The Talmud Experience

The Talmud Experience Avec TalmudExperience même des non-initiés aborde le Talmud au prisme des problématiques actuelles.

📖 Reprise des études sur texte !Ce soir, nous plongerons dans l'un des épisodes les plus fascinants de la Torah : la fau...
10/06/2026

📖 Reprise des études sur texte !

Ce soir, nous plongerons dans l'un des épisodes les plus fascinants de la Torah : la faute des explorateurs.

🔎 "Errare humanus est"
La faute des explorateurs et le droit de se tromper

L'erreur est-elle seulement une faiblesse humaine ?
Peut-on grandir sans se tromper ?
Et si certaines erreurs étaient parfois le prix à payer pour devenir soi-même ?

À partir des textes de la Parachat Chéla'h Lé'ha, nous explorerons cette question à travers le regard de la Torah et de nos Sages.

🖥️ Sur Zoom
📅 Mercredi 10 juin
🕢 19h30 (heure française)

Au plaisir de vous retrouver pour cette nouvelle étude.

Je serai en France du 6 au 22 juillet.Durant cette période, je serai disponible pour intervenir dans les communautés, ce...
07/06/2026

Je serai en France du 6 au 22 juillet.

Durant cette période, je serai disponible pour intervenir dans les communautés, centres communautaires, mouvements de jeunesse, associations et groupes d'étude qui souhaiteraient organiser une conférence, un cours ou un cycle d'étude.

Cette année, je propose notamment un nouveau programme :

« Peut-on encore penser librement ? »

Une initiation à l'étude talmudique à travers les grandes tensions de notre époque.

À partir de textes du Talmud, du Midrash et de la pensée juive, nous aborderons notamment :

• Pourquoi notre époque supporte de moins en moins le désaccord
• Sommes-nous encore capables de penser par nous-mêmes ?
• La morale doit-elle limiter le pouvoir ?
• Comment rester soi-même dans une société qui veut nous ressembler ?

Le programme peut être proposé :

• sous forme d'une conférence unique
• sous forme de 2 rencontres
• ou sous forme du cycle complet de 4 séances

Si votre communauté ou votre structure souhaite organiser une intervention durant cette période, vous pouvez me contacter en message privé.

Au plaisir de vous retrouver cet été.

Akiva Zyzek

L’ÉCOLOGIE NE SAUVERA PAS LE MONDEPar Akiva ZyzekOn nous répète qu’il faut « sauver la planète ». On évoque le CO₂, les ...
07/06/2026

