20/10/2026
‼️Le 8 octobre 2026, le ministère des Affaires étrangères a confirmé l’ouverture d’un « dialogue technique » avec le régime des talibans pour faciliter l’expulsion de ressortissant·es afghan·es dépourvu·es de droit de séjour en France. Après l’UE, l’Allemagne et l’Autriche, la France ouvre à son tour des discussions avec ce régime liberticide, non reconnu par l’Union et ses membres.
🇪🇺 Ces discussions s’inscrivent dans une dynamique européenne. Fer de lance sur cette question, l’Allemagne, après avoir rouvert le dialogue avec les talibans dès 2024, a procédé à des expulsions groupées d’Afghan·es condamné·es par la justice, d’abord via le Qatar (2024, 2025) puis directement (2026) pour des demandeur·ses d’asile débouté·es. L’Autriche a mis en avant une collaboration technique avec les talibans pour procéder à une expulsion directe fin 2025. La Suède et la Belgique ont soutenu cette ligne, et la Commission européenne et des représentant·es d’une vingtaine d’États membres ont reçu une délégation talibane à Bruxelles le 23 juin 2026 pour examiner les possibilités de renvoyer de force des exilé·es en Afghanistan.
Le porte-parole du ministère a affirmé que seul·es les ressortissant·es afghan·es sans droit au séjour et présenté·es comme un risque pour la sécurité nationale seraient concerné·es. Néanmoins, ni critère précis, ni nombre de personnes n’ont été avancés. L’exemple allemand montre où mène cet argument fallacieux : un décret de juillet 2026 a levé la restriction qui réservait les expulsions aux personnes condamnées pour crime. Le profil retenu est désormais celui d’un « homme, adulte, célibataire et légalement tenu de quitter le territoire ». Le 28 juillet, un Afghan sans casier judiciaire et débouté de l’asile a ainsi été expulsé d’Allemagne vers l’Afghanistan.
Quels que soient les arguments avancés par les autorités européennes, aucune expulsion ne peut être justifiée vers un pays notoirement non sûr. Toutes les organisations internationales de défense des droits y ont documenté des violations massives des droits humains (Human Rights Watch, Amnesty International, ONU), et la Cour pénale internationale a rendu publics début octobre 2026 des mandats d’arrêt contre le chef suprême des talibans et trois hauts responsables pour crime contre l’Humanité, rendant toute expulsion contraire à l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’Homme (prohibition des traitements inhumains et dégradants).
🤝Paris, comme Bruxelles, Berlin et Vienne, se retranche derrière le caractère « technique » et pragmatique des échanges sur les modalités d’expulsion, et répète qu’ils ne valent pas reconnaissance du régime taliban. Mais en ouvrant la voie à des négociations, les États européens offrent une forme de réhabilitation politique et de légitimité à un régime mis au ban international pour ses graves violations des droits.
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🔗Source : https://www.infomigrants.net/fr/post/74101/france--paris-ouvre-un-canal-de-discussions-avec-les-taliban-pour-expulser-des-afghans