07/03/2026
Aujourd’hui, à l’occasion de la commémoration de l’assassinat de Pierre Semard, la CGT des cheminots de la Sarthe a tenu à rendre un hommage particulier à l’un des militants ouvriers marquants de notre département.
Il est des vies discrètes qui traversent l’histoire sans bruit, mais qui portent en elles une force immense.
Roger Apolinaire fut de celles-là.
Né en 1907 à Thouars, il appartient à ce monde du travail qui, depuis toujours, fait tourner la société sans toujours apparaître dans les livres d’histoire. Serrurier de métier, il devient ensuite chef de brigade aux ateliers du chemin de fer au Mans. Une vie d’ouvrier parmi les ouvriers, faite de travail, de camaraderie et de solidarité.
C’est aussi dans ce monde-là que naît son engagement. Roger Apolinaire rejoint la CGT, puis le Parti communiste, convaincu que les travailleurs ne peuvent améliorer leur sort que par l’organisation collective, par la lutte et par la fraternité entre celles et ceux qui vivent de leur travail.
Puis vient le temps sombre de la guerre, de l’occupation et du fascisme. Pour les militants syndicaux et communistes, les convictions deviennent un danger. Mais pour beaucoup d’entre eux, renoncer n’est pas une option. Roger Apolinaire est de ceux qui tiennent bon.
Arrêté pour ses idées et son engagement, il est déporté dans l’univers concentrationnaire n**i, là où tant de militants ouvriers, de résistants et de syndicalistes ont été envoyés parce qu’ils refusaient l’injustice et la barbarie..
Revenu de la déportation, Roger Apolinaire poursuit sa vie au Mans, fidèle à ses engagements et à ses camarades. Comme beaucoup de ceux de sa génération, il ne fera jamais grand bruit autour de ce qu’il a traversé. Mais son parcours reste inscrit dans la mémoire du mouvement ouvrier.
Il disparaît en 1983, laissant derrière lui bien plus qu’un souvenir : l’exemple d’un engagement simple, droit et profondément humain.
La présence aujourd’hui de son fils et de sa petite-fille a donné à cet hommage une dimension particulièrement émouvante. Elle rappelle que derrière l’histoire militante, il y a aussi des vies, des familles et une mémoire qui se transmet.
En évoquant son parcours aux côtés de celui de Pierre Semard, nous avons rappeler que les droits dont nous héritons aujourd’hui ont été forgés par ces vies militantes, par ces femmes et ces hommes qui, sans chercher la gloire, ont refusé de se résigner.
Roger Apolinaire était un homme du peuple, un militant parmi d’autres.
Et c’est justement pour cela que son histoire nous parle encore.
Car l’histoire du mouvement ouvrier n’est pas faite de héros solitaires : elle est faite de milliers de vies ordinaires qui, ensemble, ont accompli des choses extraordinaires.