03/10/2026
𝗟𝗲𝘁𝘁𝗿𝗲 𝗮̀ 𝗺𝗲𝘀 𝗮𝗺𝗶𝘀 𝗱𝗲 𝗙𝗿𝗮𝗻𝗰𝗲 𝗥𝗲𝗻𝗼𝘂𝘃𝗲𝗹𝗮𝗯𝗹𝗲𝘀, 𝗲𝘁 𝗮̀ 𝘁𝗼𝘂𝘀 𝗹𝗲𝘀 𝘀𝘂𝗽𝗽𝗼𝗿𝘁𝗲𝗿𝘀 𝗱𝗲𝘀 𝗲́𝗻𝗲𝗿𝗴𝗶𝗲𝘀 𝗲́𝗹𝗲𝗰𝘁𝗿𝗶𝗾𝘂𝗲𝘀 𝗶𝗻𝘁𝗲𝗿𝗺𝗶𝘁𝘁𝗲𝗻𝘁𝗲𝘀 (association Vent des maires)
Chers amis,
Je vous écris sans détour, comme on parle à des gens que l’on connaît depuis longtemps, avec qui l’on a beaucoup débattu, et à qui l’on souhaite au fond d’éviter le pire.
Jamais nos capacités n’ont été aussi excédentaires, et notre consommation reste à la peine
Vous avez gagné. Les éoliennes et les panneaux solaires couvrent désormais nos campagnes et nos toitures. En 2025, selon RTE, la France a produit 547 TWh d’électricité et n’en a consommé que 451. Elle en a exporté 92 TWh, un record historique pour la deuxième année consécutive. Nos centrales nucléaires baissent leur puissance en milieu de journée pour vous laisser la place. Et le prix de l’électricité est tombé sous zéro pendant 513 heures dans l’année, contre 352 l’année précédente : il a fallu payer pour s’en débarrasser. Vos propres installations ont dû être bridées : 3 TWh de production éolienne et solaire ont été effacés faute de preneur, deux fois plus qu’en 2024.
C’est là que je vous demande de vous arrêter un instant.
Des subventions qui s’emballent, pour une électricité sans débouchés
Car ce succès a un revers que vous connaissez mieux que personne. Votre production est garantie par l’État : lorsque les prix de marché s’effondrent, c’est le contribuable qui comble la différence. Plus vous installez, plus les prix baissent aux heures où le vent souffle et le soleil brille, et plus le soutien public coûte cher.
Depuis 2003, le soutien public à l’éolien et au solaire a coûté près de 46 milliards d’euros. Et la dépense s’accélère : de 5,3 milliards en 2025, elle doit atteindre 7,3 milliards en 2027, soit plus d’un tiers d’augmentation en deux ans. La Commission de régulation de l’énergie l’explique sans ambiguïté : ce n’est pas le coût unitaire qui augmente, ce sont les volumes soutenus. Chaque nouvelle installation alourdit la facture.
