18/07/2025
🦋 Shutdown et Meltdown
Source :
http://letemplebleu.over-blog.com/2017/04/shutdown-et-meltdown.html
Les notions de meltdown et de shutdown dans l'autisme
Alors que relativement bien décrites et documentées dans la littérature anglophone, ces deux notions, pourtant bien connues de (presque ?) toute personne autiste et allègrement usitées sont peu référencées en France. Il semblerait que l'on évoque plus généralement les « crises ».
Les traductions de ces termes sont "effondrement" et "repli".
Pour les anglophones, je vous invite à regarder ces vidéos, de la chaîne YT Ask an Autistic, qui expliquent de façon très juste ce qu'une personne autiste peut ressentir dans ces moments-là.
Lien 1: Meltdown
Lien 2 : Shutdown
✅ Un shutdown (ou « repli »)
c'est ce moment où le cerveau se « déconnecte » et est incapable de suivre/de fonctionner efficacement.
Non, ce n'est pas exactement ce moment bien connu de tous, vous savez ces fameux « bugs » de 10 secondes où l'on regarde dans le vide, mais ça s'en rapproche sensiblement... en beaucoup plus long, avec un sentiment d'envahissement, d' «être en boucle », un soudain « joyeux bo**el » dans le cerveau suivi d'un VRAI repli, voire dans certains cas, une impossibilité de verbaliser, qui s'accompagne souvent de stéréotypies. Un véritable blocage.
Certains psychologues décrivent ce comportement comme un mécanisme d'auto-défense. Il est vrai qu'une personne non autiste peut dans sa vie ressentir quelque chose de similaire, par exemple à l'annonce d'une nouvelle catastrophique, en réaction au choc émotionnel provoqué.
Dans le cadre de l'autisme, il pourrait également s'agir d'un mécanisme d'auto-défense (cela me parle en tout cas,) mais contre un autre type d'agression, a priori « banal » pour une personne non-autiste.
Ma vision des choses, en tant qu'expérimentatrice, est que le shutdown est déclenché par les mêmes causes que le meltdown, à savoir les fameuses agressions que peuvent constituer :
1- Une surcharge sensorielle ou émotionnelle
2- Un stress ou une anxiété prolongée (par exemple : un journée difficile, une accumulation d'imprévus ou de fatigue...)
3- L’incapacité de communiquer correctement ses émotions, ses besoins, son point de vue, ce qui engendre de la frustration.
✅ Un meltdown est un effondrement. Dans tous les sens du terme. Vous savez, le bon gros « pétage de câble » des familles. Autistiquement, il peut se traduire par : des réactions plus ou moins violentes d'auto-agression ou de destruction (par exemple : se frapper la tête contre le mur, mettre sa bibliothèque sens dessus-dessous, renverser les chaises etc.) une grande agitation, des hurlements, une recrudescence des stéréotypies, le tout plus ou moins long, suivi d'une phase d'épuisement total pouvant aller de quelques heures à plusieurs jours. Parfois, les signes précurseurs peuvent être un shutdown (les deux peuvent se succéder...ou pas nécessairement) ou une agitation soudaine.
Parfois, c'est l'éruption volcanique...Tout dépend de la cause.
🔺️Quelques conseils (qui valent ce qu'ils valent) pour calmer un meltdown :
REGLE D'OR
➡️ LAISSER la personne manifester ses stéréotypies. Si elles sont présentes massivement dans un tel moment, ce n'est pas pour rien et c'est bien la preuve qu'elles exercent une fonction « sécurisante et régulatrice » sur la personne
A titre d'exemple personnel, lorsque j'expérimente l'un ou l'autre des deux états (shutdown ou meltdown), à différents stades, je me balance, ou me recroqueville ou les deux. Je peux aussi tourner en rond ou bouger mes doigts comme si je pianotais sur mon pouce (c'est assez difficile à décrire,) entre autres. Et j'ai remarqué que plus je tentais de lutter pour m'en empêcher et plus la crise s'éternisait et montait en puissance... Au contraire, si je me laisse aller, j'estime réduire le temps de la crise de plusieurs minutes.
Le seul moment où il faut vraiment intervenir est si la personne se met à tout casser et à s'autoagresser car cela constitue un réel danger... Cela m'est arrivé rarement et la seule chose qui me calmait dans ces moments-là, c'était tout bête mais c'était... un câlin très très serré.
Mais cela ne s'applique pas à tout le monde, loin s'en faut. Le plus efficace reste encore d'identifier et (si possible) de remédier à la cause de cet effondrement.
Dans le doute et dans l'urgence : éloigner la personne de tout objet potentiellement dangereux, réduire au maximum tout stimulus gênant potentiel (par exemple : éteindre la télé ou toute source de bruit, les lumières un peu trop violentes, mettre la personne dans une pièce « neutre » etc.), rassurer la personne sans la toucher si elle ne le supporte pas, ou en la serrant dans ses bras/en la massant si le contact physique ne la rebute pas, en la prévenant toutefois de tous les gestes que l'on va effectuer pour faciliter son retour au calme. Ne surtout pas s'affoler ou crier. Et si la personne commence à manifester ses stéréotypies, la laisser faire...Il s'agit, je le répète, d'une forme d'auto régulation. Un mouvement répétitif qui rassure et qui tranche avec le trop plein de stress environnant, le trop plein d'imprévus.
Dans tous les cas, ça va passer. Ce n'est pas une « régression » définitive, de même qu'il n'y a pas de séquelles, si ce n'est une fatigue plus ou moins prononcée.
👀Infographie source (A lire également)
https://www.leicspart.nhs.uk/autism-space/health-and-lifestyle/meltdowns-and-shutdowns/