24/08/2026
{ Violences sexistes au travail : ce que la loi va changer pour les RH }
Cette nouvelle proposition de loi marque un changement important de perspective : les violences sexistes et sexuelles au travail ne sont plus considérées comme des comportements individuels ou des « affaires privées », mais comme un problème structurel qui engage la responsabilité des organisations.
En renforçant les obligations des employeurs en matière de prévention, de formation, de signalement, d’enquête et d’accompagnement, le texte cherche à déplacer la charge qui pèse traditionnellement sur les victimes vers l’entreprise.
L’intégration des violences sexistes et sexuelles au DUERP (Document Unique d'Évaluation des Risques Professionnels) est particulièrement significative, car elle reconnaît le sexisme comme un véritable risque professionnel. La reconnaissance du harcèlement sexuel d’ambiance va également dans le sens d’une approche plus systémique : une femme peut être affectée par un environnement sexiste même lorsqu’elle n’est pas directement ciblée. Le projet prend aussi en compte les violences conjugales, en prévoyant notamment un congé rémunéré pour permettre aux victimes d’effectuer leurs démarches, reconnaissant ainsi que les violences subies dans la sphère privée ont des conséquences concrètes sur la vie professionnelle.
Pour autant, une loi ne suffira pas à transformer les rapports de pouvoir : l’enjeu sera de garantir qu’une femme puisse signaler des violences sans craindre pour sa carrière, sa réputation ou son emploi. Le véritable changement féministe consiste donc à ne plus demander seulement aux femmes de se protéger ou de parler, mais à interroger les organisations elles-mêmes sur leur capacité à prévenir les violences, à protéger les victimes et à sanctionner les comportements sexistes.
Déposée le 11 août 2026, la proposition de loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles renforce le rôle des entreprises dans la prévention et l'accompagnement des victimes.