L’ÉCOLOGIE NE SAUVERA PAS LE MONDE
Par Akiva Zyzek
On nous répète qu’il faut « sauver la planète ». On évoque le CO₂, les degrés en plus, la fonte des glaces, la démographie galopante, la « transition écologique » ou les « solutions durables ». L’urgence s’impose, indiscutable.
Et pourtant, un malaise persiste. Oui, chacun sait qu’il faut préserver la Terre. Mais dans le discours ambiant, quelque chose sonne creux, moralisateur, parfois même hypocrite.
Pour un regard juif, ce paradoxe est encore plus marqué : la Torah est traversée de l’idée qu’il ne faut pas abîmer le monde, Bal Tash’hit, Chémita, respect de la terre, maîtrise de la consommation. Pourtant, une partie de l’écologie contemporaine semble centrée sur le seul confort matériel, sur l’angoisse de « notre qualité de vie », sans jamais poser la question essentielle : pour quelles raisons voulons-nous que ce monde subsiste ? Pour qui ? Dans quelle finalité ?
Je propose donc de relire ces enjeux, réchauffement climatique, progrès technique, pression démographique, à partir de quelques textes fondateurs. La Torah n’y répond pas seulement ; elle réoriente profondément notre manière de les aborder.
1. QUAND DAVID CREUSE TROP PROFOND : UN MIDRACH D’UNE ACTUALITE SAISISSANTE
Le Talmud rapporte un épisode étonnant : lors du creusement des fondations du Temple, David atteint les profondeurs de la terre. Les abîmes se réveillent et menacent d’engloutir le monde. Pour les apaiser, il récite quinze Psaumes de « Shir HaMa’alot » et parvient à stabiliser la situation.
Le Talmud de Jérusalem ajoute un détail : au fond de la terre, David découvre un morceau d’argile. Dans le langage du Midrach, cette argile « parle » et le supplie :
« Ne me retire pas ! Depuis le don de la Torah, je bloque les abîmes. Si tu me prends, le monde sera submergé. »
David ne l’écoute pas, emporte l’argile… et la terre est menacée.
Impossible de ne pas faire le lien avec notre époque. Nous aussi creusons toujours davantage : sous les déserts d’Arabie, les plaines américaines, les océans. Nous extrayons les ressources fossiles enfouies depuis des millénaires, arrachons à la croûte terrestre ce qui « tenait » symboliquement le monde. Et plus nous brûlons ce pétrole, plus le climat se dérègle.
Le Talmud n’évoque évidemment pas le CO₂, mais il exprime une intuition puissante : à un certain seuil, l’exploitation du monde réveille des forces qui échappent au contrôle humain. L’innovation n’est jamais neutre. Elle peut libérer les abîmes.
TUVAL CAÏN : LA PREMIERE REVOLUTION TECHNIQUE… DEJA PORTEUSE DE DANGER
Un autre passage de la Genèse parle de Tuval Caïn . La Torah dit qu’il « forgeait tous les instruments de cuivre et de fer ». En termes modernes : il invente la charrue et la métallurgie, première grande révolution technologique.
Grâce à lui, l’humanité passe de la chasse et de la cueillette à l’agriculture. Meilleurs outils, production accrue, famine repoussée. Cela semble une avancée majeure.
Pourtant, Rachi précise :
« Tuval Caïn a amélioré le savoir-faire de Caïn… en permettant de fabriquer des armes pour les assassins ».
Tuval Caïn ne cherche pas le mal. Il veut perfectionner le travail de la terre. Mais en développant les métaux, il rend possible un niveau de violence inédit : armes tranchantes, guerres organisées, meurtre technologique. La Torah saisit ici ce que nos économistes redécrivent : toute innovation porte une face lumineuse et une face sombre.
C’est le même paradoxe aujourd’hui. Les progrès médicaux ont réduit la mortalité infantile, prolongé la vie, permis à des millions d’exister. Magnifique… mais cela génère une population plus nombreuse, plus exigeante en énergie, infrastructures, nourriture. Le progrès produit la surpopulation telle que nous la vivons, non par la quantité de vies, mais par les modes de vie qu’il entraîne.
Tuval Caïn condense la modernité : une invention destinée au bien-être, qui devient source de destruction.
LA VRAIE QUESTION N’EST PAS « COMBIEN NOUS SOMMES », MAIS « COMMENT NOUS VIVONS »
Face au surpeuplement, on accuse spontanément les naissances : « Trop d’enfants, la planète va étouffer ». Certains vont jusqu’à dire : « Par amour pour la Terre, mieux vaut ne pas enfanter ».
Pour la tradition juive, le problème n’est pas là. La première mitsva est « Fructifiez, multipliez ». La vie humaine n’est pas une menace : c’est un objectif. Ce qui pose question, ce n’est pas la démographie, mais le type de civilisation que nous construisons.
Le nœud se situe ailleurs : mettons-nous notre intelligence au service de la matière, ou la matière au service de notre intelligence ?
Autrement dit : utilisons-nous notre créativité pour produire davantage de confort, d’objets, de consommation… ou pour faire grandir notre niveau moral, spirituel, relationnel ?
Toute la Torah pose des limites, non par rejet de la matière, mais pour qu’elle demeure un moyen :
• Bal tach’hit : ne pas gaspiller.
• Chémita : suspendre l’exploitation de la terre.
• Chabbat : interrompre travail et production.
• Souccot : quitter temporairement notre confort.
