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16/08/2025

https://www.lemonde.fr/politique/article/2025/08/16/dans-l-allier-des-catholiques-identitaires-mettent-en-scene-leur-vision-de-l-histoire-avec-le-soutien-de-la-droite_6630084_823448.html

Dans l’Allier, des catholiques identitaires mettent en scène leur vision de l’histoire avec le soutien de la droite
Révolution française oubliée, rôle collaborationniste de Vichy passé sous silence : « Murmures de la cité » témoigne des influences fascistes de ses concepteurs. L’événement organisé à Moulins a toutefois bénéficié de fonds publics.
Par Clément Guillou

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Première représentation du spectacle « Murmures de la cité », à Moulins, le 11 juillet 2025. SANDRINE GRAS/« LA MONTAGNE »/MAXPPP
Rarement murmures auront fait autant de bruit. Ceux-là ont résonné dans le Bourbonnais et bien au-delà, cet été, lorsqu’un spectacle à prétention historique, « Murmures de la cité », a secoué la ville de Moulins. La préfecture de l’Allier est devenue l’épicentre d’une bataille entre, d’un côté, l’extrême droite et ses relais médiatiques et, de l’autre, la gauche partisane et syndicale, associée au monde scientifique. A l’issue du bras de fer, la première pouvait revendiquer une nette victoire, grâce au soutien constant des collectivités locales. Du 11 au 13 juillet, quelque 700 personnes par soir ont assisté à la reconstitution d’une histoire de France à la façon du Puy du Fou, orchestrée par un jeune militant identitaire, admirateur d’antisémites convaincus, Guillaume Senet.

Comme souvent ces derniers mois dans le monde associatif, le feu a pris lorsque est apparu un logo, lettres noires sur fond blanc : celui du Fonds du bien commun, le projet caritatif et religieux du milliardaire conservateur Pierre-Edouard Stérin. Ce soutien apporté à « Murmures de la cité », pour un montant inconnu, met en alerte le député communiste de l’Allier, Yannick Monnet, qui prévient la presse et demande à la ville de Moulins, où il est conseiller municipal d’opposition, le retrait de la subvention attribuée.

Lire le portrait (2024) : Article réservé à nos abonnés Qui est Pierre-Edouard Stérin, ce milliardaire catholique candidat au rachat de « Marianne » ?

Autre découverte : l’organisateur, Guillaume Senet, est connu dans la région sous le nom de Guillaume Poliste, son pseudo d’activiste. Avec son frère et deux amis, d’une grande famille de la noblesse bretonne, il a créé en 2022 près de Moulins une communauté catholique identitaire, Sophia Polis, qui rassemble chaque été quelques dizaines de jeunes dans le château de ses parents, autour d’activités diverses : messe en latin, restauration de la vieille bâtisse, conférences de personnalités d’extrême droite ou de prêtres traditionalistes. Les inspirations sont clairement fascistes, du collaborateur et antisémite Robert Brasillach, dont le nom orne le sweat-shirt officiel de Sophia Polis, à son ami Maurice Bardèche, revendiqué comme une référence : Nuremberg ou la Terre promise, l’un des livres de chevet des négationnistes, est ainsi qualifié de « visionnaire » par l’association.

Fonds de l’Etat et de quatre collectivités
Outre son fondateur, plusieurs membres de Sophia Polis ont organisé le spectacle « Murmures de la cité », qu’il s’agisse du metteur en scène ou du responsable des scènes équestres. Le spectacle a été couvé par le Nid, un incubateur de projets monté par l’Institut Iliade, un cercle de réflexion identitaire. Il s’agit d’un énième avatar du rapprochement entre les néopaïens de la Nouvelle Droite et les catholiques traditionalistes, expliqué ainsi par Guillaume Senet dans la r***e néodroitière Eléments en 2022 : « Nous devons mener ensemble le combat anthropologique qui se présente à nous. »

Guillaume Senet se défend pourtant de faire de la politique à travers cette reconstitution : « On voulait créer du lien par le spectacle vivant, parler d’histoire à des gens qui veulent redécouvrir leur patrimoine dans un endroit enclavé. » Il décrit Sophia Polis comme « une structure catholique et non partisane » et estime que « la foi catholique exige une radicalité absolue », avant de justifier son intérêt « littéraire » pour Brasillach et Bardèche. Guillaume Senet nous fera plus t**d parvenir la profession de foi d’un catholique « enraciné », en lutte contre le « wokisme », le « sionisme révisionniste », l’islamisme radical et le néolibéralisme.