𝗥𝗲́𝗰𝗹𝗮𝗺𝗲𝗿 𝘀𝗮𝗻𝘀 𝗰𝗲𝘀𝘀𝗲 𝗱𝗲 𝗻𝗼𝘂𝘃𝗲𝗮𝘂𝘅 𝘀𝗼𝘂𝘁𝗶𝗲𝗻𝘀, 𝗱𝗲𝗺𝗮𝗻𝗱𝗲𝗿 𝗱’𝗮𝗰𝗰𝗲́𝗹𝗲́𝗿𝗲𝗿 𝗲𝗻𝗰𝗼𝗿𝗲, 𝗰’𝗲𝘀𝘁 𝗮𝗷𝗼𝘂𝘁𝗲𝗿 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗰𝗮𝗽𝗮𝗰𝗶𝘁𝗲́ 𝗮̀ 𝗹𝗮 𝘀𝘂𝗿𝗰𝗮𝗽𝗮𝗰𝗶𝘁𝗲́. 𝗣𝗹𝘂𝘀 𝗱𝗲 𝗰𝗮𝗽𝗮𝗰𝗶𝘁𝗲́𝘀 𝗳𝗮𝗶𝘁 𝗯𝗮𝗶𝘀𝘀𝗲𝗿 𝗹𝗲𝘀 𝗽𝗿𝗶𝘅, 𝗱𝗲𝘀 𝗽𝗿𝗶𝘅 𝗽𝗹𝘂𝘀 𝗯𝗮𝘀 𝗮𝗽𝗽𝗲𝗹𝗹𝗲𝗻𝘁 𝗽𝗹𝘂𝘀 𝗱𝗲 𝘀𝘂𝗯𝘃𝗲𝗻𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀, 𝗲𝘁 𝗽𝗹𝘂𝘀 𝗱𝗲 𝘀𝘂𝗯𝘃𝗲𝗻𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀 𝗳𝗶𝗻𝗮𝗻𝗰𝗲𝗻𝘁 𝗽𝗹𝘂𝘀 𝗱𝗲 𝗰𝗮𝗽𝗮𝗰𝗶𝘁𝗲́𝘀 𝗶𝗻𝘂𝘁𝗶𝗹𝗶𝘀𝗲́𝗲𝘀. 𝗖’𝗲𝘀𝘁 𝘂𝗻𝗲 𝗳𝘂𝗶𝘁𝗲 𝗲𝗻 𝗮𝘃𝗮𝗻𝘁 𝘀𝗮𝗻𝘀 𝗳𝗶𝗻, 𝗲𝘁 𝘂𝗻𝗲 𝗶𝗺𝗽𝗮𝘀𝘀𝗲 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝘁𝗼𝘂𝘁 𝗹𝗲 𝗺𝗼𝗻𝗱𝗲 : 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝗹𝗲𝘀 𝗽𝗿𝗼𝗱𝘂𝗰𝘁𝗲𝘂𝗿𝘀, 𝗱𝗼𝗻𝘁 𝗹𝗲𝘀 𝗶𝗻𝘀𝘁𝗮𝗹𝗹𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀 𝗱𝗼𝗶𝘃𝗲𝗻𝘁 𝗱𝗲 𝗽𝗹𝘂𝘀 𝗲𝗻 𝗽𝗹𝘂𝘀 𝘀𝗼𝘂𝘃𝗲𝗻𝘁 𝗲̂𝘁𝗿𝗲 𝗯𝗿𝗶𝗱𝗲́𝗲𝘀 𝗼𝘂 𝗽𝗿𝗼𝗱𝘂𝗶𝗿𝗲 𝗮̀ 𝗽𝗿𝗶𝘅 𝗻𝗲́𝗴𝗮𝘁𝗶𝗳 ; 𝗰𝗼𝗺𝗺𝗲 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝗹𝗲𝘀 𝗰𝗼𝗻𝘀𝗼𝗺𝗺𝗮𝘁𝗲𝘂𝗿𝘀 𝗲𝘁 𝗹𝗲𝘀 𝗰𝗼𝗻𝘁𝗿𝗶𝗯𝘂𝗮𝗯𝗹𝗲𝘀, 𝗾𝘂𝗶 𝗲𝗻 𝗽𝗮𝗶𝗲𝗻𝘁 𝗹𝗮 𝗻𝗼𝘁𝗲.
On nous avait promis que l’abondance ferait baisser les prix et relancerait la consommation. C’est l’inverse qui se produit. La consommation d’électricité stagne : elle reste, selon RTE, environ 6 % en dessous de son niveau d’avant la crise. Ce n’est pas en ayant davantage de capacités de production qu’on fera consommer davantage, quand chaque kilowattheure supplémentaire renchérit la facture.
Or la France n’a plus les moyens de cette spirale. Selon l’Insee, notre déficit public atteignait 5,1 % du PIB en 2025, et notre dette 115,6 % du PIB. Chaque euro engagé aujourd’hui sera emprunté, et remboursé par nos enfants. Dans ce contexte, venir solliciter de nouveaux appels d’offres, de nouveaux tarifs garantis, de nouveaux soutiens, ce n’est plus défendre une filière. C’est demander à un pays endetté de financer des capacités supplémentaires dont il n’aura pas l’usage.
Face à l’hémorragie, l’heure est à la pause
Je vous le dis avec amitié : vous êtes face à une hémorragie. Et quand il y a une hémorragie, on ne donne pas des anticoagulants. On comprime la plaie, on colmate la brèche, on laisse le temps au corps de se refaire.
