27/08/2026
💧Préservation et partage de l'eau, Grégory Arbogast, éleveur laitier, défend pour la Conf 43, les systèmes herbagés sans maïs.
🗞️Interview parue dans l'Eveil du 23/08/2026, extraite de l'article " En Haute-Loire, le maïs à l'agonie repose la question de la gestion de l'eau"
👇SYSTÈME HERBAGER SANS MAÏS
" Le sujet divise malgré tout au sein même de la profession. « Je suis complètement contre, j’ai d’ailleurs été manifester à Vergezac en juillet, où un captage d’eau potable avait été arrêté à cause d’une pollution agricole. Et maintenant, ils veulent en faire une retenue d’eau », condamne Grégory Arbogast, syndiqué à la Confédération paysanne. Il est installé en polyculture-élevage bio avec son épouse Anne depuis 2013, à Vieillebrioude. Sur 30 hectares de céréales à paille, ils produisent 30 tonnes pour nourrir leurs vaches – avoine, triticale, orge – et 14 tonnes de seigle vendues à une meunerie. Ce qui correspond au rendement d’une exploitation extensive.
Aucune des parcelles du couple n’est irriguée, et Grégory estime avoir des récoltes suffisantes pour couvrir les besoins alimentaires de ses vaches, strictement rationnées. Et même cette année. « Je fais un travail du sol à l’automne, je sème et je laisse faire. Sur mon exploitation, j’ai beaucoup de rangées d’arbres et de haies, qui retiennent l’humidité et créent de l’ombrage. » Une équation sans maïs ni complément qu’il défend avec confiance, malgré une production de lait deux fois inférieure à la moyenne : « On pourrait dire que mes vaches sont nulles. Mais je n’achète rien, elles vivent longtemps et en bonne santé. Économiquement, elles sont super efficaces. » Grégory Arbogast ne cache pas son rejet du maïs, une plante au rendement pourtant indéniable, mais dont le cycle de vie, entre mai et octobre, appellera une irrigation de plus en plus forte sur les territoires stressés. « Quitte à faire des retenues d’eau, qu’elles servent à nourrir des humains, ce n’est pas le cas du maïs. » À de très fortes températures, cette eau devient, en outre, sujette à l’évaporation. Une partie ne bénéficie donc ni aux écosystèmes, ni aux cultures. Originaires d’alsace, Grégory et Anne plaident pour un système herbager, raison pour laquelle ils sont venus s’installer dans le Massif central, plus grand territoire agropastoral d’europe."