L’Etat – à travers le Centre national du costume et de la scène – et quatre collectivités, toutes tenues par la droite – la ville et l’agglomération, dirigées par l’ancien ministre chiraquien Pierre-André Périssol, mais aussi le département de l’Allier et la région Auvergne-Rhône-Alpes – ont soutenu le spectacle à travers des subventions et des conventions de mises à disposition de l’espace public, de matériel et de personnel. Contestées par la gauche, elles ont été confirmées dans les semaines précédant le spectacle. « Nous ne pouvions pas retirer la subvention », argue Pierre-André Périssol, regrettant « la politisation de la part de la gauche comme de l’extrême droite » : « Nous avons insisté, avec l’Etat, sur la qualité professionnelle du spectacle et la mairie leur a fait signer la charte républicaine. »

Vichy ramené à une simple ville d’eaux
Le déroulé du spectacle a laissé à voir les inspirations politiques du créateur. La Révolution est purement absente du récit historique, en cohérence avec sa vision d’une société « que l’on s’est acharné à détruire depuis le XVIIIe siècle ». Guillaume Senet y voit un épisode « trop controversé » pour être résumé dans le spectacle. Vichy, toute proche, n’est qu’une ville d’eaux, et non le siège du gouvernement collaborationniste. « On peut faire un spectacle de culpabilisation mais le but était de parler de faits positifs », explique-t-il. Selon un collectif d’historiens et d’archéologues de la région, « la sélection des personnages historiques retenus pour le spectacle (…) interroge, car il illustre des choix au minimum dépassés, voire purement idéologiques ». Le spectacle se conclut par une exhortation à ressusciter une forme d’héroïsme inhérent à l’identité nationale et à « la foi de ses enfants ».

Autant que le succès en billetterie, c’est le soutien réaffirmé des élus de droite qui a ravi les organisateurs et l’extrême droite locale. Guillaume Senet parle du réveil de « la France réelle », formule empruntée à Charles Maurras, tandis que l’africaniste ethnodifférencialiste Bernard Lugan, interrogé par l’influenceur Vincent Lapierre, y voit « la butte-témoin du post-marxisme ». « Ils [les mouvements de gauche] ont pensé qu’ils avaient le monopole de l’histoire, de la culture, le monopole de tout, et ils se rendent compte que ça leur échappe complètement. (…) Comme on disait en 14 : on les aura. »

Lire le reportage : Article réservé à nos abonnés Dans les Bouches-du-Rhône, le parc à thème folklorique Rocher Mistral dans la tourmente

Le député communiste Yannick Monnet déplore un point de bascule dans l’histoire de la droite locale, « qui ne transigeait pas avec l’extrême droite. Il y a dix ans, elle n’aurait pas accepté un tel spectacle. Ce n’est pas de la culture, c’est de la politique d’extrême droite, qu’ils ont défendue coûte que coûte ».

Pierre-André Périssol, qui a assisté à la représentation, l’a trouvée « de qualité » et n’a « pas d’a priori, ni favorable ni défavorable », à poursuivre la collaboration avec « Murmures de la cité ». Fidèle aux préceptes catholiques identitaires, Guillaume Senet a créé à Moulins une académie des savoir-faire ancestraux, et certifie avoir des demandes d’autres édiles locaux pour de nouvelles reconstitutions historiques, dont les « racines chrétiennes de la France » constitueront la matrice et le baptême de Clovis un point de départ.

