27/08/2026
Excellent mise au point au sujet de l'IA !
Ne confondons pas l’outil qui fabrique une publication avec la personne qui a écrit le livre. Alors oui. J’utilise l’IA.
Voilà, c’est dit.
Depuis quelques jours, une publication que j’ai boostée pour faire connaître Le Souffle de la Vigne m’a valu quelques commentaires assez charmants : « livre écrit par l’IA », quelques accusations péremptoires et même de magnifiques smileys vomito. 🤮
Je pourrais faire semblant de m’en moquer.
Mais non.
Je suis un être humain derrière cet écran et, oui, ce genre de choses me touche.
Alors autant vous raconter la vérité.
J’écris depuis que j’ai 16 ans.
À cet âge-là, je rêvais de journalisme, de grandes études littéraires, d’écriture. Je voulais en faire mon métier.
Seulement voilà : ces études-là signifiaient partir vivre en ville.
Et moi, j’aimais déjà beaucoup trop la campagne pour la quitter.
J’ai donc choisi une autre vie. Une vie profondément ancrée dans le monde rural. La vigne est devenue mon métier et, pendant longtemps, l’écriture est restée dans un tiroir.
Pas parce que j’avais cessé d’écrire.
Parce que je n’osais pas publier.
Je ne me trouvais pas légitime. Trop jeune. Pas assez expérimentée. Pas assez « quelque chose », probablement.
Alors j’ai écrit autrement.
J’ai écrit les newsletters destinées à mes clients, mes sites internet, mes textes de communication. Lorsque je suis devenue formatrice en vins et spiritueux, j’ai écrit mes cours et mes supports pédagogiques. J’ai fait des recherches, énormément. J’ai expliqué, transmis, raconté.
En réalité, je n’ai jamais cessé d’écrire.
Et puis la crise viticole s’est installée.
Lorsque les choses ont commencé à devenir vraiment difficiles, je me suis tournée vers la méditation. J’ai commencé à écrire dans un carnet — exactement comme Clara le fait dans le roman.
Et depuis 2020 environ, il y avait une phrase qui revenait sans cesse :
« Un jour, j’écrirai mon roman. »
Un jour.
Toujours un jour.
Et puis ce jour est arrivé de la manière la moins romantique qui soit.
J’étais en plein épuisement.
À la suite d’un soin énergétique prodigué par ma tante, qui est professionnelle dans ce domaine, quelque chose s’est débloqué dans ma créativité.
Et là… les vannes se sont ouvertes.
Je me suis mise à écrire partout.
Le matin.
Dans le train en allant sur des salons.
Entre deux factures lorsque je n’arrivais plus à me concentrer.
Pendant une pause café.
Dès que j’avais dix minutes.
J’étais probablement devenue assez insupportable pour mon entourage. 😅
Parce que je ne pouvais tout simplement plus m’arrêter d’écrire.
C’était devenu viscéral.
Alors lorsque je dis aujourd’hui que Le Souffle de la Vigne est sorti de mes tripes, ce n’est pas une jolie formule promotionnelle.
C’est littéralement comme cela que je l’ai vécu.
J’ai choisi d’en faire un roman et non une autobiographie parce que le roman m’offrait une liberté essentielle : transformer les personnages, les lieux, les dates, mélanger les événements, protéger les personnes réelles et prendre toutes les libertés nécessaires à la fiction.
Mais derrière cette fiction, il y a énormément de vécu.
La crise viticole.
Les banques.
Les factures.
Les rendez-vous.
Les nuits sans dormir.
Les décisions impossibles.
La peur de perdre ce que plusieurs générations ont construit.
Et cet espoir absurde auquel on continue de s’accrocher lorsque tout est déjà en train de s’effondrer.
Ça, je n’ai pas eu besoin de demander à une intelligence artificielle de me l’inventer.
Je l’ai vécu.
Et puisque, dans la vraie vie, nous avons finalement dû mettre la clé sous la porte, je peux même vous dire une chose :
j’aurais préféré que mon roman soit écrit par une IA et qu’elle m’invente une jolie fin.
Malheureusement, elle n’a pas pu faire ça.
Alors oui, en revanche, j’utilise l’IA pour certains de mes visuels de communication.
