LDH Kremlin Bicêtre

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04/11/2025

20 après les de 2005, les personnes des banlieues populaires continuent d’être abandonnées par l’Etat et de subir des violences policières.
La vous invite aux rencontres-débats « Les abimés-ées de la République »
📍Le 5/11 à 19h
Les Poussières – Aubervilliers, 1 rue Sadi Carnot

28/09/2025

Un rappel de mémoire un rappel historique.
Merci à Esther pour ce texte qui est plus qu'un témoignage, il rappelle avec urgence les dangers qui guette l'humanité. Elle appelle à la vigilance à la responsabilité collective, il faut souffler sur la mémoire pour nous rappeler les tragédies, afin d'éviter les éternels retours.

Esther Sarre

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J’ai essuyé de nombreuses critiques après mon précédent post en messages privés. (Très souvent des juifs qui se disent eux-mêmes sionistes). On m’a même traitée de « Bisounours gauchiste ». Alors voilà un texte plus «académique» , (on m'a reproché un côté nunuche dans mes propos), qui explique d’où je parle et pourquoi je m’exprime ainsi.
Je suis juive par ma mère, protestante par mon père . Mes grands-parents maternels ont fui la rafle du Vélodrome d’Hiver,le 16 et 17 juillet 1942. Ces jour-là, la police française, obéissant aux ordres allemands, a enfermé plus de 13 000 Juifs, dont 4 000 enfants, dans ce vélodrome parisien avant leur déportation vers Auschwitz. Mes grands-parents ont échappé à cette arrestation grâce à un enchaînement de hasards, d’alertes chuchotées et de gestes de solidarité. Ils se sont cachés dans une cave,puis dans une ferme en Suisse. Leur survie fut précaire, marquée par la peur constante d’être dénoncés. Mais ils ont survécu.
Dans mon enfance, leur histoire planait sans être dite. Le silence de ma grand-mère, la fatigue soudaine dans le regard de mon grand-père quand revenait la date du 16 et 17 juillet, les photos de famille sans explication : tout cela construisait une mémoire fragmentée. C’est de ce silence que j’ai fait ma vocation. J’ai voulu comprendre ce qui avait été tu, ce qui avait été effacé. J’ai étudié l’histoire de la Shoah, d’abord à l’université, puis dans les archives, jusqu’à en faire mon métier.
Mes recherches m’ont menée dans les fonds du Mémorial de la Shoah à Paris, dans les archives de Drancy, dans les registres des déportés conservés à Auschwitz et à Yad Vashem. J’ai épluché les rapports de la Préfecture de police, les télégrammes de Vichy, les correspondances administratives où la mort se cache derrière des mots froids : « transfert », « convoi », « réquisition ». J’ai appris à reconnaître dans ces traces administratives le reflet de vies brisées. J’ai aussi recueilli des témoignages. Je me souviens d’une survivante rencontrée à Lyon : elle avait 10 ans lors de la rafle. Elle m’a raconté les cris, la chaleur suffocante dans le vélodrome, et le silence des passants. Elle répétait : « Le pire, c’était de ne pas compter. »
C’est tout cela qui m’habite quand j’entends Benjamin Netanyahou utiliser la Shoah pour justifier des choix politiques contemporains. Quand il parle d’un « nouveau génocide » pour délégitimer les critiques adressées à son gouvernement, quand il réduit la mémoire de l’extermination à une arme rhétorique, il trahit l’histoire. Je vomis cette instrumentalisation, car elle est une insulte à mes grands-parents, à leurs camarades arrêtés au Vel d’Hiv, à tous ceux qui ne sont jamais revenus.
Je sais ce que fut la Shoah. Je sais que ce n’était pas un conflit territorial, mais un projet d’anéantissement total. La comparer aux luttes actuelles, c’est déshistoriciser l’extermination et brouiller la compréhension du passé. Comme l’a écrit Primo Levi, « comprendre est impossible, mais connaître est nécessaire ». Connaître, c’est refuser les amalgames. Connaître, c’est défendre la mémoire contre son usage idéologique.
L’histoire m’enseigne aussi que la sécurité ne peut pas reposer sur la domination. Mes grands-parents ont survécu grâce à l’entraide fragile d’anonymes. L’existence même d’Israël repose sur l’idée que plus jamais un peuple ne doit être nié dans son droit à exister. C’est pourquoi je dis que la création d’un État palestinien n’est pas une concession, mais une nécessité morale et historique. Refuser ce droit, c’est prolonger les logiques de négation que nous avons juré de combattre.
Enfin, je réclame la protection des civils. Les Conventions de Genève, rédigées après 1945, rappellent que toute guerre doit distinguer entre combattants et non-combattants. Chaque enfant tué à Gaza ou à Tel-Aviv, chaque hôpital détruit, chaque famille décimée, est une violation de ce droit. Et c’est une trahison du serment que nous avons fait à la sortie des camps : plus jamais ça.
En tant qu’historienne, je travaille à défendre l’intégrité de la mémoire contre ses manipulations. En tant que descendante de survivants du Vel d’Hiv, je porte leur fuite et leur silence comme une responsabilité : ne pas laisser leur histoire être dévoyée. En tant qu’être humain, je sais que la fidélité aux victimes de la Shoah se mesure à notre capacité à protéger toutes les vies humaines.
C’est pourquoi je le dis avec force : je refuse que la mémoire de mes grands-parents serve à couvrir des injustices. Je réclame un État palestinien, la protection de chaque civil, israélien comme palestinien, et la fin de l’instrumentalisation de la Shoah. Car ce que l’histoire nous enseigne, ce que ma famille m’a transmis, ce que mes recherches confirment, c’est que la dignité humaine ne se divise pas.

