21/08/2024
UN PEU DE CULTURE SUR LES JO DES SOURDS
Au XIXème siècle, les personnes sourdes n’étaient pas incluses dans les Jeux olympiques lorsque ces derniers ont été relancés. Afin de casser les idées reçues, Eugène Rubens-Alcais, un français sourd, et ses amis ont organisé une rencontre internationale pour les sportifs sourds en 1924 à Paris : les Deaflympics voient le jour. Cette compétition a pour but de montrer au public que les Sourds sont tout aussi capables de briller sur les épreuves, comme tout autre sportif.
Avant cela, Eugène a parcouru la France et a créé des clubs sportifs exclusivement réservés à la communauté sourde, dont le premier club de cyclisme pour Sourds.
Face au succès de ses clubs qui ont favorisé le rapprochement des Sourds dans toute la France, Eugène a également fondé la Fédération Sportive des Sourds de France. Cette étape a permis d’organiser des rencontres sportives au niveau international.
Le sport sourd connaît son apogée à l’été 1924. Eugène et Antoine Dress (fondateur de la Société Royale Sportive des Sourds de Belgique) organisent les premiers Jeux Silencieux Internationaux à Paris et créent le Comité International des Sports Silencieux (CISS), chargé d’organiser ces JO des Sourds. La 1ère édition de cette compétition a rassemblé 148 sportifs sourds, dont une femme, venant de 9 pays européens différents.
Les États-Unis participent à la compétition en 1935. Celle-ci sera suspendue pendant 10 ans à cause de la Seconde Guerre mondiale et a repris son cours en 1949. Puis en 1955, Le Comité Internationale Olympique a officiellement reconnu le CISS comme étant une fédération internationale promouvant les valeurs olympiques.
Eugène Rubens-Alcais décède le 8 mars 1963 et devient alors une figure emblématique de la culture sourde et du sport sourd dans le monde. Deux ans après sa mort, les JO des Sourds se sont déroulés pour la 1ère fois aux États-Unis en rassemblant 687 sportifs sourds provenant de 27 pays.
Pour la première fois dans le monde du sport, une femme est élue présidente du CISS en 1981. Ce comité est devenu indépendant en 1995 suite aux problèmes cumulés avec le Comité Paralympique avec lequel il était rattaché.
En 2001, cette compétition est rebaptisée « Deaflympics » (« Deaf » signifie « Sourd » en anglais), et le CISS est renommé le Comité International des Sports des Sourds. Le drapeau des Deaflympics est créé en 2003 par Ralph Fernandez, un cycliste américain sourd.
En 2001, cette compétition est rebaptisée « Deaflympics » (« Deaf » signifie « Sourd » en anglais), et le CISS est renommé le Comité International des Sports des Sourds. Le drapeau des Deaflympics est créé en 2003 par Ralph Fernandez, un cycliste américain sourd.
Le drapeau des Deaflympics est composé de 4 mains formant un iris au centre
Deaflympics : les conditions de participation
Les sportifs doivent remplir certaines conditions pour pouvoir participer aux Deaflympics :
• Appartenir à une fédération nationale membre du CISS (Comité International des Sports des Sourds). À savoir que la cellule exécutive du CISS est entièrement constituée de personnes sourdes.
• Avoir un seuil d’audition de moins de 55 décibels. Les fédérations doivent faire passer un audiogramme à leurs sportifs. Ensuite, un audiologiste du CISS doit valider ou non la participation des athlètes. Seuls les athlètes qui sont à la limite des 55 décibels doivent repasser un audiogramme. Si le sportif peut concourir, il recevra un numéro d’identification et sera exempté d’audiogramme pour les prochaines Deaflympics. Dans le cas contraire, il doit repasser un audiogramme dans 2 ans.
• Interdiction de porter un appareil auditif ou un implant cochléaire pendant la compétition (échauffement et épreuves). En cas de violation de cette règle, l’athlète est déclaré forfait pour sa catégorie, mais il peut concourir dans d’autres catégories. S’il récidive, il ne peut plus participer à la compétition.
Pour en savoir plus sur le règlement des Deaflympics : https://bit.ly/3vzDQt6