Pourquoi ?
Parce qu’écrire un livre est une chose. Réussir ensuite à le faire connaître en est une autre.
J’avais trouvé une maison d’édition prête à publier mon roman, mais les conditions proposées ne me convenaient pas. Alors je me suis dit : j’ai appris à vendre mon vin pendant des années, je devrais bien être capable d’apprendre à vendre mes livres.
Et me voilà devenue apprentie éditrice, maquettiste, graphiste, communicante, attachée de presse et community manager. Rien que ça. 😅
Word, je maîtrise.
Photoshop et InDesign… disons que nous avons essayé d’entretenir une relation cordiale, mais que ça n’a jamais vraiment pris.
Alors j’utilise Canva. J’ai appris Affinity. Et oui, j’utilise aussi ChatGPT.
Je photographie beaucoup moi-même. La vieille tour de ma couverture existe réellement. Les paysages viennent de mon univers et de mes propres photographies. J’ai travaillé ma couverture à partir de cette matière, en assemblant et en retravaillant différents éléments.
Et lorsque j’ai besoin de fabriquer un joli visuel pour Instagram ou Facebook et que mes compétences graphiques atteignent leurs limites, il m’arrive de demander un coup de main à l’IA.
Parce que je n’ai pas aujourd’hui les moyens de payer une agence de communication ou un graphiste pour chacune de mes publications, dois-je insister sur le fait qu'une liquidation judiciaire a emporté notre entreprise viticole ?
Et parce que, petite confidence entre nous : à bientôt 47 ans, il y a des jours où me photographier tenant mon livre avec mon plus beau sourire ne provoque pas chez moi un enthousiasme absolument délirant. 😂
Alors je bidouille.
J’apprends.
Je me trompe.
Parfois je fais des visuels trop travaillés, trop lisses, trop « instagrammables ».
Et je comprends parfaitement qu’on puisse ne pas les aimer.
Mais ne confondons pas l’outil qui fabrique une publication avec la personne qui a écrit le livre.
Derrière ce roman, il y a presque trente ans d’écriture restée dans l’ombre.
Il y a des centaines d’heures passées à écrire, réécrire, supprimer, recommencer.
Il y a aussi plusieurs personnes qui ont donné bénévolement de leur temps pour lire, relire et corriger mon manuscrit.
Et surtout, il y a une matière que j’ai mis des années à comprendre que je pouvais transformer en littérature.
Parce qu’au fond, c’est cela que je voulais faire.
Transmettre.
Mettre des mots sur ce que vivent aujourd’hui tant de femmes et d’hommes du monde viticole.
Utiliser ce que j’avais vécu, ce que j’avais observé et ce que j’avais appris pour raconter de l’intérieur une crise dont on parle souvent avec des chiffres, des hectares arrachés, des cours du tonneau, des liquidations judiciaires…
Mais derrière ces chiffres, il y a des êtres humains.
Des familles.
Des générations.
Des identités.
Et parfois des vies entières qu’il faut reconstruire.
C’est de cela que parle Le Souffle de la Vigne.
Alors critiquez mon roman si vous l’avez lu.
Dites-moi que vous n’aimez pas mon style, mes personnages, mon rythme ou ma fin. Nous pourrons même en discuter avec grand plaisir.
Mais s’il vous plaît, ne réduisez pas trente années d’amour des mots, des mois de travail et une histoire profondément vécue à un smiley 🤮 parce qu’un visuel promotionnel a été retravaillé avec une IA.
Oui, je continuerai probablement à utiliser cet outil lorsqu’il m’est utile.
Comme j’utilise Word, Canva, Affinity et tous ceux qui me permettent aujourd’hui de faire vivre mes projets avec les moyens dont je dispose.
Mais les mots sont les miens.
L’histoire est la mienne.
Et les émotions, elles, n’ont pas été générées.
Elles ont été vécues.
Et si vous voulez vraiment savoir ce qu’il y a derrière la couverture de Le Souffle de la Vigne, il existe finalement une façon assez simple de vous faire votre propre opinion :
lisez-le.
Et ensuite, avec grand plaisir, parlons-en. ❤️
Béatrice-Anne de La Mare
Le Souffle de la Vigne