25/08/2026
L’extension de l’interdiction de l’utilisation des téléphones portables aux lycées
C’est donc par une loi en date du 24 août 2026, publiée au Journal officiel le 25 août 2026, que l’interdiction de l’utilisation des téléphones portables est étendue aux lycées en France.
Cette disposition est désormais codifiée à l’article L. 511-5 du Code de l’éducation. Elle étend aux lycées le principe d’interdiction de l’utilisation des téléphones portables et, plus largement, des équipements terminaux de communications électroniques par les élèves.
Cette nouvelle interdiction se caractérise notamment par les éléments suivants :
1. Une extension de l’interdiction à l’ensemble des établissements scolaires
L’interdiction de l’utilisation du téléphone portable, déjà applicable depuis 2018 dans les écoles maternelles, les écoles élémentaires et les collèges, est désormais étendue aux lycées.
L’article L. 511-5 prévoit ainsi une interdiction de principe de l’utilisation du téléphone portable par les élèves dans les écoles, les collèges et les lycées, ainsi que pendant les activités liées à l’enseignement qui se déroulent à l’extérieur de l’établissement. Des exceptions peuvent toutefois être prévues, notamment pour des usages pédagogiques ou dans certains lieux, par le règlement intérieur.
Cette généralisation de l’interdiction pourrait naturellement susciter des interrogations sur sa constitutionnalité. À cet égard, il convient de relever que le Conseil constitutionnel, dans sa décision n° 2026-911 DC du 14 août 2026, n’a pas censuré les dispositions relatives à l’utilisation des téléphones portables dans les lycées. La saisine dont il était saisi ne portait que sur l’interdiction de l’accès des moins de quinze ans aux réseaux sociaux, disposition qui a été censurée.
2. Une interdiction de l’utilisation et non de la possession
L’interdiction porte sur l’utilisation du téléphone portable et non, en tant que telle, sur sa possession ou sa détention.
Autrement dit, le fait pour un élève d’avoir un téléphone avec lui n’est pas, à lui seul, constitutif d'une violation de l’article L. 511-5. C’est son utilisation dans les conditions interdites par les dispositions applicables qui peut donner lieu à une intervention de l’établissement.
Le texte vise d’ailleurs non seulement les téléphones mobiles, mais également « tout autre équipement terminal de communications électroniques ».
3. Une interdiction qui concerne les élèves
L’article L. 511-5 vise expressément l’utilisation par un élève des équipements concernés.
L’interdiction légale ainsi formulée concerne donc les élèves et non, en tant que telle, les personnels de l’établissement ou les personnes extérieures intervenant dans celui-ci.
4. Le rôle essentiel du règlement intérieur
L’un des points essentiels du nouveau dispositif réside dans le rôle confié au règlement intérieur de chaque lycée.
L'interdiction est désormais posée par la loi, mais le règlement intérieur doit en déterminer les modalités d'application au sein de l'établissement et peut prévoir les exceptions autorisées par le texte.
Il peut notamment préciser les lieux concernés, les circonstances dans lesquelles l'utilisation demeure possible et les modalités concrètes de mise en œuvre de l'interdiction.
Il faudra donc que chaque établissement adapte son règlement intérieur afin de tenir compte de cette nouvelle obligation légale.
Le règlement intérieur étant un acte qui relève de la compétence du conseil d'administration de l'établissement, sa modification devra être adoptée selon la procédure applicable.
Une fois adopté, le règlement intérieur doit être porté à la connaissance des membres de la communauté éducative (enseignants et élèves) et affiché dans l'établissement. La transmission de ce réglement par SMS peut sembler utile en la circonstance.
5. La possibilité de confiscation du téléphone
Comme c'est déjà le cas dans les écoles, les collèges et, lorsque leur règlement intérieur le prévoit, les lycées, la méconnaissance des règles relatives à l'utilisation du téléphone peut entraîner la confiscation de l'appareil.
L'article L. 511-5 prévoit expressément que la méconnaissance des règles fixées en application de cet article peut entraîner la confiscation de l'appareil par un personnel de direction, d'enseignement, d'éducation ou de surveillance.
Le règlement intérieur doit déterminer les modalités de cette confiscation ainsi que celles de la restitution du téléphone.