Clément Guillou

Révolution française oubliée, rôle collaborationniste de Vichy passé sous silence : « Murmures de la cité » témoigne des influences fascistes de ses concepteurs. L’événement organisé à Moulins a toutefois bénéficié de fonds publics.

16/08/2025
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16/08/2025

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Comment la droite réactionnaire a fait main basse sur le spectacle historique
Portée par le succès du Puy du Fou et les financements de Pierre-Edouard Stérin, la « cathosphère » multiplie les projets mettant en scène la France prérévolutionnaire, dans le but avoué de retisser le « roman national ».
Par Clément Guillou

Lors d’une représentation au Rocher Mistral, sur l’esplanade du château de La Barben (Bouches-du-Rhône), le 12 juillet 2022. PATRICK GHERDOUSSI/DIVERGENCE
« Il faut faire des isolats. Le Puy du Fou est un isolat, un de ces refuges de civilisation, soustraits à la décadence générale, qui préservent des petits bouts de France. » C’est en ces termes, assure Philippe de Villiers, que l’écrivain royaliste et xénophobe Jean Raspail le remerciait d’avoir produit un refuge identitaire sous la forme d’un parc à thème historique.

Nul n’est plus conscient de la force symbolique du spectacle vivant que l’essayiste phare de l’extrême droite, lui qui consacre l’ouverture de son dernier best-seller, Mémoricide (Fayard, 2024), à la « rage » que lui inspira la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris. Un anti-Puy du Fou assumé par les créateurs, Thomas Jolly et l’historien Patrick Boucheron.

Ce dernier ambitionne, à l’été 2027, de mettre en scène un récit national en son et lumière au château de Chambord, qui ne soit ni militariste ni nationaliste. Son coauteur, le metteur en scène Mohamed El-Khatib, observe : « On ne pouvait plus rester passifs face à cette tentative d’hégémonie culturelle. »

Lire l’enquête (2024) | Article réservé à nos abonnés Du Puy du Fou à la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris, la bataille politique se livre désormais sur le plan esthétique

De fait, le spectacle historique est devenu la grande affaire des réactionnaires, qui ont presque fait main basse sur ce secteur dynamique et y entretiennent le roman national et le culte d’une France « fille aînée de l’Eglise », portée par ses têtes couronnées et ses saints.

Sons et lumières dans des châteaux ou églises ; fresques historiques sur de grandes scènes ; expériences immersives consacrées à un « héros français » ; Puy du Fou miniatures : ces spectacles manichéens au goût épique dépeignent « une France toujours catholique, toujours royaliste, prérépublicaine, toujours dominée par de bons seigneurs qui se battent avec honneur et courage, et toujours en ordre, analyse l’historien Florian Besson, coauteur du Puy du Faux (Les Arènes, 2022). Ils distillent l’idée que la France est toujours attaquée par l’étranger mais qu’en renouant avec ses valeurs, le Roi et Dieu, elle a su continuer son histoire ».

« Réveil patrimonial et spirituel »
Selon les recoupements effectués par Le Monde, la plupart des reconstitutions historiques en France sont aujourd’hui produites ou mises en scène par un noyau d’hommes issus de la sphère catholique traditionaliste, inspirés ou formés par Le Puy du Fou et soutenus par le Fonds du bien commun, le bras mécénal de Pierre-Edouard Stérin. Le milliardaire catholique au projet racialiste, engagé dans la bataille culturelle et politique, multiplie les investissements dans le champ historique et le spectacle vivant.

Lire le décryptage | Article réservé à nos abonnés Le plan du milliardaire Pierre-Edouard Stérin pour « permettre la victoire » de la droite et de l’extrême droite

En 2024, il partait à la recherche d’un entrepreneur capable de créer un parc d’envergure nationale mêlant « culture et loisir afin de favoriser l’adhésion des Français à leur histoire et à leur patrimoine matériel et immatériel ». Autres projets de l’investisseur : développer des animations culturelles pour les parcs existants, ou créer des expériences dans les grands édifices chrétiens français pour permettre au plus grand nombre d’en découvrir « le message et la splendeur ». Dans l’attente de l’éventuelle réalisation de ces projets, le Fonds du bien commun multiplie les investissements dans les expositions historiques et les soutiens à des spectacles montés par de jeunes hommes issus de la « cathosphère ».

