Les marais, la lande, les tourbières, les forêts mythiques, si vous êtes du Kreiz-Breizh ça doit être des mots qui vous évoquent quelque chose, nous aussi, c’est pour cela que nous avons créé ce projet qui vise à restaurer la nature du centre Bretagne et même l’étendre, l’antique forêt du centre Bretagne recouvrait jadis un territoire allant de la forêt du Cranou en passant par Huelgoat jusqu’à Paimpont, les landes dominaient déjà à cette époque les sommet du vieux massif.
Cette forêt était un endroit magnifique peuplé de plusieurs essences d’arbres et qui mérite d’être restaurée, notre projet à besoin de votre soutien pour qu’un jour nous puissions voir de nos yeux les débuts de la nouvelle forêt de l’arrée, la restauration des landes et des zones humides etc...
La Bretagne est une des régions les moins boisées de France. Les sylves ne couvrent, en effet, que moins de 5 % de sa superficie (4 % dans le Finistère), contre 19,3 % pour l'ensemble du pays. Et pourtant, l'on dit souvent qu'elle fut couverte de forêts dont l'intérieur de la province, l'Argoat ou (pays des bois ) , conserverait le souvenir dans son nom.
Quelles preuves peut-on apporter à cette affirmation ?
Tout d'abord, les témoignages des zones basses du littoral qui furent submergées par la transgression flandrienne, montée des eaux marines qui s'acheva en plein moyen âge. Aussi bien dans les palues méridionales que dans celles de la baie du Mont-Saint-Michel, on retrouve des troncs d'arbres enfouis.
Ensuite, les données de la palynologie, de l'étude des pollens conservés dans les tourbières de l'Arrée, de l'Armor léonard, de la région littorale entre Penmarc'h et Concarneau . Celles du Yeûn Elez, dans l'Arrée, ont livré les preuves qu'il y eut 6000 ans avant notre ère, là où règne aujourd'hui la lande, une végétation forestière préhistorique de chênes, d'aulnes, de hêtres, de sapins, d'ormes, de bouleaux et de coudriers. Enfin, les données de la toponymie, la densité relativement forte des noms de lieux en( bois ), (aulnaie), ( ho at ) ou ( coat ), les ( kelleneg ), les ( faouët ) ou ( faouédic ) évocateurs de bois disparus. Nous disons de ( bois ) et non de ( forêts ), c'est-à-dire de surfaces boisées d'étendue réduite. Car dès le Néolithique, il semble bien que le déboisement, fruit de la conquête du sol par l'agriculture, ait été important. Il reprit au moyen âge et fit reculer la forêt. Le nom de Poutrocoat désignant le pays qui correspond aujourd'hui au bassin de Rohan, de la forêt de Paimpont à celle de Quénécan, jusqu'à celle du Cranou signifiait, semble-t-il, le ( Pays à travers les bois ) et non le ( Pays de la forêt ) ; donc une contrée déjà largement défrichée.
HISTOIRE DE L’ANTIQUE FORÊT DE L’ARRÉE AVANT LE GRAND DÉFRICHAGE
Dès le début du Préboréal ( 9 000 à 7 500 ans avant le présent ) la forêt fait son retour presque partout en Europe, en lieu et place d’une végétation de type steppe et toundra existant à la fin du dernier Tardiglaciaire. La couverture forestière est cependant moins dense qu’à présent, avec un fort taux de clairières herbacées (Starkel 1991, Huntley 1993, Roberts et Wright 1993). Il existe pourtant au moins une péjoration climatique. Au sud de l’Europe occidentale, le chêne (Quercus) et le noisetier (Corylus) se développent (Heinz, 1999) . Dans un milieu encore relativement ouvert, le spectre faunique est dominé par l’aurochs, le cerf et le cheval (Thévenin, 1997).
Sur la base des travaux réalisés par Blytt et Sernander (1882, 1910) sur les périodes climatiques et de la zonation pollinique de H. Godwin (1940), M.-T. Morzadec-Kerfourn(1974) a établi la chronologie des périodes climatiques à l’échelle du Massif armoricain .
Cette chronologie a par la suite été confirmée par les travaux de nombreux chercheurs (Visset, 1979 ; Voetzel, 1987 ; Bernard, 1996 ; Barbier, 1999 ; Ouguerram, 2002 et Cyprien,2002).
Les taxons steppiques disparaissent progressivement au Préboréal tandis que le bouleau se développe. L’assèchement progressif des marécages entraîne la raréfaction d’espèces aquatiques (Barbier, 1999 ; Cyprien 2002). Le réchauffement entamé à la fin du Dryas récent se poursuit et provoque une transformation du milieu en espace forestier fermé où domine le noisetier au détriment du bouleau. L’expansion du chêne, du tilleul et de l’orme commence mais reste disséminée (Barbier, 1999). Grâce à un dragage réalisé dans la vallée de l’Odet (Finistère) et la récolte de coquilles identifiées par Chavan comme étant des Cyprina (Arctica) islandica et datées de 10200 ± 230 B.P., il a été estimé qu’au cours de cette période, les eaux du littoral Breton étaient d’au moins 3°C de température inférieure à l’actuel (Pinot,1974).
L'on est ainsi loin de la notion d'une forêt arturienne des romans bretons, mais plutôt proche d'un éco-système complet, tout un magnifique ensemble et enchevêtrement d’espaces forestier, de clairières, de marais, de zones humides, de ruisseaux, de rivières, de vallée de montagnes et d’une faune somptueuse.
Pour commencer, nous pourrions travailler intelligemment et commencer par rejoindre des morceaux de Forêts Bretonnes aujourd’hui séparés, un des exemples les plus frappants et celui de la Forêt d’Huelgoat et de celle de Fréau (Poullaouen 29), les deux forêts sont situé à 5 kilomètres l’une de l’autre mais ne portent pas le même nom, pourtant il est bien évident que jadis ces Forêts étaient liées :
Après le travail d’Antik’Arrée la vue aérienne ressemblerait à ça :
Notre espoir est que dans le futur, plusieurs forêts Bretonnes soient réunies en une seule, ici les Forêts d’Huelgoat, de Fréau, de Beffou, de Belle-Isle-en-Terre, et de Duault ont finit par se rejoindre et forme un magnifique “bras forestier”.
Et plus encore... mais nous avons besoin de vous.
Le projet Antik’Arrée ne pourra jamais égaler la nature, mais en tout cas essayer de lui offrir une base pour repartir de plus belle, notre rêve est de revoir sauvages nos vallées bretonnes.
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Merci de votre lecture, l’équipe d’Antik’Arrée.
DA VIKEN BREIZH