10/04/2026
Les deux principaux concepts suivis dans l’apprentissage du Karaté do sont :
SHIN-GI-TAI et SHU-HA-RI ;
Si les trois éléments SHIN GI TAI sont connus de la plupart des karatékas, les trois étapes SHU HA RI le sont moins et surtout, très peu suvie.
En ce qui me concerne, j'insiste énormément sur les deux premiers niveaux, à savoir Shu, ou vous allez mettre en place tous les éléments techniques de façon juste, qui vous permettrons ensuite de progresser sans problèmes et l'étape Ha, briser les chaînes qui vont vous amener à la liberté d'utilisation de votre corps.
On peut résumer en disant que Shu est l'étape de la mécanisation dans la plupart des écoles et Ha est l'étape de l'intériorisation.
SHIN-GI-TAI
Ce concept est maintenant connu, il représente les trois valeurs interdépendantes (ESPRIT-TECHNIQUE-CORPS) qui expliquent la progression en karaté do ;
Ces valeurs évoluent au gré du temps, lorsqu’on est jeune, la valeur TAI-CORPS est forcément la plus importante, le SHIN-ESPRIT n’est pas très fort et au fur et à mesure, cette dernière prend le plus d’importance alors que la première s’affaiblit, le tout étant soutenu par la technique qui s’affine au fur et à mesure.
Il figurait en introduction des règlements de passage de grades jusqu’en 2000 environ, définissant ce que devait démontrer les candidats et rappelant que la notion Esprit était une des composantes essentielles de la formation .
SHU-HA-RI
Le concept du shu ha ri est ancien et véhicule le processus d'apprentissage d'un art.
Il fut utilisé pour la première fois par Kawakami Fuhaku (1794-1855), fondateur de l'école Senke pour la voie du thé.
En fait ce processus existait depuis fort longtemps et allait de pair avec l'existence du mot "kata", le premier théoricien du kata étant Zeami (1353-1443) dans le théâtre Nô.
Je ne vais pas insister plus avant sur ce concept, il existe de nombreux écrits sur ce sujet que vous trouverez facilement si cela vous intéresse.
Quand on applique ce concept au karaté do, voici en général, le tableau qui est donné. (voir tableau joint)
Ce tableau est extrêmement important et il est absolument nécessaire de bien s’en imprégner ;
95% des karatékas actuels ne restent qu’à la première étape et on observe, lors des passages de grades par exemple, que des 5 ème Dan effectuent des katas dans le même état d’esprit qu’un premier Dan, en étant simplement un peu meilleur dans l’exécution mais sans aucune recherche personnelle.
Ils deviennent des experts de technique de base, ce qui est absolument contraire à la progression prônée dans le karaté do !!!
Plusieurs Maîtres enseignent le même kata en fonction de ces trois niveaux.
C'est le cas d'un des principaux Maîtres d'Okinawa, Takashi Kinjô, fondateur de l'école Kôbu-ryû.
Propos de Maître Kaze :
« Au début donc, et jusqu’aux premiers niveaux de la ceinture noire, il faut constamment s’entraîner, consacrer le plus de temps possible à la pratique, en cherchant toujours à comprendre, à « bien sentir », à trouver la forme la plus épanouie pour amener le corps à son fonctionnement optimal.
Seul un corps parfaitement disponible peut suivre la pensée sans délai.
La recherche en karaté passe par la pratique, mais la pratique dans la concentration, la sincérité de l’étude et de l’engagement personnel.
Il faut se mobiliser totalement sinon ce n’est pas la peine. C’est une question de qualité et non de quantité ; travailler le corps sans solliciter l’esprit ne sert à rien !
Il faut constamment rechercher à accroître la vitesse. Pour cela, on cherche la position optimale, celle qui autorise le meilleur rendement musculaire et articulaire, la meilleure concentration par la respiration la plus juste.
Ainsi, on progresse régulièrement et l’on expérimente le karaté par étapes, à travers des complets retournements de soi-même.
Yosh*taka disait qu’il employait son corps comme un pinceau pour réaliser son œuvre, son tableau.
Il faut cultiver la force douce, la force pénétrante. »
Ces différentes étapes s’accompagnent d’un état d’esprit particulier qui feront l’objet de la prochaine parution.