Certains adhèrent aux préceptes d’Academia Christiana, une organisation identitaire dont le ministère de l’intérieur réclame la dissolution pour ses discours d’incitation à la violence. C’est le cas des dirigeants de Murmures de la cité, auteurs d’une fresque sur l’histoire de France jouée à Moulins, dans l’Allier, en juillet.

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Plus ambitieux, le spectacle La Dame de pierre, un hommage à la cathédrale de Paris qui a rempli plusieurs fois le Palais des Congrès, est lui aussi noyauté par plusieurs sympathisants d’Academia Christiana et des royalistes de l’Action française de Vendée. Couvé par Philippe de Villiers, son jeune producteur, Corentin Stemler, signait en 2021 dans Le Bien commun, magazine de l’Action française. Il a battu les plateaux des médias d’extrême droite pour vendre son spectacle, maniant habilement le jargon catholique identitaire, déplorant la « sécularisation » de la société et appelant à « l’enracinement du peuple » et au « réveil patrimonial [et] spirituel ». Son spectacle remplira les zéniths de France à l’automne.

A Sées (Orne), l’Institut Croix-des-Vents, point de ralliement de l’extrême droite catholique, a aussi « son » spectacle depuis deux ans : mis en scène par un professeur et joué par des élèves de cet établissement hors contrat, sous l’égide de la Fraternité Saint Pie X, il exalte le chef de la chouannerie normande sous la Révolution. Autre pourfendeur de la « déconstruction », Dimitri Casali, auteur d’ouvrages sur l’histoire de France aussi politiques que controversés, a relancé ses « opéras rock historiques » avec le soutien du Fonds du bien commun.

Soutien de collectivités
D’autres projets prospèrent sans l’aide de Pierre-Edouard Stérin mais avec celle de collectivités tenues par la droite conservatrice. L’entrepreneur Vianney d’Alançon, proche de l’ex-évêque traditionaliste Dominique Rey, a successivement racheté deux forteresses pour y monter des reconstitutions : à Saint-Vidal, en Haute-Loire, puis le Rocher Mistral, dans les Bouches-du-Rhône. Des projets au succès mitigé, malgré le soutien de grandes fortunes de la « cathosphère » et des exécutifs régionaux. « Donnons [aux jeunes] des héros et ils aimeront la France ! », clame-t-il dans Le Figaro en 2022, déplorant la « déconstruction » de la société. S’il dément tout message politique, c’est par une motion aux accents villiéristes que la droite marseillaise défendait en 2021 cette « culture de l’enracinement et de l’amour de la France ».

Lire le reportage : Article réservé à nos abonnés Dans les Bouches-du-Rhône, le parc à thème folklorique Rocher Mistral dans la tourmente

En Sologne, une figure montante de la galaxie identitaire, Alexandre Avril (UDR, Union des droites pour la République), organise dans la ville dont il est maire, Salbris (Loir-et-Cher), un festival gallo-romain, organisé par une société du portefeuille de M. Stérin. A Béziers (Hérault), Robert Ménard rêve de reconstruire la cité romaine de l’an 30 après Jésus-Christ, tandis que Louis Aliot, à Perpignan, a dû renoncer à son parc à thème catalan. Ancien directeur de campagne d’Eric Zemmour en 2022, le général Bertrand de La Chesnais projette un spectacle sur l’histoire du Comtat venaissin, à l’est d’Avignon.

Les collectivités comme le département de Vendée ou la région Auvergne-Rhône-Alpes encouragent ces spectacles avec la mise à disposition de lieux, des subventions ou l’achat de publicités. Sous l’impulsion de Laurent Wauquiez, son ancien président, la région a ainsi subventionné à hauteur de 500 000 euros un spectacle contesté, Raconte-moi la France, pour une unique représentation à ce jour.