Ces pratiques nous rappellent que la possession ne doit pas nous posséder.
L’approche écologique dominante, elle, dit souvent : « Faites attention, sinon vous ne pourrez plus consommer autant demain ». Elle ne remet pas en cause le modèle, mais tente d’en prolonger l’usage. On recycle pour mieux racheter. On culpabilise l’individu, tandis que les structures restent inchangées.
D’où le malaise : on parle de sauver la planète pour maintenir notre confort, non pour retrouver la juste place de l’homme dans la Création.
UNE ECOLOGIE SANS HORIZON : QUAND LE SENS DISPARAIT
« Quel monde laisserons-nous à nos enfants ? » La question est bouleversante. Mais elle est régulièrement suivie de : « Pour protéger le climat, mieux vaut éviter d’avoir des enfants ».
Contradiction totale. On invoque les enfants pour justifier l’écologie, puis on affirme qu’ils aggravent le problème. Comme si l’être humain devenait un polluant. Comme si la Terre valait plus que la vie qu’elle porte.
La Torah ne sacralise jamais la nature contre l’homme. Elle présente un monde confié à l’homme. Le Midrach rapporte que Dieu dit à Adam :
« Regarde mes œuvres… Prends garde de ne pas détruire mon monde ; si tu l’abîmes, personne ne pourra le réparer après toi ».
Le monde n’est ni un décor ni une divinité. C’est un don. Et nous en sommes responsables.
Tant que le pourquoi n’est pas posé, on reste perdu : moins d’enfants mais plus de confort ; moins d’émissions mais plus de croissance ; moins de dégâts mais plus de biens. Le regard juif remet l’ordre : la finalité n’est pas la jouissance matérielle. C’est la possibilité d’une vie humaine juste, digne et sainte.
CONSOMMATION ILLIMITEE ET CHAOS : UN MIDRACH COMME MIROIR
Le Midrach Vayikra Rabba analyse les sociétés détruites par le déluge, Sodome et l’Égypte. Il énonce :
« Là où tu trouves la débauche, un chaos s’abat sur le monde et détruit les bons comme les mauvais ».
La « débauche » ici n’est pas qu’un comportement sexuel : c’est une culture sans limites, où le désir est roi, la consommation sans frein, la jouissance immédiate la norme. Quand tout devient permissif, le chaos qui suit ne distingue plus le bien du mal.
C’est l’image de notre époque : une civilisation où l’on achète, clique, jette, remplace sans cesse ; où les déplacements se multiplient ; où l’économie repose sur l’excitation du désir. Dans un tel système, le dérèglement du monde n’est pas étonnant : la planète s’épuise, les équilibres se brisent, les écarts entre riches et pauvres se creusent.
La Torah propose un autre modèle : maîtrise de soi, générosité, partage, justice. Si ces valeurs avaient structuré la mondialisation, serions-nous dans cette impasse ? Nous serions peut-être nombreux, mais pas violents envers la Terre ni entre nous.
UNE ECOLOGIE DE L’ELEVATION : UTILISER LE MONDE POUR GRANDIR
Revenons à David. Pourquoi prend-il l’argile malgré le danger ? Les maîtres expliquent qu’il construit le Temple : un lieu destiné à élever la matière vers le spirituel. Il franchit une limite pour un but supérieur : créer un espace de réparation.
Exploiter la terre, développer la technique, utiliser les ressources : tout cela peut être légitime, si la finalité est d’élever, non de consommer.
Voilà la clé d’une lecture juive :
• Le dérèglement climatique reflète surtout notre incapacité à poser des limites.
• Le progrès technique devient dangereux quand on demande seulement : « Est-ce possible ? » et jamais : « Est-ce souhaitable ? »
• La surpopulation n’est pas biologique : elle découle d’un modèle sans sobriété ni justice.
La Torah ne demande pas de renoncer au monde. Elle demande de s’en servir pour grandir : manger avec bénédiction, posséder en donnant, travailler en s’arrêtant un jour, voyager avec conscience.
« NE DETRUIS PAS MON MONDE » : UNE RESPONSABILITE JOYEUSE
Face à l’inquiétude écologique, faut-il culpabiliser chaque geste, renoncer à tout, céder à la peur ?
La Torah propose une voie différente : une responsabilité pleine et joyeuse.
Oui, nous devons réduire le gaspillage, repenser la consommation, exiger davantage de justice. Mais nous n’agissons pas pour une abstraction nommée « planète ». Nous agissons pour préserver un espace où l’être humain peut vivre en partenaire de Dieu.
Le Midrach met dans la bouche du Créateur :
« Tout ce que j’ai créé, je l’ai fait pour toi. Prends garde de ne pas détruire mon monde ».
Voilà peut-être la véritable écologie juive : regarder la Terre non comme un supermarché infini ou une divinité lointaine, mais comme un dépôt fragile confié à notre liberté.
Le défi climatique est plus qu’une crise matérielle : c’est l’occasion de poser la question que la modernité a évacuée :
QUE FAISONS-NOUS DE CE MONDE, ET DANS QUEL BUT VOULONS-NOUS QU’IL DURE ?
Si la réponse est : pour y vivre une vie de justice, de sainteté et de générosité, alors l’écologie cesse d’être culpabilisante. Elle devient une part intégrante de notre service de Dieu. Une manière concrète d’accomplir la mission originelle : « cultiver et garder le jardin ».

