15/02/2026
Hier, c’était samedi...
Je pars t**d de la maison (genre il fait nuit dans 1h15) en direction de l'Écurie, alors que pour une fois il ne pleuvait pas, j’avais tout le temps que je voulais, la monitrice était malade donc pas de cours, donc les installations étaient disponibles à volonté .
Bref. Je me fixe quand même un objectif : m’occuper de la petite gale de boue en devenir de Didi qui mérite bien toute mon attention à ce sujet.
On travaillera notre equifeel dimanche, ça ira bien comme ça, on est pas non plus à la pièce !
Sauf que..
J’arrive devant son champ, il me regarde au loin, du haut de son ratelier à foin. Il hésite à me rejoindre malgré mon “”Didiiiiiiiiiiiiiii” irrésistible en temps normal : 1er fait alarmant.
Et voila le grand poilu qui finit par s'approcher lentement, sans besoin que j’aille le chercher, mais d’une démarche toute suspecte.
La sortie du champ est chaotique : le demi-tour du gars ne semble pas envisageable, Didi fonce droit devant lui de manière frénétique. Lâcher de longe inévitable (elle était propre de la veille car empestante à souhait) et la voilà qui traîne à nouveau dans la boue (sans moi au bout cette fois-ci…)
Sur la route qui nous amène à l’écurie, mon fidèle destrier boite comme jamais, à tel point que je me sens presque désemparée : doit-on rebrousser chemin ou atteindre l’endroit où se trouvent tous les ustensiles de soins ? “La question est vite répondue “ ! Du sec, du propre, des outils utiles … Il va falloir y arriver coûte que coûte.
On y arrive péniblement. A chaque pause, mon pauvre Didi tient sur 3 jambes. Sa douleur est donc clairement difficile à supporter. Et voilà que me monte un sentiment entre impuissance, dépit, colère et désespoir, entretenu par le gars qui réussit quand même à me tracter pour aller manger de l’herbe.
Didi tremble de tout son membre : le soin est forcément difficile à pratiquer, le gars levant difficilement son pied. Ma patience est clairement mise à rude épreuve.
La copine est là, bienveillante mais bien impuissante devant cette situation sans solution immédiate. Sa présence me permet de regagner un peu mes esprits et de revenir à une forme d’humilité. Un appel à la véto participe enfin à apaiser ma culpabilité insupportable.
Et si ce fait, somme toute courant malheureusement, venait réveiller en moi un sentiment d’injustice absolument intolérable ? Pourquoi ça m’arrive à moi ? Est-ce que ça n’arriverait pas plutôt à Didi ?
Pourquoi ce cheval que j’aime tant, et pour lequel je suis prête à tout, me fait vivre autant d’épreuves bouleversantes ?
Et si l’un expliquait l’autre ? Si je ne tenais pas tant à lui, ces situations seraient sans doute moins problématiques, et en même temps, elles paraîtraient moins insurmontables.
Doit-il vraiment exister un lien entre l’amour qu’on porte à un être cher et l’inquiétude que l’on traverse le concernant ? Surtout quand c’est à lui d’en porter une part !?
Ou est ce plutôt question d'hypersensibilité, de fragilité psychique ou encore peut-être de fatigue chronique ?
Et le concept du cheval miroir ? Quand il nous renvoie (involontairement hein !) cette image de nous en pleine face : Ça pose moins question quand nous vivons ensemble des situations qui sont valorisantes, indirectement ou directement d’ailleurs, n’est ce pas ?
Certains y verront un message divin, ou de l’univers. Moi, j’y vois surtout une humaine qui doit remettre en question et travailler autour de la patience et de la gestion de ses émotions, toutes sources confondues...