C’est ce que je vous propose : une pause. Non pas un renoncement, ni une condamnation, mais un temps d’arrêt. Le temps de laisser la consommation rattraper la production. Le temps de mesurer ce que coûtent vraiment les installations existantes. Le temps de remettre les communes et leurs habitants au cœur des décisions qui transforment leurs paysages. Le temps, enfin, de vérifier que chaque nouveau projet répond à un besoin réel, et non au seul calendrier des appels d’offres.
L’heure est à la sagesse et à la régulation
𝗩𝗼𝘂𝘀 𝗮𝘃𝗲𝘇 𝗼𝗯𝘁𝗲𝗻𝘂 𝗯𝗲𝗮𝘂𝗰𝗼𝘂𝗽, 𝗲𝘁 𝘃𝗶𝘁𝗲. 𝗜𝗹 𝘆 𝗮 𝘂𝗻𝗲 𝘀𝗮𝗴𝗲𝘀𝘀𝗲 𝗮̀ 𝘀𝗮𝘃𝗼𝗶𝗿 𝘀’𝗮𝗿𝗿𝗲̂𝘁𝗲𝗿 𝗾𝘂𝗮𝗻𝗱 𝗼𝗻 𝗮 𝗮𝘁𝘁𝗲𝗶𝗻𝘁 𝘀𝗼𝗻 𝗯𝘂𝘁, 𝗽𝗹𝘂𝘁𝗼̂𝘁 𝗾𝘂𝗲 𝗱𝗲 𝗰𝗼𝘂𝗿𝗶𝗿 𝗮𝘂-𝗱𝗲𝗹𝗮̀, 𝗷𝘂𝘀𝗾𝘂’𝗮̀ 𝘀𝗲 𝗺𝗲𝘁𝘁𝗿𝗲 𝗲𝗻 𝗽𝗲́𝗿𝗶𝗹 𝘀𝗼𝗶-𝗺𝗲̂𝗺𝗲. 𝗨𝗻𝗲 𝗳𝗶𝗹𝗶𝗲̀𝗿𝗲 𝗾𝘂𝗶 𝗻𝗲 𝘃𝗶𝘁 𝗾𝘂𝗲 𝗱𝗲 𝘀𝘂𝗯𝘃𝗲𝗻𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀, 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝘂𝗻 𝗽𝗮𝘆𝘀 𝗾𝘂𝗶 𝗻𝗲 𝗽𝗲𝘂𝘁 𝗽𝗹𝘂𝘀 𝗹𝗲𝘀 𝗽𝗮𝘆𝗲𝗿, 𝗻’𝗮 𝗽𝗮𝘀 𝗱’𝗮𝘃𝗲𝗻𝗶𝗿. 𝗨𝗻𝗲 𝗳𝗶𝗹𝗶𝗲̀𝗿𝗲 𝗾𝘂𝗶 𝗮𝗰𝗰𝗲𝗽𝘁𝗲 𝗱𝗲 𝗳𝗮𝗶𝗿𝗲 𝘂𝗻𝗲 𝗽𝗮𝘂𝘀𝗲 𝗽𝗲𝘂𝘁 𝗲𝗻𝗰𝗼𝗿𝗲 𝗲𝗻 𝗮𝘃𝗼𝗶𝗿 𝘂𝗻.
Alors, mes amis, posez un instant les crayons. Nous avons assez joué avec l’argent public. L’heure n’est plus à quémander, elle est au réalisme.
https://ventdesmaires.fr/news-34-lettre-a-mes-amis-de-france-renouvelables-et-a-tous-les-supporters-des-energies-electriques-intermittentes/
Sources
Déficit et dette publics (2025) : Insee, En 2025, le déficit public s’élève à 5,1 % du PIB, la dette publique à 115,6 % du PIB.
Production, consommation, exportations, prix négatifs et bridage des renouvelables (2025) : RTE, Bilan électrique 2025, principaux résultats.
Soutien public à l’éolien et au solaire : Commission de régulation de l’énergie, délibération n° 2026-149 du 15 juillet 2026, annexe 7 (historique des charges de service public de l’énergie ; lignes éolien terrestre, éolien en mer et photovoltaïque). Montants 2003-2025 constatés, convertis en euros 2025 par l’auteur ; montants 2026-2027 prévisionnels. Explication de la hausse par les volumes soutenus : délibération n° 2026-149.
News #34-Lettre à mes amis de France Renouvelables, et à tous les supporters des énergies électriques intermittentes