05/06/2026

Il y a des phrases qu'on entend une fois dans sa vie... et qu'on n'oublie jamais.

Quand j'étais adolescent, mon maître, le Rav Tuvia Goldschmidt, nous a rapporté une idée du "Saba de Novardok'' qui m'accompagne encore aujourd'hui :

"לא לחיות בדיעבד אלא לכתחילה"

La plupart d'entre nous faisons des choses, puis nous passons notre temps à les expliquer, les justifier, leur donner du sens après coup.

Le Saba proposait une autre posture.

Prendre du recul.
Réfléchir.
Chercher le sens.
Déterminer où nous voulons aller.

Et ensuite seulement construire notre vie pour réaliser ce sens.

Ne pas faire de notre vie une justification.

En faire une réalisation.

Cette idée m'accompagne depuis.

Et vous, avez-vous déjà entendu une phrase qui a changé votre manière de voir la vie ?

J'ai publié ce texte sur Yedia l'année dernière, juste avant Chavouot. C'est probablement l'un des textes dont je suis l...
20/05/2026

J'ai publié ce texte sur Yedia l'année dernière, juste avant Chavouot. C'est probablement l'un des textes dont je suis le plus satisfait.
Le titre dérange un peu, exprès. "La fête de l'échec." Parce que c'est exactement ce que c'est.
On célèbre le don de la Torah. Mais ce qu'on oublie systématiquement de dire, c'est que le premier don a été brisé. Moïse revient du Sinaï, il voit le veau d'or, et il jette les Tables. Des Tables façonnées par Dieu lui-même. Et Dieu lui répond : Yasher koha'ha, bien fait de les avoir brisées.
C'est là que tout commence. Pas dans la perfection du premier don. Dans l'assomption de sa rupture.
Ce qui m'a frappé en écrivant ce texte, c'est le détail du pain levé. Chavouot est la seule fête du Temple où l'on offre du pain levé. Pas du pain plat, pas de la pureté sans matière. Du levain. De l'ego, de la fermentation, du réel brut. Comme si le message était : on ne laisse pas la matière à la porte. On l'amène. Et on l'élève depuis là.
Et puis il y a ce que le Talmud enseigne sur l'Arche : les deuxièmes Tables y sont déposées, oui. Mais aussi les fragments des premières. On garde les morceaux cassés. On ne les jette pas. On les sanctifie.
Ça dit quelque chose de très précis sur ce que le judaïsme attend de nous. Le juste n'est pas celui qui ne tombe pas. C'est celui qui se relève. Sept fois.
Je vous laisse lire le texte complet. Chavouot approche.
👉

Chavouot est traditionnellement célébrée comme la fête du don de la Torah. Et pourtant, aucun verset ne mentionne explicitement cet événement fondateur.

