02/10/2026
Eolien en mer et biodiversité : ne sacrifions pas le vivant pour lutter contre le dérèglement climatique !
Une journée consacrée aux impacts environnementaux des parcs éoliens marins français sera organisée le 23 septembre prochain à bord du John Paul DeJoria de Sea Shepherd France qui fera escale à Dunkerque. Cette initiative s'inscrit dans la campagne "Les Vents de la Colère", lancée par l’ONG en 2021 contre le parc de Saint-Brieuc avec un même objectif : alerter sur les risques considérables et potentiellement irréversibles que les projets de parcs éoliens en mer peuvent faire peser sur la biodiversité.
L'événement débutera par une conférence scientifique internationale de 10h à 13h sur les impacts environnementaux de l'éolien offshore dont la connaissance s’est étoffée ces dernières années ; elle sera clôturée par une conférence de presse à 14h15 qui réunira Lamya Essemlali, présidente de Sea Shepherd France, Marion Crécent, avocate de l'association, Cédric Marteau, directeur général en charge de la protection de la nature à la LPO France et les représentants des associations également engagées en justice contre le projet éolien en mer de Dunkerque.
Ces dernières années, le gouvernement français a fortement accéléré le déploiement de l’éolien en mer. Un appel d'offres relatif au développement de 11 nouveaux parcs a été lancé cet été. Cette accélération intervient alors même que la première expertise scientifique collective française sur le sujet vient d'être publiée. Conduite par l'Ifremer et le CNRS entre janvier 2024 et juin 2026, sur mandat des ministères de l'Environnement, de l'Énergie et de la Mer, cette ESCo (Expertise Scientifique Collective) confirme les risques pour la biodiversité marine ainsi que des lacunes de connaissances déjà dénoncées de longue date, notamment en matière d’effets cumulés.
Pour Sea Shepherd France et la LPO, ce constat scientifique ne remet pas en cause la nécessité de sortir des énergies fossiles. Il impose en revanche que chaque projet fasse l'objet d'une évaluation environnementale à la hauteur des enjeux, avant toute autorisation. Cette évaluation doit permettre de garantir l’absence de perte de biodiversité du fait de ces projets.
Contrairement à la pratique de nos voisins européens, une part significative des parcs éoliens en mer français sont autorisés au sein d’aires marines protégées. Cette lecture souple de la réglementation européenne de protection de l’environnement conduit à la demande de nombreuses « dérogations espèces protégées », accordées par l’État en dépit de toute preuve scientifique que les mesures mises en place permettent effectivement le maintien des populations et de leurs habitats dans un bon état de conservation.
C’est notamment le cas pour le parc éolien en mer de Dunkerque.
Le gouvernement français, a ainsi délivré l’autorisation environnementale du projet de parc éolien de Dunkerque situé au beau milieu d'une zone protégée au regard de la richesse de ses habitats naturels et de la faune qu’ils abritent, particulièrement en termes d’oiseaux et de mammifères marins.
Les scientifiques et représentants de la société civile alertent pourtant de longue date sur les risques considérables associés à ce projet et l'insuffisance flagrante de l’étude d’impact. En autorisant ce projet, le gouvernement a manifestement oublié sa responsabilité de protéger cette zone essentielle pour la biodiversité, au croisement de nombreux couloirs migratoires d’importance internationale.
Sea Shepherd France avait mis son bateau, le Walrus, et son équipage à la disposition d'ornithologues et biologistes marins pour réaliser des recensements d’oiseaux et de mammifères marins présents sur les sites des futurs projets éoliens. Ces recensements ont démontré une présence bien plus importante que ce qui avait été recensé lors des études d'impact.
Sea Shepherd France, la LPO France, la LPO Hauts-de-France, le Groupe Ornithologique et Naturaliste, Le Clipon, Le Goéland, BirdLife Europe and Central Asia, WWF Belgium et Naturpuunt ont, par conséquent, déposé en 2025 un recours devant le Conseil d'État contre l’autorisation de ce parc.
Aujourd’hui plus que jamais, avec 24 parcs éoliens offshore en activité, en construction ou en projet en France métropolitaine, l’opinion publique doit s’emparer de ce dossier avec à sa disposition, des informations complètes et transparentes, seul moyen pour elle de prendre la mesure des enjeux et de se faire un avis éclairé.
Les experts scientifiques sont aujourd’hui unanimes : la lutte contre le changement climatique est une nécessité qui ne peut pas s'opérer au détriment de la protection de la biodiversité.