24/09/2025
09/08/2025

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Face aux violations massives des droits humains et du droit international à Gaza et en Cisjordanie, la France doit agir !


Lettre ouverte commune LDH, AFPS, CGT, FIDH, FSU et Union syndicale Solidaires adressée à Emmanuel Macron, président de la République



Monsieur le président de la République,



Vous avez annoncé que la France reconnaîtrait l’Etat de Palestine en septembre prochain lors de l’Assemblée générale des Nations unies. Cette annonce est bienvenue.

Depuis votre annonce, d’autres pays du G7 ont indiqué que cette reconnaissance leur semblait d’actualité et qu’ils pourraient s’y joindre lors de l’AG de l’ONU. Ces reconnaissances, qui à ce stade ne paraissent pas de nature à arrêter la politique du gouvernement de l’Etat d’Israël, viendraient cependant traduire l’appui de l’écrasante majorité de la communauté internationale à l’existence de deux Etats, qui vivent côte à côte en sécurité.



Alors que le gouvernement israélien a pris la responsabilité de créer une famine à Gaza et de priver les habitants d’accès aux soins, alors que la colonisation de la Cisjordanie occupée se poursuit, son annexion étant désormais demandée par la Knesset avec le soutien du gouvernement israélien, au-delà de cette reconnaissance en septembre, se pose la question des actions à mener dans l’urgence pour répondre aux violations majeures des droits humains, du droit international commises au vu et su de toutes et tous. Vous avez la responsabilité des décisions que la France se doit de prendre pour que cela s’arrête.



Des mesures précises ont déjà été demandées par un nombre considérable d’organisations de la société civile en France et en Europe. Certaines dépendent de l’Union européenne, d’autres directement de la France.



A ce titre, la suspension de relations économiques, de coopération, du contrat d’association relève surtout du cadre européen. Décider cela est d’autant plus légitime que de telles mesures s’appuieraient sur le droit international et les dispositions de traités.



La résolution du 18 septembre 2024 de l’Assemblée générale des Nations unies, se fondant sur l’avis consultatif de la CIJ de juillet 2024, réaffirmait les obligations des Etats : notamment, ils ne peuvent pas entretenir de relations économiques ou commerciales avec les colonies israéliennes. De ce fait, l’ensemble des Etats membres de l’Union européenne doivent bloquer effectivement tout produit et tout service incorporant des composants venant des colonies. La France doit le faire pour ce qui relève de son territoire.



Le rapport présenté fin juin par la Commission européenne aux Etats membres établit sans l’ombre d’un doute qu’Israël contrevient aux dispositions de l’article 2 de l’accord d’association relatif au respect des droits humains. L’accord doit être suspendu sans délai. Le blocage de cette décision par certains Etats membres, les propositions de suspension très partielles qu’avance la Commission pour y répondre, envoient tous deux un message délétère aux autorités de l’Etat d’Israël.



Dans le contexte d’absence de mesures immédiates et déterminées de l’UE, il y a encore plus urgence à prendre des mesures exemplaires, déterminées, de responsabilité nationale, qui seraient ainsi susceptibles en retour de peser sur les blocages européens.

De ce point de vue, nous attendons la suspension de toutes les livraisons et transferts de matériels et composants militaires par la France à Israël, conformément aux exigences de la CIJ et du traité sur le commerce des armes. Nous attendons aussi l’engagement clair de la France à mettre en œuvre les mandats d’arrêt délivrés par la Cour pénale internationale sur son territoire.



Monsieur le Président, vous portez la responsabilité des actes comme de l’absence d’actes de la France. La diplomatie et des sanctions, à décider, sont indispensables mais ne peuvent pas suffire face aux conséquences humanitaires immédiates de la politique mise en œuvre par les autorités d’Israël à Gaza. Les largages par avion, aussi médiatiques soient-ils, ne répondent pas au besoin, ne correspondent pas à l’urgence.



Nous attendons une action susceptible d’arrêter la famine imposée. Nous attendons le respect par Israël de l’intervention de l’ONU (UNRWA) qui peut enrayer la dynamique génocidaire et le respect du droit international qui impose l’ouverture de corridors humanitaires permettant de ravitailler les populations. En l’absence d’arrivée immédiate de la nourriture aux Gazaouis, nous en appelons à ce que, avec la communauté internationale, vous engagiez les moyens de la France pour rompre le blocus.



Monsieur le Président, ne pas le faire vous ferait porter une responsabilité devant l’Histoire, comme à l’ensemble des autorités qui ont les moyens d’agir.



Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de notre haute considération.



Anne Tuaillon, présidente de l’Association France Palestine Solidarité (AFPS) ; Sophie Binet, secrétaire générale de la Confédération générale du travail (CGT) ; Eléonore Morel, présidente de la Fédération internationale pour les droits humain (FIDH) ; Caroline Chevé, secrétaire générale de la Fédération Syndicale Unitaire (FSU) ; Nathalie Tehio, présidente de la LDH (Ligue des droits de l’Homme) ; Julie Ferrua et Murielle Guilbert, co-déléguées générales de l’Union syndicale Solidaires



Paris, le 8 août 2025



Télécharger la lettre ouverte commune adressée au président de la République.



Interpellez également le président de la République ! Téléchargez ce modèle de lettre destiné aux citoyennes et citoyens à envoyer, sans affranchissement, par la Poste, à l’adresse suivante :

Monsieur le président de la République

Palais de l’Elysée

55 rue du Faubourg-Saint-Honoré

75008 Paris, France

06/08/2025

Adresse

11, Rue Du 14 Juillet
Le Kremlin-Bicêtre
94270

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