Mis en scène par Jean-Baptiste Darantière – dont le père organise le pèlerinage traditionaliste de Chartres –, cette grosse production se veut le spectacle définitif sur le « roman national », ce concept de la fin du XIXe siècle visant à susciter un sentiment nationaliste. Il est produit par Bruno Seillier, la référence en France avec plus de 80 réalisations mettant à l’honneur le patrimoine historique et religieux. Passé par le conseil général de Vendée sous M. de Villiers, le metteur en scène espère redonner aux Français « la fierté de leur pays (…), car, dit-il, un peuple sans racines est un peuple qui meurt ».

« Sentiment de crise du présent »
Pour la médiéviste F***y Madeline, professeure à Paris-I et coautrice de Croisades et cathédrales (La Découverte, 2019), ces entrepreneurs « trouvent dans le passé un espace de projection de leurs fantasmes, avec des représentations très stéréotypées et le mythe d’une France éternelle qui n’existe pas. Tourner les gens vers un passé fantasmé constitue une puissante force conservatrice, puisque cette fausse nostalgie alimente le sentiment de crise du présent ».

En écho à Jean Raspail, le théoricien identitaire Jean-Yves Le Gallou n’hésite pas à analyser cette floraison de spectacles sous l’angle ethniciste : « C’est une manière pour le peuple historique, les Français blancs et catholiques ou de formation catholique, de réaffirmer son existence. Ces spectacles se jouent en l’absence de la diversité [ethnique], devant le peuple de souche, et il n’est pas anormal que notre passé soit une ressource des liens communautaires. »

Portée par le mécénat catholique et les collectivités, cette mode devrait prospérer dans les années à venir. En 2021, un cursus consacré à l’« Histoire vivante » a ouvert à l’Institut catholique de Vendée (ICES), l’une des pépinières de la jeunesse réactionnaire. En juin est sortie la première promotion du lycée du Puy du Fou, qui intègre des enseignements au théâtre, à la danse, à l’équitation et au combat. Les deux établissements coorganisent « une université d’été culturelle et artistique » par laquelle sont passés nombre de participants à ces spectacles, et où se succèdent messes, discours de la famille de Villiers et conférences de proches de l’ICES. Cette année, l’université aux airs d’isolat sera ouverte par un ancien bénévole du Puy du Fou, le ministre de l’intérieur, Bruno Retailleau.

Clément Guillou

Portée par le succès du Puy du Fou et les financements de Pierre-Edouard Stérin, la « cathosphère » multiplie les projets mettant en scène la France prérévolutionnaire, dans le but avoué de retisser le « roman national ».

La Marseillaise 28 juillet 2025Société Un parking dans un sanctuaire naturel ? Le projet Rocher Mistral fait scandaleUn ...
30/07/2025

La Marseillaise 28 juillet 2025

Société

Un parking dans un sanctuaire naturel ? Le projet Rocher Mistral fait scandale
Un parking de 422 places pour le parc Rocher Mistral quitte à dégrader des aires protégées ? Le public est invité à s’exprimer, dès le 10 août.
David Coquille /La Barben /28/07/2025 | 00h57

Un parking de 9 300 m² pour 417 véhicules légers et 5 bus sur un ancien terrain agricole doit compléter le vaste parking du zoo voisin. PHOTO dr
La mairie de La Barben invite le public à s’exprimer sur le projet révisé d’aménagement d’un parking toujours XXL dédié au parc d’attractions Rocher Mistral. La consultation se déroulera du 10 août au 10 septembre, par voie électronique.

Le permis d’aménager a été déposé, en mars, par Vianney d’Alençon, le dirigeant de la SAS Rocher Mistral qui détient le château et y exploite, depuis juillet 2021, des spectacles médiévaux. C’est la reprise d’un projet de 2024 partiellement réalisé et arrêté. En effet, le châtelain et sa société ont été condamnés en correctionnelle pour une série d’infractions urbanistiques et environnementales pour des travaux non autorisés. Ils seront rejugés en appel le 19 novembre.

