17/03/2024
Le mal est fait, la douleur inacceptable est enfin contactée, et nous tentons de justifier cette douleur, pourtant tapie dans tous nos comportements, par les mots ou les actes de cet autre, alors si irrespectueux de cet enfant intérieur que nous lui avons confié à pleines mains, et qu’il n’a pourtant jamais demandé.
La guérison s’il en est, passe par la réappropriation de notre responsabilité dans la construction des dynamiques relationnelles, dont nous tenterons de nous sortir vainqueurs, à l’aide d’une narration accusatrice. Le pouvoir est alors, une nouvelle fois, placé à l’extérieur de nous. Et nous pouvons revivre cette émotion qui a tellement besoin de sortir, en remontant à la conscience.
Le principal écueil qui se présente sur notre chemin de guérison est le contournement des émotions, en élaborant ces narrations. En plaquant sur nos émotions plus de signification intellectuelle, que de présence ou de sensation. Nous voilà à vouloir « comprendre ». A accuser et déplorer, plus que de découvrir et embrasser notre rôle central dans l’accouchement, libérateur, de notre propre blessure originelle.
Il semblerait que « tout ce qui se révèle souffrant en présence de l’Amour, est ce qui appelle à être purifié par lui ».
Dans le silence qui suit la déflagration de tout drame, dans tout accident, toute tragédie, l’humain est viscéralement soumis à l’irrépressible besoin de se construire une narration. De faire sens avec l’inconcevable, en lui conférant des mots, et des interprétations.
🙏 Stephan Schillinger©️
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(Illustration : Stephanie Law)