17/06/2026
[Article: La Provence]
J’ai longtemps cru que le combat se menait en opération extérieure et sous la voile d’un parachute. Puis la vie m’a appris qu’il existe des blessures invisibles, celles qui atteignent l’âme plus sûrement que le corps.
La journaliste Justine Segui raconte un fragment de mon histoire personnelle, elle ressemble à celle de nombreux anciens militaires. Derrière la force apparente, il y a parfois la solitude, la souffrance et le sentiment d’être oublié.
Lorsque j’ai fondé l'association InvaincuS, je ne voulais pas créer une simple association. Je voulais qu’aucun frère ou soeur d’armes ne reste seul face à ses blessures. J’ai appris qu’un homme commence souvent à se relever lorsqu’il rencontre quelqu’un qui l’accueille tel qu’il est, sans jugement, avec assez de confiance pour croire encore en lui lorsqu’il n’y croit plus lui-même.
InvaincuS ne signifie pas être invulnérable, bien au contraire. Cela signifie que l’on peut être blessé sans être vaincu. Tomber n’est pas la fin de l’histoire. Elsa en est la preuve, un parcours non linéaire et courageux qui l'a fait passer d'aidée à aidante. Son expertise et son témoignage est précieux pour nous tous.
Aujourd’hui, à travers la pair-aidance et nos semaines de ressourcement, nous essayons simplement de faire reculer la solitude. Car la plus belle victoire n’est pas de ne jamais chuter, mais de retrouver sa place parmi les autres, puis de revenir tendre la main à ceux qui marche en enfer.
C’est cela, pour moi, être un Invaincu. Une femme ou un homme qui, après avoir traversé l’épreuve, choisit de croire que chaque personne porte en elle une part de lumière qu’aucune blessure ne peut entièrement éteindre.
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