licenciement pour motif personnel, la lettre ne peut pas être envoyée moins de **deux jours ouvrables** après la date prévue de l’entretien.

Lorsqu’il s’agit d’un licenciement disciplinaire, la sanction ne peut pas être notifiée plus d’un mois après la date fixée pour l’entretien.

L’employeur ne doit donc normalement pas remettre au salarié une lettre de licenciement déjà préparée pendant l’entretien. Cela pourrait montrer que les explications du salarié n’ont pas réellement été prises en compte.

L’absence du salarié à l’entretien ne bloque pas la procédure. Toutefois, cette absence ne constitue pas automatiquement une faute et ne dispense pas l’employeur de vérifier les faits reprochés.

Si le salarié reçoit ensuite une lettre de licenciement, il doit la conserver avec :

• la convocation ;

• l’enveloppe du recommandé ;

• ses mails ;

• ses plannings ;

• les éventuels témoignages ;

• les documents remis pendant l’entretien ;

• les notes prises par la personne qui l’a assisté.

Ces éléments permettront de vérifier la régularité de la procédure et le sérieux du motif invoqué.

⚠️ Le point particulier de la CCN 51

La CCN 51 prévoit une protection importante en matière disciplinaire.

Son article 05.03.2 indique notamment que :

🟣 l’observation, l’avertissement et la mise à pied doivent être motivés par écrit ;

🟣 une sanction non suivie d’une autre sanction dans un délai maximal de deux ans doit être annulée et aucune trace ne doit en être conservée ;

🟣 sauf faute grave, un salarié ne peut pas faire l’objet d’un licenciement disciplinaire s’il n’a pas déjà reçu au moins une sanction préalable parmi celles prévues ;

🟣 quelle que soit la sanction disciplinaire, le salarié doit être convoqué à un entretien préalable.

Cette disposition doit être vérifiée dans chaque dossier.

Un employeur ne peut pas simplement ignorer la CCN 51 et se limiter au minimum prévu par le Code du travail lorsqu’une disposition conventionnelle plus favorable est applicable.

⚠️ À ne pas confondre

Une convocation à un entretien préalable n’est pas encore une lettre de licenciement.

Une mise à pied conservatoire n’est pas automatiquement une sanction définitive.

L’absence à l’entretien ne bloque pas la procédure.

Être en arrêt de travail ou en congé ne fait pas automatiquement disparaître la convocation.

Le salarié peut être assisté, mais il ne peut pas se faire remplacer : il doit être présent pour que son assistant puisse intervenir à ses côtés.

Le représentant qui accompagne le salarié ne décide pas à sa place, mais il peut intervenir, demander des explications et présenter des observations.

Une irrégularité dans la procédure n’entraîne pas automatiquement l’annulation du licenciement. Elle peut néanmoins ouvrir droit à réparation et s’ajouter à une contestation du motif du licenciement.

📝 Comment préparer son entretien ?

Avant l’entretien, le salarié doit essayer de réunir :

🟣 son contrat de travail et ses avenants ;

🟣 sa fiche de poste ;

🟣 la convocation et son enveloppe ;

🟣 ses plannings Octime ;

🟣 les mails et consignes reçus ;

🟣 les éventuelles sanctions précédentes ;

🟣 les évaluations professionnelles ;

🟣 les signalements ou fiches Qualirisque ;

🟣 les preuves d’un manque de formation ou d’une consigne contradictoire ;

🟣 les témoignages de collègues ;

🟣 une chronologie précise des événements.

Il est également utile de préparer par écrit :

• ce qui est reconnu ;

• ce qui est contesté ;

• les éléments manquants ;

• les questions à poser ;

• les documents à demander ;

• les propositions permettant d’éviter le licenciement.

💬 En clair

Au GHICL, un salarié convoqué à un entretien préalable ne doit pas rester seul.

Il faut agir rapidement, car le délai entre la réception de la convocation et l’entretien peut être très court.

La présence d’un représentant SUD permet :

• de vérifier les délais ;

• de préparer la défense du salarié ;

• de demander des précisions pendant l’entretien ;

• de prendre des notes ;

• d’éviter certaines pressions ;

• de vérifier l’application de la CCN 51 ;

• de conserver une trace utile en cas de contestation.

✊ SUD Santé Sociaux GHICL défend

• le respect intégral des droits de la défense ;

• l’application du Code du travail et de la CCN 51 ;

• des convocations claires et remises dans les règles ;

• le respect du délai de cinq jours ouvrables ;

• le droit pour chaque salarié d’être assisté ;

• la communication de faits précis et vérifiables ;

• la prise en compte réelle des explications du salarié ;

• l’interdiction des décisions préparées à l’avance ;

• l’absence de pression pour obtenir une signature ou des aveux ;

• la recherche de solutions alternatives au licenciement ;

• l’accompagnement des salarié·es avant, pendant et après l’entretien.

📩 Vous avez reçu une convocation à un entretien préalable ?

Ne restez pas seul et n’attendez pas le dernier moment.

➡️ Contactez rapidement vos représentant·es SUD Santé GHICL 59 et transmettez-leur une copie de la convocation.

Parce qu’un salarié bien accompagné est un salarié qui peut réellement faire valoir ses droits.

✊ SUD Santé Sociaux – Section GHICL

Adresse

Lille
59160

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