« Nappe de stationnement hors échelle »
Il s’agit d’un parking de 9 300 m² pour 417 véhicules légers et 5 bus sur un ancien terrain agricole. Il doit compléter le vaste parking du zoo voisin. Le projet prévoit un décapage du sol, la plantation de 151 arbres et un dispositif de neuf hauts mats asperseurs alimentés par une cuve.

Le dossier du permis est consultable sur le site de la mairie (labarben.fr) ainsi que l’étude d’impact demandée par le préfet, des avis comme celui de l’Autorité environnementale préoccupée par la préservation de la biodiversité (site Natura 2000), du cadre de vie (bruit et trafic) et de l’intégration paysagère dans un espace exposé au risque incendie de forêt et d’inondation. « Le projet modifié ne justifie toujours pas suffisamment la prise en compte des enjeux environnementaux du site », estime cette autorité.

Le projet est situé dans le périmètre de protection de deux monuments historiques. Il ajoute de « nouveaux dispositifs très impactants, venant de fait dégrader et altérer davantage l’ensemble du site du Château de La Barben et de l’église Saint-Sauveur », écrit l’architecte des Bâtiments de France, Frédéric Aubanton, dans son avis. Cet aménagement, « déjà partiellement réalisé, aux dépens d’anciens espaces agricoles (...) va impacter fortement le parcours d’accès au château et à l’église (...) en le cernant d’une nappe de stationnement automobile hors échelle ». Il impacte une zone de protection spéciale, un site Natura 2000 et deux zones naturelles d’intérêt écologique, faunistique et floristique (Znieff de type 15 et de type 26), sans oublier le domaine vital de l’Aigle de Bonelli. Le projet étant dans une « zone archéologique sensible », un diagnostic devra être réalisé.

Une synthèse des observations et propositions sera adressée à Vianney d’Alençon l’invitant, le cas échéant, à répondre aux questions posées.

BIENVENUEsur le site officielde la commune de La Barben à la Une Actualités TOUTES LES ACTUS Agenda Astreinte Mairie de La Barben Intervention urgente et importante, CAS DE FORCE MAJEURE intempérie, décès, accident … vendredi 17h00 > lundi 8h00 06 47 86 79 11 Ouverture 04.90.55.18.89 Lundi, M...

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30/07/2025

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La mairie de La Barben invite le public à s’exprimer sur le projet révisé d’aménagement d’un parking toujours XXL dédié au parc d’attractions Rocher M...

https://www.facebook.com/share/p/16pZR6qVYk/?mibextid=wwXIfrMobilisons nous ! C'est ouvert à tous, de La Barben ou non c...
21/07/2025

https://www.facebook.com/share/p/16pZR6qVYk/?mibextid=wwXIfr

Mobilisons nous ! C'est ouvert à tous, de La Barben ou non comme la consultation de 2023. Rocher Mistral remet le couvert avec deux nouveaux PA pour régulariser ses parkings illégaux avant le procès du 29 novembre. Nous avons besoin de vous !

AVIS D’OUVERTURE D’UNE PROCÉDURE DE PARTICIPATION DU PUBLIC PAR VOIE ÉLECTRONIQUE RELATIVE A LA DEMANDE DE PERMIS D’AMÉNAGER PA 013 009 25 0001 DÉPOSÉ PAR LA SAS ROCHER MISTRAL, REPRÉSENTÉE PAR MONSIEUR VIANNEY D’ALANCON EN VUE DE LA RÉALISATION D’UN PARKING DE 422 PLACES.

Par arrêté du 15 07 2025, M. Le Maire de La Barben ouvre une procédure de participation du public par voie électronique :

DU 10 AOÛT 8H AU 10 SEPTEMBRE 2025 23H59 – PÉRIODE D’ENQUÊTE > 32 jours consécutifs

✉ ENVOYEZ vos observations et propositions à [email protected] ou par voie postale à Hôtel de ville – 1 place de Forbin 13330 La Barben.

Les documents sont en ligne pour votre consultation sur le site internet de la mairie de La Barben, voir lien ci-dessous.

Adresse

La Barben
13330

Téléphone

+33668859914

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