18/05/2026

Sur la tête de mon fils 🤝 C'est le gage que le peuple juif a offert à Dieu pour recevoir la Torah.
Ridicule ? Totalement. Mais c'est précisément pour ça que Dieu a dit oui.
À Chavouot, cette histoire te fait voir tes enfants autrement. 👁️
🎥 Regarde. Partage. Réfléchis.

15/05/2026

Cela fait des années que je donne des cours en France.
Des cycles d’étude, des conférences, des cours de Talmud, de pensée juive, des études sur texte autour de sujets qui me travaillent profondément : le pouvoir, la liberté, Israël, la guerre, le collectif, le débat, notre époque.

Et pourtant, il y a quelque chose d’assez paradoxal :
je n’ai encore jamais vraiment donné de cours ici, à Jérusalem, là où je vis.

Pas parce que je ne voulais pas.
Peut-être justement parce que cela comptait trop pour moi.

En France, il y avait un manque évident. Les gens cherchaient un lien vivant avec les textes.
Ici en Israël, et particulièrement dans le monde francophone religieux, il y a déjà énormément de choses.
Mais depuis des mois, plusieurs personnes sont venues me parler. Toujours plus ou moins de la même chose.

Le sentiment d’étouffer un peu.

D’un côté, des discours religieux parfois très simplistes, incapables de regarder honnêtement les tensions du réel.
De l’autre, des approches plus réfléchies, plus intellectuelles parfois, mais où tout finit très vite par devenir idéologique, militant, politique, identitaire.

Et au milieu de tout ça, beaucoup de gens qui aiment profondément la Torah mais qui ne trouvent plus vraiment un endroit où étudier librement.
Où poser une vraie question sans immédiatement sentir qu’il faut déjà appartenir à un camp.

Je crois que c’est aussi mon cas.

Je ne cherche pas à lancer “un cours de plus”.
Encore moins un énième cadre communautaire.

Ce que j’aimerais construire ici à Jérusalem, c’est plutôt un véritable lieu d’étude vivant.
Petit au début.
Humain.
Avec des textes.
Du fond.
Du débat.
Des tensions parfois.
Des questions qu’on ne cherche pas à étouffer.
Un endroit où l’étude de Torah retrouve quelque chose de respirable et de sincère.

Et pour la première fois, les choses commencent concrètement à se mettre en place.
Il y a déjà des personnes qui m’ont sollicité pour cela.
Un lieu est peut-être en train de se dessiner.
Et je commence sérieusement à réfléchir au premier cycle que je pourrais donner ici.

Je ne sais pas encore exactement quelle forme cela prendra.
Mais je crois que quelque chose est en train de naître.

Et si en lisant ces lignes, vous avez l’impression que cela touche quelque chose que vous ressentez aussi, vous pouvez m’écrire en privé.

15/05/2026

BAMIDBAR : COMME UNE ARMEE D'ANGES
Une réflexion sur la Paracha par Akiva Zyzek
Les 40 années d’errance du peuple Juif à travers le désert opéreront une révolution structurelle en son sein et c’est dans le livre de Bamidbar que cela se déroule. Se préparant à entrer en Israël comme une armée d’ange (Parachat Bamidbar), le peuple Juif se métamorphosera étape après étape pendant 40 ans (Parachat Massei, dans laquelle la Torah énumère chacune de ces étapes), en passant par l’épisode des explorateurs (Parachat Chéla’h Lé’ha) qui sera un pivot dans cette lente transformation.
Mais, revenons à l’état de base avant ces différents changements. Cela est développé dans un sujet surprenant qui prend une place disproportionnée dans le récit de cette grande épopée (un sujet pourtant banal, qui s’étale sur deux Parachiot, Bamidbar et Béaaloté’ha) :
"Rangés chacun sous une bannière distincte, d’après leurs tribus paternelles, ainsi camperont les enfants d’Israël... " (Bamidbar 2 ;2)

