24/01/2026
Ce samedi, Daniel B. a presenté un sujet résolument innovant, qui rompt avec les habitudes traditionnelles des apiculteurs : les ruches de biodiversité, ou ruches refuges.
Mais qu’est-ce exactement ? L’apiculture telle qu’elle est pratiquée aujourd’hui tend à créer des abeilles dépendantes de l’homme pour survivre. Pourtant, les abeilles existent depuis 100 millions d’années, le genre Apis depuis 30 millions, et l’espèce Apis mellifera depuis 1 million d’années.
Certaines pratiques apicoles se révèlent à long terme nuisibles pour l’espèce :
- Nourrissement artificiel
- Traitements administrés sans discernement
- Sélection sur des critères éloignés de l’aptitude naturelle des abeilles à survivre et se reproduire : productivité en miel excessive, absence d’essaimage, faible production de propolis
Le logement proposé aux abeilles accentue le problème. Les ruches traditionnelles sont très éloignées de leur habitat naturel : des creux d’arbres d’environ 40 litres, bien isolés, cylindriques et verticaux (ces cavités deviennent de plus en plus rares). Ces ruches ont été conçues pour faciliter le travail de l’apiculteur, et non pour le confort des abeilles.
Les ruches de biodiversité proposent une approche différente : offrir aux abeilles un nid proche de celui de la nature, qui ne sera jamais dérangé par l’homme. Un réseau suffisamment dense de ces ruches permet de relancer la sélection naturelle, favorisant l’adaptation des abeilles à leur environnement et leur résistance aux parasites, comme le varroa.
Selon Thomas Seeley, spécialiste mondial des abeilles, sans traitement anti-varroa, les populations d’abeilles peuvent se reconstituer naturellement en quelques années après un effondrement initial.
Pour participer à ce mouvement, le Rucher École du Quercitain installera au printemps trois de cesruches de biodiversité.
Et pour finir, une citation du poète et essayiste Wendel Berry, qui est en épigraphe de l’excellent livre de T Seeley « l’abeille à miel »:
« Nous ne pouvons savoir ce que nous faisons tant que nous ne savons pas ce que la nature ferait si nous ne faisions rien. »