25/10/2026
Le Conseil constitutionnel censure le gel des tarifs des mutuelles pour 2026
Dans le cadre de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, les parlementaires, à l'initiative des députés socialistes (dont Jérôme Guedj, ont voté l'instauration d'une contribution exceptionnelle de 2,05 % à la charge des complémentaires santé.
Ce paiement était assorti d'une interdiction pour lesdites complémentaires de répercuter cette charge sur leurs tarifs.
Les socialistes se sont largement attribué les mérites de cette disposition, expliquant qu'elle constituait l'un des motifs principaux de leur non-censure du gouvernement sur ce texte.
La très grande majorité des complémentaires santé n'a absolument pas respecté ce gel. Si elles ont payé la taxe, elles ont répercuté celle-ci sur leurs tarifs, augmentant fortement les cotisations. Les socialistes ont alors blâmé les mutuelles et accusé le gouvernement d'inaction face au non-respect de la loi.
Ce 23 octobre 2026, le Conseil constitutionnel a décidé d'invalider ce gel des tarifs, estimant qu'il représentait une atteinte disproportionnée à la liberté d'entreprendre et à la liberté contractuelle.
Cela signifie que toutes les hausses de cotisations intervenues pour 2026 ne sont plus illégales, mais aussi que le législateur ne pourra plus utiliser ce mécanisme de blocage à l'avenir.
La hausse des cotisations pour 2027 s'annonce d'ailleurs historique, sous le double effet des décisions du gouvernement :
Les transferts de charges déjà actés :
Les décrets présentés en juillet (et publiés fin août 2026) actent le désengagement de la Sécurité sociale à hauteur de 1,5 milliard d'euros sur les soins dentaires, les transports sanitaires et les médicaments. Les mutuelles deviennent mécaniquement le payeur principal sur plusieurs de ces postes.
Les transferts annoncés et les nouvelles taxes : Le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027 prévoit de reconduire la taxe exceptionnelle. Même si les députés ont rejeté cet article à l'Assemblée nationale ce jour, il reste intégré au texte initial qui part désormais au Sénat
Cette décision ne concerne pas uniquement les contrats individuels (retraités, étudiants), elle va frapper de plein fouet les mutuelles d'entreprise (contrats collectifs obligatoires) et alourdir le coût du travail dès janvier 2027 :
Pour les salariés : La loi imposant un cofinancement, toute hausse du tarif global de la mutuelle entraîne une augmentation de la part salariale. Concrètement, le prélèvement sur le bulletin de salaire sera plus élevé, ce qui entraînera une baisse directe du salaire net à payer.
Pour les employeurs : La part patronale (minimum 50 % de la cotisation) va elle aussi augmenter, ce qui représente une hausse immédiate des charges de personnel pour les entreprises.
L'effet fiscal caché : La part de la mutuelle payée par l'employeur étant soumise à la CSG/CRDS et intégrée au net fiscal, les salariés verront également leur impôt sur le revenu augmenter légèrement.
À retenir : Pour le Conseil constitutionnel, le législateur ne peut pas imposer un gel général des tarifs pour empêcher les entreprises de répercuter une nouvelle taxe ou la hausse d'une taxe existante.
Association des représentants des employeurs des métiers de l’alimentation et autres [Gel temporaire du montant des cotisations d’assurance maladie complémentaire]