"Chaque bannière aura un symbole dessiné sur un tissu de couleur, la couleur d’une tribu différera d’une autre, qui correspondra à la couleur de la pierre correspondante à la tribu qui se trouve dans le pectoral du grand prêtre, afin que chacun reconnaitra son drapeau" (commentaire de Rachi)
Une grande partie de la Paracha Bamidbar est monopolisée par la description du campement des tribus autour du tabernacle dans le désert. Comment de manière très ordonnée, chacune des 12 tribus installait leurs tentes sur un emplacement précis, 3 tribus par côté, et chacune plantait un drapeau devant son campement, brandi comme une bannière. Chaque drapeau avec sa couleur et son symbole brodé dessus.
L’étonnement est grand quant à l’importance donnée à ces détails sommes toutes assez banales. Et ce sentiment peut d’autant plus grandir avec les explications du Midrash.
Ces drapeaux sont, d’après le Midrash (Bamidbar Rabba 2 ;3), un présent de D. aux enfants d’Israël, en récompense à leurs aspirations à être comme une armée d’ange. Ils ont pu apercevoir cette armée entourant D., lors du dévoilement unique de la présence de D. au moment du don de la Torah sur le Mont Sinaï. Les enfants d’Israël ont vu 22 bataillons d’anges. Chacun de ces bataillons portait un étendard qui le distinguait des autres. C’est précisément ce détail qui a interpellé les enfants d’Israël et auquel ils ont aspiré.
Qu’y a-t-il de si élevé, spirituellement parlant, dans le fait d’avoir un étendard qui distingue les tribus l’une de l’autre au point de tellement développer ses détails et de nous révéler qu’il s’agit d’une des particularités des anges ?
Explique le Rav Ouri Weissblum, que les tribus ont pu voir l’unité parfaite entre les différents bataillons d’anges. C’est à cette unité parfaite qu’ils ont aspiré à ressembler à leur tour. Pour cela, ils ont compris que chacune des tribus avait une valeur qui la définissait et la distinguait des autres. Et cette valeur était brandi comme un étendard. Reconnaitre sa valeur propre c’est aussi comprendre sa complémentarité avec les autres. Avoir un tel étendard qui distingue la force d’une tribu de celle de l’autre, permet d’annuler la jalousie, la haine et la concurrence d’une tribu à l’autre et aide le peuple juif à vivre en harmonie comme une armée d’ange. L’unité, c’est comprendre sa valeur ajoutée à la collectivité et par cela comprendre la complémentarité d’un individu à l’autre. Chacun apporte à l’autre et chacun est dépendant de l’autre.

🌾 LE COMPTE DU OMER, JOUR 40(Le trente-cinquième קניין)L'ambition de cette série : une réflexion par jour sur le Compte ...
12/05/2026

🌾 LE COMPTE DU OMER, JOUR 40
(Le trente-cinquième קניין)
L'ambition de cette série : une réflexion par jour sur le Compte du Omer, une pour chaque outil d'acquisition de la Torah. Pessah n'est pas une destination, c'est un départ. Ces 49 jours sont notre feuille de route, balisée par les 48 קנייני התורה de la Mishna dans les Avot.
✦ OUTIL N°35 : אוֹהֵב אֶת הַתּוֹכָחוֹת
CELUI QUI AIME LES REMONTRANCES
Après les outils d'acquisition des jours précédents, celui-ci semble presque aller de soi. Quelqu'un qui aime la justice viscéralement, qui aspire à la droiture dans le monde, qui construit en lui les conditions intérieures pour recevoir la Torah, est forcément quelqu'un qui sait accueillir qu'on lui montre ses lacunes.
Les remontrances sont un révélateur. Elles disent ce qu'on ne voulait pas voir.

LE ROI SHLOMO ET LA DISTINCTION FONDAMENTALE
Le livre de Michlé l'enseigne avec une concision saisissante :
אַל תּוֹכַח לֵץ פֶּן יִשְׂנָאֶךָּ הוֹכַח לְחָכָם וְיֶאֱהָבֶךָּ
Ne fais pas de remontrance au railleur, de peur qu'il ne te haïsse. Fais une remontrance au sage, et il t'aimera.
Michlei 9:8
On peut penser à l'expression : on peut rire de tout, mais pas avec n'importe qui. Ici l'équivalent serait : on peut faire des remontrances, mais pas à n'importe qui.
Le verset met en opposition deux figures : le לֵץ, le railleur, et le חָכָם, le sage. Et le critère qui les distingue, c'est leur rapport à la remontrance.

ATTENTION : DE QUELLES REMONTRANCES PARLE-T-ON ?
Le Malbim nous met en garde contre un malentendu. On ne parle pas ici des remarques que les gens adorent proférer à tort et à travers, sur tout et sur tout le monde. Ce genre de remarques n'a rien à voir avec la remontrance.
En réalité, faire des remarques à tout va est souvent une façon de décharger l'anxiété que provoque en nous la confrontation aux autres. Se retrouver face à autrui révèle nos propres lacunes. Et pour éviter de faire un vrai travail sur soi, on se décharge sur l'autre. On critique pour ne pas avoir à se regarder. C'est un rapport à l'autre qui n'est pas sain, et ce n'est pas ce dont parle la Mishna.
Une remontrance authentique, c'est une expression intellectuelle, réfléchie, de la réalité. Quelque chose qui, de manière intelligente, révèle des défauts précis pour pousser au travail et engager un mouvement vers le haut.

LE RAILLEUR ET LE SAGE
On aimerait que l'enseignement de la Torah soit toujours agréable. Qu'il vienne nous rencontrer dans le sens du poil. Toujours dans la positivité, toujours dans l'acceptation. Que tout soit lisse, sans confrontation, sans tension. Une sorte de communication non violente version Torah.
Le railleur, c'est précisément celui-là. Celui qui ne veut pas rencontrer le rugueux. Celui qui veut que tout glisse.
Mais la Torah n'est pas construite comme ça. Il y a l'approche de l'אַהֲבַת הַשֵּׁם, l'amour de Dieu, et il y a aussi l'approche de la יִרְאַת הַשֵּׁם, la crainte de Dieu. On ne peut pas vivre uniquement dans la complaisance. Il y a les épreuves, il y a des limites, il y a des moments de friction. La remontrance est une de ces formes de limite qui met le cadre et qui pousse à s'élever, à se dépasser.
Le sage est celui qui comprend cela. Qui accepte que tout ne soit pas forcement agréable. Qui sait que la limite, la contradiction, la mise en question de soi ne sont pas des obstacles à la croissance. Elles en sont la condition.

RECEVOIR UNE REMONTRANCE, C'EST REJOINDRE LE RÉEL
Recevoir une remontrance, c'est se confronter au monde, à l'existence, au réel. C'est refuser de vivre dans le rêve confortable de ses propres illusions. C'est aller à la rencontre de la connaissance et s'élever avec elle.
Quelqu'un qui aime les remontrances n'est pas masochiste. Il est lucide. Il sait que ce qui le fait grandir ne sera pas toujours ce qui lui fait plaisir à entendre. Et il a développé une forme de force intérieure suffisante pour laisser entrer ce qui dérange, parce qu'il a compris que c'est là que réside la progression.
אוֹהֵב אֶת הַתּוֹכָחוֹת. Aimer les remontrances. Pas les supporter. Les aimer. Parce qu'elles disent la vérité sur ce qu'on est encore en train de devenir.

À demain, Jour 41, le trente-sixième קניין.

Adresse

9, Rue Aristide Briand
Levallois-Perret
92300

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